L’étrange pari à 40 millions d’euros du réaménagement de la gare d’Arenc

Info Marsactu
Axel Lambert
3 Juil 2019 2

Promise à un déménagement, la gare d'Arenc pourrait finalement rester à son emplacement actuel, au pied des tours CMA-CGM et La Marseillaise. Le chantier de son réaménagement pour permettre le doublement de la voie pourrait atteindre 40 millions d'euros.

Bougera, bougera pas ? Il y a encore 4 mois le déplacement de la gare d’Arenc était à l’étude. Une solution alors présentée comme moins coûteuse par SNCF Réseau pour permettre le doublement de la voie et l’augmentation des fréquences (lire notre article). Ouverte il y a à peine cinq ans, elle pourrait finalement être réaménagée, a-t-on appris lors des récentes réunions de concertation de la ligne nouvelle Provence Alpes Côte d’Azur. La SNCF ne communique pas sur le surcoût, mais le chantier pourrait atteindre la somme de 40 millions d’euros, soit douze fois son coût initial. « On n’a jamais construit une halte aussi chère », s’étrangle un cadre de la SNCF.

« À ce stade on est assez prudent, il n’y a pas encore eu de sondages [géologiques] réalisés. 40 millions, c’est un plafond et ça peut aller jusqu’à 30 % de moins », tempère Patrick Larminat, le directeur de la prospective et de la maîtrise d’œuvre de SNCF Réseau, l’aménageur de la nouvelle ligne. « C’est une opération de génie civil très complexe. Pour doubler la largeur des voies actuelles, il faut creuser 3,6 mètres de chaque côté de la voie actuelle. Ce terrassement implique des mesures conservatoires pour stabiliser les fondations du viaduc autoroutier et des deux tours à proximité », ajoute-t-il. Une reconfiguration des accès piétons de la halte est également prévue. Les travaux doivent débuter en 2023.

« Il y a une orientation politique claire pour conserver la gare »

Ce chantier s’inscrit dans le cadre du projet plus large « ligne nouvelle PACA ». L’ambition de la SNCF est de développer l’usage de cette desserte en augmentant la fréquence des TER. L’objectif affiché prend le contre-pied des suppressions d’arrêts sur la ligne actées en décembre 2017 (voir notre article). Cette réduction de l’offre semblait alors compromettre durablement l’avenir de la gare, qui n’accueillait déjà en 2017 que 80 voyageurs par jour en moyenne.

La décision ministérielle du 4 mars dernier semblait ensuite avoir scellé son déplacement. Dans une lettre adressée à SNCF réseau, Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a demandé aux équipes de l’entreprise ferroviaire de plancher sur « un déplacement de la halte d’Arenc ».

Mais du côté des collectivités locales, « il y a une orientation politique claire pour maintenir la halte », constate Jean-Marc Illes, le directeur territorial de SNCF Réseau. « J’ai envoyé une lettre au préfet Pierre Dartout le 27 juin dernier signalant l’importance de la gare d’Arenc pour le quartier, notamment en terme d’intermodalité », explique de son côté Laure-Agnès Caradec (LR), la présidente d’Euroméditerranée. Une position que partage également la métropole.

Le 19 mars dernier, elle indiquait rester « vigilante » sur l’avenir de la halte « et tout particulièrement au regard de son intérêt pour la desserte du quartier d’affaires Euroméditerranée et du futur parc habité« . Le ministère des Transports n’a pas pu nous répondre dans le temps imparti à cet article. Le conseil régional nous a pour sa part renvoyés vers les services de la SNCF.

Ce maintien en place de la gare d’Arenc satisfait Gilles Marcel, le président de l’association d’usagers Nos TER PACA : « Le déplacement de la halte ne nous paraissait pas opportun. On a compris que les travaux seraient onéreux, mais cela nous semble la meilleure solution tant la ronde des voitures est infernale le matin aux abords de la tour CMA-CGM », estime le responsable associatif..

Mais un nouveau revirement n’est pas à exclure. En effet, l’ensemble du projet de ligne nouvelle, qui comprend notamment le réaménagement de Saint-Charles, est encore loin d’être bouclé. Les équilibres budgétaires des différents chantiers seront arbitrés par le comité de financement, qui regroupe SNCF, État et collectivités, dont la première réunion est attendue à la fin de l’année.

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