[L’été venants] Marseille à tout prix

Série
le 12 Août 2021
22

Qu'ils viennent de loin ou du coin, en masse, en couple ou en famille, chaque été Marseille attire davantage. Une source d'agacement pour les uns et de revenus pour les autres. Cet été, Marsactu raconte ces "venants" estivaux qui se frayent leur chemin dans la ville, avec ou sans tour organisé. Quatrième épisode : quand le mode de vie "à la marseillaise" se vend à prix d'or.

Profiter du soleil couchant à bord d
Profiter du soleil couchant à bord d'un pointu et y déguster un pastis entre amis, c'est l'une des activités en vogue que proposent notamment des hôteliers. (Photo LC)

Profiter du soleil couchant à bord d'un pointu et y déguster un pastis entre amis, c'est l'une des activités en vogue que proposent notamment des hôteliers. (Photo LC)

“On a fait la Bonne-Mère, les Calanques, le Mucem, le Vieux-Port, mais on nous a dit qu’il fallait venir à Noailles pour le vrai Marseille authentique.” La petite famille vient de Troyes, et, sacs à dos vissés sur les épaules, elle fait étape en centre-ville, en quête d’une “authenticité” hors des circuits balisés. Un tour au marché, un pastis les pieds dans l’eau, une soirée dans un cabanon, une sortie en bateau au coucher du soleil… Pour beaucoup de Marseillais, ces petits plaisirs d’initiés n’ont pas de prix, mais désormais, ils font vendre. Y compris parmi les touristes les plus aisés, qui sont prêts à payer cher pour s’encanailler dans la deuxième ville de France et vivre le Massilia way of life. Et l’offre est là pour les satisfaire.

Pour les bourses moyennes, c’est rue d’Aubagne que commence l’immersion. On y croise des jeunes couples, des familles, touristes français, allemands, espagnols, appareils photo en bandoulière, au milieu des vendeurs à la sauvette et à quelques dizaines de mètres des immeubles effondrés en 2018. Non loin de la famille troyenne, un couple d’Espagnols, plan en mains, a trouvé avec plaisir le “marché algérien” recommandé par un blog de voyage. Mais ce n’est pas parce que le quartier est populaire qu’ils n’en ressortiront pas le porte-monnaie allégé : il y a largement ici de quoi faire des emplettes authentiques, certes, mais pas toujours pour une bouchée de pain.

Noailles superstar

Empereur, le quincaillier, est certainement la “locomotive” du secteur en ce domaine. En juillet, les touristes constituent largement la majorité des visiteurs qui parcourent ses allées de casseroles et de petits objets insolites. Chapeau de paille sur la tête, on s’extasie sur les piles de savon de Marseille et on échange en anglais avec le tenancier du petit café installé récemment dans l’immense boutique au sujet des “local producers”. L’antique institution a su tirer parti de son image surannée en passant maître dans l’art du storytelling. On n’achète pas juste une tenture à l’âme provençale, un plat en terre cuite ou un ustensile introuvable ailleurs, on met aussi dans son panier – en osier – un peu de son “histoire vieille de presque deux siècles”. “L’expérience” Empereur peut être poussée jusqu’à son extrémité en réservant une nuit dans “l’arrière-boutique”, ou plutôt, un petit appartement typiquement marseillais élégamment décoré d’objets désuets, niché au-dessus du magasin. Côté prix, en revanche, on est loin du cafoutche : les amoureux d’authenticité déboursent de 120 à 180 euros la nuit.

À proximité, ils trouveront d’autres commerces dits “qualitatifs” dans lesquels les tarifs n’ont rien de commun avec ceux des marchands de légumes voisins où viennent s’approvisionner les familles les plus pauvres du centre-ville. L’épicerie l’Idéal attire les fins gourmets de toute la France, le restaurant la Mercerie tient un carnet de réservation bien rempli pour son repas du soir en cinq services, l’herboristerie du Père Blaize vit une seconde jeunesse et plusieurs autres boutiques historiques ont profité de l’élan de la capitale européenne de la culture en 2013 pour soigner un peu plus les devantures et plaire à cette nouvelle clientèle.

J’ai rajouté des articles qu’on ne trouve pas ailleurs pour répondre à la nouvelle clientèle, on a beaucoup plus de gammes différentes.

Jihane Azizi, la Palme d’or

“C’est Noailles, mais en revisité”, formule Jihane Azizi, dont les étals de produits tressés venus du Maghreb font baver plus d’un Parisien en goguette. Après avoir repris l’épicerie de son père, elle a mis en œuvre une vraie stratégie pour séduire bien au-delà des habitués marseillais. “J’ai fait mon ambiance, pour que les clients se sentent comme au souk, je gamberge beaucoup pour sortir de l’ordinaire. J’ai rajouté des articles qu’on ne trouve pas ailleurs pour répondre à la nouvelle clientèle, on a beaucoup plus de gammes différentes”. Le résultat est concluant, l’épicerie historique s’est étendue sur plusieurs boutiques, et la “Palme d’or” est devenue une marque qu’on retrouve sur les réseaux sociaux et via une boutique en ligne. En ce début d’après-midi de juillet, l’affluence ne s’arrête pas, que ce soit pour acquérir quelques amandes ou un fauteuil en osier à plus de cent euros.

Sur le bas de la rue d’Aubagne, les touristes ont pris l’habitude de venir chiner en quête de produits “authentiques” et certains commerces ont su adapter leur offre. (Photo LC)

En dehors des habitués locaux, qui sont les chalands de passage ? “Des Parisiens, des Parisiens, des Parisiens”, lâche l’employée d’une des enseignes les plus en vue. Elle les surnomme même “les clients Jacquemus”, du nom du styliste grandi à Mallemort qui a conquis le monde de la mode en revendiquant son identité provençale. À chacune de ses collections, les références à une Marseille très solaire, mais aussi populaire sont explicites : on retrouve sur son site la “tatane” (325 euros), le “bob Gadjo” (100 euros) ou encore une version talons hauts des claquettes en fausse fourrure qui hantent la rue de Rome (515 euros). En 2020, il a confié à plusieurs magazines branchés dont Vogue ses adresses préférées pour flâner dans la ville. Parmi elles, tous les lieux cités plus haut, qui n’ont pas fini de le remercier pour ce coup de projecteur. Et pour ceux qui font remarquer le décalage entre le standing de ces boutiques et le niveau de vie du quartier, l’employée citée plus haut soupire : “On ne peut pas plaire à tout le monde !” 

“Boire le pastis en mer”

Pour les fans de Marseille aux budgets très élevés, pas d’inquiétude, il y a toujours de quoi monter en gamme. Louer une villa somptueuse sur la Corniche n’est pas une nouveauté en soi. Mais dans ce secteur aussi, le marketing évolue pour coller aux aspirations de sobriété chic dans l’air du temps. À ceux qui s’offrent une semaine dans une maison design pour plus de 10 000 euros, le site spécialisé dans les demeures d’exception Le Collectionist propose notamment des “expériences” à la simplicité déconcertante, comme “déjeuner au cabanon” pour découvrir la bouillabaisse de Raymond, “pêcheur depuis toujours” ou encore “boire le pastis en mer”, sur une barque marseillaise au soleil couchant. Une autre forme de luxe, dont les tarifs sont communiqués sur demande uniquement.

Nouvellement ouvert aux Goudes, Tuba se présente comme “une planque de copains, amateurs de farniente”

Dernier arrivé, le Tuba club, ou “Tuba” tout court, hôtel et restaurant, s’est installé dans un ancien club de plongée aux Goudes. Sur les rochers qui entourent la terrasse et se jettent dans la mer, des tables sont disposées çà et là, et des matelas de plages rayés jaunes et blancs sont jetés négligemment sur le sol accidenté, quand bien même tout a été savamment pensé par une architecte. Les heureux pensionnaires de “l’hôtel de poche” de seulement cinq chambres se voient proposer un séjour dans “une planque de copains, amateurs de farniente, puristes du bleu de Jacques Mayol et fervents défenseurs du lâcher prise”, peut-on lire sur le site. Sous-entendu, à la marseillaise, “à la bien, cousin !”, pour un budget qui démarre à 160 euros la nuit.

Là encore, Marseille est un argument de vente bien intégré à un discours marketing soigné. En parcourant le site internet du lieu, on pourra lire des phrases comme : “le cocktail est à Tuba ce que la mixité est à Marseille : épices, saveurs, histoires et partage se mêlent dans les élixirs du barman, et invitent à l’évasion”. “Certains lieux qui voient le jour jouent la carte marseillaise, mais utilisent des codes parisiens, à commencer par le prix”, résume un connaisseur. Ce lieu à la communication calibrée n’a pas trouvé le temps pour répondre aux sollicitations de Marsactu, comme plusieurs autres adresses citées dans cet article. On les comprend un peu : pas besoin d’un article de plus quand les images paradisiaques d’une terrasse aux Goudes s’étalent déjà dans toute la presse lifestyle et que les réseaux sociaux permettent une publicité sans filtre.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par TUBA (@tuba.club)

Entre fantasme et cliché

À défaut de visiter, on s’en tiendra aux plaquettes de communication. Moins isolé, mais encore plus chic, l’hôtel les Bords de mer, aux Catalans, joue sur les mêmes ficelles d’un art de vivre local et indique d’emblée : “Les Bords de Mer, c’est un sentiment d’évasion, un souffle d’air et de vie, une invitation aux voyages et à la découverte d’une ville extraordinaire : Marseille”. Là aussi, apéritifs en bateau et promenades en ville font partie des activités proposées. Une fois encore, budgets serrés, s’abstenir, il faudra compter de 290 à 435 euros la nuit.

Que ce soit dans le monde de la gastronomie, de la mode ou du luxe, Marseille est le décor hype du moment. La restriction des voyages en période Covid y est certainement pour beaucoup, mais pas seulement, analyse Agathe Hernandez. Photographe et directrice artistique, elle a quitté Paris il y a un an pour vivre ici et voit nombre de ses clients lui demander de mettre en scène le côté “authentique et solaire” de la ville, remède à la morosité de l’époque. Une identité qu’elle définit entre autres par “le côté assez préservé, les bars typiques, les vrais Marseillais qui étaient là quand Marseille n’était pas attirante, les papys qui bronzent aux Catalans”. Si son compte Instagram illustre volontiers cette dolce vita à la marseillaise, après un an sur place, la jeune femme sait l’agacement que cela peut susciter : “C’est difficile de ne pas faire dans le cliché, j’essaie de faire attention à ne pas tomber dans la caricature. À chaque fois, je me demande « est-ce que je fais un truc de Parisiens ou est-ce que je fais honneur à Marseille ? ».”

Effet de mode passager ou réel tournant pour l’attractivité de la Ville, la “marseillitude” est désormais un business, de l’assiette en porcelaine chinée griffée “Cagole” à 80 euros, aux sorties en pointu pour clients huppés. Une Marseille fantasmée, à faire rêver les Marseillais eux-mêmes.

Cet article vous est offert par Marsactu
Marsactu est un journal local d'investigation indépendant. Nous n'avons pas de propriétaire milliardaire, pas de publicité ni subvention des collectivités locales. Ce sont nos abonné.e.s qui nous financent.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. MarsKaa MarsKaa

    Merci pour cet article très intéressant et bien écrit sur un phénomène qui, en temps que marseillaise, “me dépasse” (vendre -et acheter- très cher des objets ou une “expérience” populaires) et, en temps que touriste, ailleurs, m’interroge…

    Signaler
  2. Tarama Tarama

    “L’authenticité”, histoire éternelle du tourisme, de Montmartre à Saint-Germain-Des-Prés, de Saint-Tropez au Luberon, et maintenant Marseille.

    Je ne reconnais pas du tout la ville où je vis dans ces récits qui me donnent plutôt l’impression de regarder un épisode de plus belle la vie où les acteurs seraient habillés en Jacquemus.

    Signaler
  3. Alceste. Alceste.

    Cet article est le comble de la fumisterie.La carte postale format XXL du Marseille imaginé,voire rêvé
    Encore un an ou deux, nous aurons droit aux lancers de cacahuètes effectués par les touristes à partir de petit train en direction des attablés marseillais.Voila l’imagerie diffusée par les imbéciles des différents offices du tourisme du coin, la Bonne mère, Noailles,le Pastaga, Empereur qui avait fait l’objet d’ailleurs, de quelques articles peu élogieux dans Marsactu.
    Mais bon nous sommes à Marseille, nous n’en sommes plus à une escroquerie intellectuelle de plus.Et je confirme comme dit Tarama, ce Marseille là m’est totalement inconnu.

    .

    Signaler
  4. kukulkan kukulkan

    Le revers de la médaille… Aurait-ce été évitable ?

    Signaler
  5. BRASILIA8 BRASILIA8

    je reste sans voix devant l’incommensurable connerie humaine
    après la Provence de Mistral, les Pagnolades maintenant Plus Belle la Vie et l’on a sans doute pas touché le fond

    Signaler
  6. Vand Vand

    Bravo pour ce super article, totalement raccord avec le livre d’Hadrien Bels. Un peu comme lui (et vous !), j’aime profondément ma ville, et la voir ainsi singée par des “storytellers” m’ennuie profondément… Apprécier Marseille telle qu’ils la décrivent, c’est finalement ne pas la connaître. Et c’est très bien ainsi.

    Signaler
  7. LN LN

    Mouais… Pas folichon tout ca, et il faut du pognon en plus.
    Ouf ! Nature, culture, restos : tous mes bons plans (authentiques) ne sont pas cités.

    Signaler
  8. Mars1 Mars1

    De même qu’il y a une population très différente selon les quartiers de Marseille, les touristes n’auront pas la même vision de la ville en fonction de leurs moyens financiers : si vous arrivez en train et découvrez la ville à pied côté Belsunce et Canebière, vous serez tout de suite au contact d’une foule mélangée de classes moyennes et de miséreux dans un décor qui mêle façades décrépites et beaux immeubles haussmanniens.
    Par contre, on peut aussi débarquer d’un avion, prendre un taxi ou un vtc climatisé et se faire conduire sur la Corniche ou aux Goudes sans prêter attention à ceux qui vivent ici, et ne voir que le super panorama ou le pittoresque d’un petit port comme le vallon des Auffes. Question de budget et aussi de désir de découvrir la réalité, ou pas.

    Signaler
  9. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    Mais on ne va quand même pas se plaindre que des touristes viennent nous donner des sous !!
    Les crétins de l’ancienne municipalité nous ont empoisonnés avec des croisiéristes qui polluaient sans retombées économiques mais là on a des touristes peu polluants et qui payent, déclenchant la création d emplois correspondant à ce que la population sait faire.
    Notre avantage comparatif c’est “l orient des marseillais”, le pastis et les pointus pour les parisiens ? La belle affaire ! Vendons ce que les clients achètent, réhabilitons nos immeubles et nettoyons nos rues avec leur argent. Tenons le cap de la mixité sociale, du cosmopolitisme et du métissage !
    Pour une fois qu’il y a quelque chose qui marche !

    Signaler
  10. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Selon les commentaires pré-cités c’est en partie le tourisme qu’il faudrait accuser…Le tourisme n’est pas une réalité…quoiqu’on voit comment la pandémie fait tomber les pays ”touristiques”… mais c’est une idée; aller au Bord des mondes nous console des Centres.
    Le bétonnage des plages comme des têtes que ce soit des ”touristes” ou des vendeurs de colifichets surtout si ils sont blancs/Noirs, occidentaux/Africains…etc. Nous assistons à un aplanissement de la culture du au tourisme, tout se mêle car tout est dans tout. Ne demeure qu’une culture mondialisée, globalisée dominée par les Puissants ou ceux qui gouvernent. Cette expression ”d’aller faire” le montre bien comme faire l’amour…!

    Signaler
  11. Alceste. Alceste.

    Cher Félix , les politiques marseillais de tous poils me fatiguent avec l’Orient marseillais,me saoulent avec le métissage et me lassent avec le cosmopolitisme. Tout ceci n’existe pas , ce n’est qu’une tentative de ripolinage d’une situation dégradée dans cette ville.Alors on invente un mythe.
    Le plus flagrant étant l’emploi du mot communauté, nos zėlus rencontrent la communauté X ou Y, quoi de plus clivant qu’une communauté d’ailleurs.Alors le multi ceci ou le multi cela ,du flan.
    Alors ,je vous le dit tout de go ,je n’ai pas envie de vivre l’Orient marseillais,ma façon de vivre me convient très bien.Si ces touristes sont en manque d’orientalisme, EasyJet ou Ryanair font d’excellents tarifs vers cet idéal du Levant.
    Et puis ce qui est quand même drôle,c’est que les chantres de cet Orient marseillais aucun n’y réside.
    Le comble ,mais cela est trop facile,c’est nôtre inimitable Samia qui vit au Roucas,c’est son droit,mais il faut qu’elle arrête comme d’autres.
    Que la municipalité fasse venir des entreprises,des vraies, et puis votre réflexion concernant le savoir faire de la population est plus que désobligeante à son égard.
    Et puis transformer Marseille en Babelouedland,non merci.

    Signaler
    • Agnès R Agnès R

      Bonjour,
      J’ai l’impression de lire l’article d’un revue parisienne destinée aux touristes parisiens.
      Cette imagine de papier glacé de Marseille est loin de la réalité.
      Gentrification du centre ville ,épicerie l’idéale et autres commerces tenues par des parisiens pour des touristes parisiens, cohabitation d’habitants d’une immense pauvreté avec des touristes friqués….
      J’attendais de Mars Actu une autre analyse de la vague touristique qui vient se payer une tranche de vie folklorique pleine de clichés , dans une ville en grande souffrance humaine et économique.
      Agnès

      Signaler
  12. yvann pluskwa yvann pluskwa

    Lisa castelly,
    La construction de votre article clive et discrimine systématiquement alors qu’il prétend donner une lecture objective de la réalité marseillaise.
    Cela discrédite en soi les qualités intrinseque de chaque lieux Et les opposent a une réalité paupérisée certes insupportable mais dont ils ne sont ni a l’origine ni responsable. Il y a un ton et des enjeux politiques Ambitieux dans votre article qui restent pour autant décalé et dual .
    Se battre pour le bien des marseillais, tous ou en grande partie venu d’ailleurs hier ou aujourd’hui ne présuppose pas de le dénigrement des lieux qui essaient de faire voire aussi des facettes certes attirantes , par ce que réjouissantes, de notre Mediterranee.
    Faire un article ethnotoutistisque pour peu que cela soit possible aurait gagné a parler des cultures , artistes, Evenement,´ lieux. et de notre terroir ou “meroir”, alors que finalement tout tourne autour de quatre enseignes?
    Même si je comprends votre colère que je partage, votre article prend la tournure d’un jugement culpabilisant et discriminant qui passe malgré tout a coté de notre belle contrée comme dirait piero Camporesi et tout ces attraits, ces auteurs, ces artistes, ses savoir faire ses lieux
    On peu se révolter contre l’indigence, le mépris, l’injustice, le malheur! Et je partage encore ce point avec vous, Mais faire des touristes et du tourisme les coupables de cette souffrance n’est vraiment pas évidentes et certainement contraires aux bien etre, et rayonnements de marseille et tous les marseillais.
    Peu etre que votre article aurait put chercher a justement montrer a la maniere d’Albert londres, jean claude iso, walter benjamin Et tant d’autre ce qui Fait la beauté et l’hospitalité de cette ville sans omettre ses travers et tristesses, mais vraisemblablement une lecture appronffondie de marseille ne vous a pas interressé. Même si mars actu a toujours eu des ambitions de connaissances,.
    A lire Si ces questions d’authenticité vous intéressent le fameux ouvrage de Marc Augé, “l’impossible voyage, et “l’invention du tourisme” de marc boyer.
    Bien cordialement, YP

    Signaler
    • Lisa Castelly Lisa Castelly

      Bonjour, je lis dans votre commentaire que le point de vue adopté par l’article est trop rude, et dans celui qui précède, signé Agnès Revertegat, qu’il serait trop complaisant. Peut-être est-ce un signe qu’il est d’une certaine façon équilibré ? Je vous laisse en juger, et j’entends aussi certains points que vous soulevez. Néanmoins, cet article ne porte que sur une thématique bien précise : l’esthétisation du mode de vie marseillais à des fins marketing, et fait partie d’une série globale autour du tourisme, que vous trouverez ici : https://marsactu.fr/dossier/serie-dete-lete-venants/
      Par ailleurs, malgré notre identité de journal d’investigation, nous documentons la beauté de Marseille et de ses environs très régulièrement dans nos colonnes, je vous invite à parcourir nos précédentes séries d’été (à retrouver en pied d’articles ou dans la rubrique dossiers).
      Bien cordialement.

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Bravo Lisa Castelli !

      Signaler
    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Castelly pardon ! l’esthétisation de Marseille a encore frappée avec un préjugé pour le “i” à l’italienne plutôt que pour le “y”

      Signaler
  13. Assedix Assedix

    J’avoue que les réactions indignées me surprennent un peu. Désolé pour la provoc’, mais au fond, que viendraient faire les touristes à Marseille à part claquer du fric et profiter de la mer ? Visiter les nombreux musées municipaux ? Aller à la piscine s’ils n’ont pas envie de tous les préparatifs qu’implique une sortie à la plage ? Se promener dans les parcs? Pique-niquer sur un banc à l’ombre ? Se balader à vélo ?

    Alors oui, ils achètent du rêve (et indirectement de l’espace public), mais avant de faire comme s’ils étaient la cause de tous les problèmes, on pourrait peut-être commencer par leur proposer autre chose, non?

    Signaler
  14. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    @Braillasse
    Cher Braillasse,
    Tout d’abord l’avis des politiques m’indiffère mais le cosmopolitisme et le métissage sont une réalité intrinsèque de Marseille, historique au fil des siècles et socio-démographique aujourd’hui. Le métissage étant au demeurant le contraire de l’assignation communautaire qui enferme les individus dans l’histoire précédente de leurs origines, mais bien la réalisation de quelque chose d’autre et de nouveau avec des gens d’origines différentes qui s’ancrent dans le futur… et quand je dis ça je parle de moi, de mes parents et grands-parents de mes enfants et petits-enfants… avec beaucoup d’italien, pas mal de pieds-noirs espagnol, du Kabyle, du juif séfarade, de l’arménien, du provençal, de l’arabe et de l’alsacien… dont un mort au Chateau d’If et un autre au maquis.
    Ensuite, les pouvoirs publics et les chefs d’entreprises locaux les plus dynamiques (et nous aussi, les universitaires !) font ce qu’ils peuvent pour attirer ce que vous appelez des “vraies entreprises”, mais 1°) force est de constater que le principal obstacle est la qualité de la ressource humaine (on ne peut pas recruter !) ; 2°) pour avoir grandi dans des boutiques avec ma mère, ma grand-mère et mes tantes, je trouve que c’est votre mépris envers le petit-commerce qui est désobligeant pour les gens qui y gagnent leur vie. Généralement dignement et durement. Là encore je parle de moi, issu d’une famille de marchands d’articles de pêche, pardon de faire couleur locale et un peu pagnolesque.
    Enfin c’est bien avec des gens actifs, aussi modeste et peu qualifiée que soit l’activité, que l’on peut faire des acteurs de la cité, mieux formés, sujets aussi bien de la vie économique que de la vie publique. Il faut bien commencer par construire à partir de ce que l’on est et de ce que l’on a. Ah oui, je parle encore de moi, le premier de ma famille à avoir eu un diplôme supérieur au certificat d’étude primaire mais précédé de générations d’ouvriers, de petits commerçants et d’artisans qui n’auraient sûrement pas craché sur des revenus extraits de la poche des touristes…

    Signaler
  15. Alceste. Alceste.

    Cher Félix , votre dynastie ,puisque vous remontez à vos aieux ,n’est pas la seule à Marseille. Beaucoup de gens sont issus d’origines différentes comme vous ni plus ,ni moins. Simplement les gens venus d’ailleurs ont adopté notre culture locale, ce qui est moins le cas aujourd’hui avec des gens qui conservent leurs culures ( ce qui est bien en soi) et leurs modes de vie d’origine et qui ont une facheuse tendance à nous l’imposer. Le métissage dont vous parlez n’a malheureusemnt aucun lien avec l’intégration ou l’assimilation. aujourd’hui et quand certains visiteurs disent de Marseille que cela ressemble plus à l’Afrique qu’autre chose , cela ne me convient pas, désolé. Reportez vous aux précédents articles de Marsactu et l’été marseillais.
    J’ai , quand j’étais jeune eu la joie d’acheter mes piades chez qui vous savez, et effectivement ces gens d’horizons différents , les vôtres et les miens , n’avaient qu’une envie , apprendre le français , travailler et se faire une place .Ils regardaient effectivement vers le futur , les choses ont bien changées et nous en sommes loin aujourd’hui. Aucun mépris sur les petits commerçants , ce qui me gêne dans votre propos c’est la politique du bronze cul , car les gens de la région ne sont bons qu’a cela faute de formation, selon vous. Il faufrait quand même que nos z’élites locales se posent les vraies questions sur la qualité des formations locales , le niveau n’est effectivement pas trés haut loin de là , sauf dans la communication locale avec la Provence , c’est dire.
    Marseille n’est pas l’Orient et baser sa polotique de communication là dessus est une honte, je le dis et je le répéte le Babeloeudland n’a pas lieu d’être ici.
    Aprés si vous voulez des exemples , je vous en donne , mes aieux venus de Corse ne parlaient pas un mot de français et nous sommes aujourd’hui ingénieurs, médecins , etc comme beaucoup et pour travailler ils n’ont pas eu à se déguiser avec une gandoura pour gagner leur croute.
    L’avis des politiques m’indiffére , Oh ! Félix vous avez la mémoire courte en toute sympathie

    Signaler
  16. Alceste. Alceste.

    Je viens de relire le commentaire de Lisa Caselly sur l’esthetisation du mode de vie marseillais.Je suis impatient de voir l’esthetisation d’une scéance de “fly’ au bar Chez Albert au Burel ou bien O’central bar du Merlan. A mon humble avis ,cela vaudra le déplacement et va nous ouvrir des perspectives inédites.

    Signaler
  17. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Y aura t il dans un futur proche des chiottes publiques pour satisfaire les touristes, ce serait pas mal pour l’autochtone si ils restent praticables en basse saison.

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire