Législatives, le 3e tour qui pourrait changer le visage politique de Marseille

Décryptage
par Julien Vinzent & Jean-Marie Leforestier
le 25 Avr 2017
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Quelle carte politique de Marseille dessineront les législatives ? Marsactu a regardé les rapports de force issus des urnes de dimanche pour disséquer les enjeux en vue de ce troisième tour qui aura lieu au mois de juin.

Dès les résultats du premier tour de la présidentielle connus à 20 heures dimanche, le député Les Républicains Guy Teissier n’avait plus qu’une seule échéance en tête, les législatives des 11 et 18 juin. Son candidat François Fillon éliminé, il s’agit pour lui de sauver ce qui peut encore l’être, soit son siège et une éventuelle majorité à l’Assemblée nationale. Mais, dans les autres quartiers généraux locaux, les calculs étaient les mêmes, bien aidés par un deuxième tour avec un grand favori, Emmanuel Macron.

Parce qu’il n’y a pas de raison que seuls les initiés en profitent, Marsactu s’est dévoué pour vous proposer un petit résumé des résultats, circonscription par circonscription. Après un premier tour qui a chamboulé totalement le paysage politique français et local, il est impossible de se livrer à un pronostic. En revanche, nous avons listé les enjeux et les inconnues des seize scrutins à venir dans les Bouches-du-Rhône, notant à chaque fois si une triangulaire est possible (un 3e candidat peut se qualifier s’il obtient les suffrages de 12,5 % des électeurs inscrits). Commençons ce mardi avec les 7 territoires marseillais, avant de passer en revue les 9 autres circonscriptions du département mercredi matin.

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L’enjeu : Promise à un ministère en cas de victoire de François Fillon à la présidentielle, Valérie Boyer, fidèle parmi les fidèles, a beaucoup perdu dimanche soir. Elle tentera tout de même de conserver la 1ère circonscription alors que le FN enregistre sa plus grosse progression à Marseille sur ce territoire, totalisant 29 % des voix. Il sera emmené par un transfuge de la droite républicaine, le conseiller régional Franck Allisio, au mois de juin. Valérie Boyer a déjà démarré une campagne très marquée à droite.

L’inconnue : Valérie Boyer a largement défendu, parfois même avec une certaine maladresse, son champion. Si les affaires ont pénalisé François Fillon, les électeurs en tiendront-ils rigueur au visage local le plus médiatique ? Les adversaires de Valérie Boyer ne manqueront pas, en tout état de cause de la ramener à son statut de porte-parole de l’ancien candidat.

Possibilité de triangulaire : modérée

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L’enjeu : « Je ne suis pas inquiet. Si lui tombait cela voudrait dire qu’on n’aurait plus de députés », affirme Jean-Claude Gaudin. Dans cette circonscription fief de la droite, le sortant Dominique Tian doit assurer une victoire à sa famille politique. Il peut en tout cas compter sur la solidité de l’électorat de droite sur ce territoire : dimanche, Fillon est resté neuf points devant Macron.

L’inconnue : Dans cette circonscription, l’élue municipale socialiste Annie Lévy-Mozziconacci espère l’investiture d’En Marche, le mouvement d’Emmanuel Macron. Elle trouverait dans ce courant porteur un tremplin vers un autre objectif, qu’elle cache de moins en moins, les municipales 2020. Mais pour cela, il faudra qu’elle fasse douter Dominique Tian. Celle qui a fait de la probité en politique un de ses marqueurs ne manquera pas de titiller sur ce terrain le sortant, renvoyé en correctionnelle pour blanchiment de fraude fiscale.

Possibilité de triangulaire : faible

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L’enjeu : Les départementales 2015 étaient programmées par le Front national pour venir confirmer la conquête de la mairie des 13e et 14e arrondissements en 2014. Cela a été un échec. L’enjeu est donc repoussé sur ces législatives. Dans cette circonscription, Stéphane Ravier, qui garde un goût amer de sa courte défaite en 2012, contre Sylvie Andrieux, aurait bien voulu se présenter. Mais le parti lui demande de garder la mairie de Saint-Joseph, ce qui pourrait ouvrir la voix à son adjoint, Cédric Dudieuzère. Les 31 % de Marine Le Pen dimanche ont confirmé que la victoire y est à la portée du parti d’extrême-droite. Le bon score de Jean-Luc Mélenchon, arrivé deuxième à 24,4 % peut permettre à la France insoumise d’espérer un second tour. C’est la porte-parole nationale du candidat, Sarah Soilihi, qui portera les couleurs du mouvement dans ce secteur.

L’inconnue : Cette circonscription illustre parfaitement le dilemme dans lequel se trouve Jean-Paul Delevoye, le président du comité d’investiture d’En Marche, pour les Bouches-du-Rhône. Depuis une première visite marquée par la présence des anciens soutiens de Jean-Noël Guérini, le département est un véritable enjeu pour l’image de renouvellement que veut offrir le candidat. Dans cette circonscription, Christophe Masse s’est positionné pour représenter son mouvement. Mais l’ancien président de l’office HLM du département, héritier d’une famille d’élus, incarne davantage l’expérience que la fraîcheur. Macron se passera-t-il d’un élu enraciné pour soigner son image ?

Possibilité de triangulaire : modérée

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L’enjeu : Cette circonscription du centre-ville est de gauche, c’est un fait acquis. Elle est même tellement à gauche qu’elle a placé Jean-Luc Mélenchon largement en tête avec 39,1 % des voix. Ce score, le plus important de Marseille, a de quoi inquiéter le député socialiste sortant Patrick Mennucci qui ne pourra guère s’appuyer sur les 8,7 % réalisés par Benoît Hamon. Dimanche, c’est Emmanuel Macron qui est arrivé deuxième avec 21,8 % des voix.

L’inconnue : Comment la France insoumise, créée dans la perspective de la présidentielle, va-t-elle prolonger son engagement ? Comment les électeurs vont-ils réagir en juin après la déception de voir Jean-Luc Mélenchon échouer aux portes du deuxième tour ? La vague rouge peut-elle se poursuivre à Marseille ? Alors que Gérald Souchet, figure locale de la mobilisation Nuit debout investi par FI, avait été investi, c’est finalement Jean-Luc Mélenchon lui-êmme qui sera candidat. Il part favori.

Possibilité de triangulaire : faible

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L’enjeu : Cette circonscription sera scrutée à la loupe car elle est celle du dauphin. Depuis plusieurs mois, jean-Claude Gaudin ne cache plus qu’il aimerait qu’Yves Moraine lui succède à la mairie. L’intéressé ne vit que pour ça. Mais pour y arriver, il doit réussir l’examen de passage de la députation dans une circonscription enlevée à la droite par la vague rose et Marie-Arlette Carlotti (PS) en 2012. Le combat s’annonce rude. Dimanche, « c’est une circonscription de gauche » – dixit une tête pensante de la droite – qui s’est confirmée dans les urnes.  Mélenchon (25,1 %) y a devancé Macron (22,1), Fillon (20,2) et Le Pen (19,6).

L’inconnue : Durant la campagne de premier tour, le marigot politique a régulièrement bruissé d’un appel des « hollandais » à voter Macron qui n’est jamais venu. Fidèle au président de la République, Marie-Arlette Carlotti a envoyé des signes à l’ancien ministre de l’Economie sans le soutenir directement. Investie par le PS, elle lorgne un label – En Marche ou apparenté – qui l’inscrirait dans la future majorité Macron. Celui-ci, s’il est élu, peut-il repêcher l’ex ministre ? Deux autres candidats au moins tentent aussi de le séduire : Maurice Di Nocéra et Patrick Thévenin, tous deux issus des rangs de la droite.

Actualisation le 15 mai : Marie-Arlette Carlotti a annoncé qu’elle renonçait à sa candidature.

Possibilité de triangulaire : élevé, une quadrangulaire est même possible.

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L’enjeu : Animateur de la campagne Fillon dans le département, le député sortant Les Républicains Guy Teissier a été moins exposé médiatiquement que sa collègue Valérie Boyer. Il se dit confiant à l’approche des législatives lors desquelles il briguera un septième mandat à l’Assemblée nationale.

L’inconnue : Jusqu’où le Front national peut-il aller ? Il a enregistré ce dimanche une belle progression sur ces terres du sud-est de la ville 1472 voix supplémentaires pour Marine Le Pen par rapport à 2012. Cela l’a placé en tête avec 25,8 % des voix contre seulement 23 pour LR, 20,6 pour En Marche et 19,9 pour la France insoumise.

Possibilité de triangulaire : modérée.

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L’enjeu : Dans cette circonscription, Jean-Luc Mélenchon a enregistré un score très élevé de 38,6 %, devançant largement Marine Le Pen (26,1), Emmanuel Macron (17) et François Fillon (7,7). Les Insoumis semblent donc en mesure de menacer le sortant socialiste Henri Jibrayel dans une partie de la ville qui a longtemps connu un député communiste, Guy Hermier (1978-2001) puis Frédéric Dutoit (2001-2007). Alors que Jean-Marc Coppola glanait encore 12 % des suffrages en 2012, le PCF pourrait bien réclamer à ses alliés de la France insoumise de soutenir son leader local dans ce scrutin. C’est sur l’union de ces forces que pourrait se construire une victoire de la gauche de la gauche.

L’inconnue : Dans ce territoire de gauche, Benoît Hamon qui était venu faire campagne aux côtés d’Henri Jibrayel n’a récolté que 5,1 % des voix. Le député depuis 2007, qui s’est lancé de longue date dans la campagne, misera donc sur « la proximité avant tout » et son implantation plutôt que sur la notoriété de son parti. Son actualité judiciaire – il est mis en examen pour prise illégale d’intérêts – le disqualifie en tout cas pour une investiture En Marche. Il est soutenu par l’autre figure socialiste de ces quartiers, Samia Ghali mais on dit la sénatrice et maire des 15e et 16e arrondissements toujours tentée par un ralliement à En Marche.

Possibilité de triangulaire : modérée

La carte bilan des résultats par circonscription

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Ce papier est actualisé régulièrement selon les déclarations de candidature.

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Julien Vinzent_
Journaliste.
Jean-Marie Leforestier
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Commentaires

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  1. mrmiolito mrmiolito

    Il n’y a pas si longtemps le FN était représenté en noir, dans les histogrammes comme sur les cartes. Manifestement sur ce point la « dédiabolisation » a réussi puisque, ici comme souvent ailleurs, on utilise désormais un violet profond bien plus réconfortant…

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Tout à fait d’accord. A la rigueur, je serais prêt à transiger pour une belle couleur brune…

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Ah la belle brune !

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  2. julijo julijo

    Un peu dérisoire, mais je soutiens les multiples demandes : pas la bonne couleur !!!
    Quoique :
    le violet, chez les cathos est une couleur de pénitence.
    ce n’est ni une couleur froide, ni une couleur chaude : ambiguë ? c’est la couleur de ce qu’on appelait « demi-deuil »… elle n’a pas une bonne réputation !
    Mais, c’est la couleur du lilas, de certains ciels en été au crépuscule…..
    Enfin, c’est une couleur que j’aime. (le violet, pas le fn)

    Remettez nous si vous le pouvez, le fn en noir s’il vous plaît !!!!! merci !

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  3. LaPlaine _ LaPlaine _

    On s’interroge tout de même sur le « phénomène » Mélanchon. Au-delà des effets de tribune de la présidentielle, qu’adviendra-t-il de son engagement pour les législatives? C’est un autre travail, moins « valorisant » parfois (souvent). Pour moi çà reste flou et son comportement et ses propos lors de la soirée du 23 ne laissent pas de m’inquiéter. Pour ce qui concerne les « sortants » locaux j’ose espérer qu’ils auront un peu chaud aux oreilles, afin de les sortir de leur suffisance.

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    • julijo julijo

      Oui, mais ce sont les medias qui en font un « phénomène » ! melenchon fera ce qu’il veut, mais je trouve plutôt respectueux de ne pas considérer ses électeurs comme des niais lui appartenant. ce que je trouve flou et douteux ce sont les positions des caciques du PS qui semblent n’avoir attendu que ça…et ceux de LR pareils…
      Dans mon cas, macron demande un vote d’adhésion….oui, collomb l’a répété, votez macron.croyez en « en marche »…..etc. Ben ça le fait pas !
      Moi j’adhère pas, ni à macron, ni à bhl, ni à line renaud, ni à minc encore moins à attali……pas plus qu’à parisot, au medef…..etc.
      J’adhérais déjà pas à Hollande…macron va retrouver ses charentaises à l’Elysée…et vogue la galère, que tout change, pour que rien ne change.
      Je vais me passionner pour les législatives, et noter le renouveau des candidats !! pour l’instant c’est plutôt mal barré. On rentre dans une période marrante.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Alors je viens de comprendre ce qui risque de se passer le 7 et je ne trouve pas çà marrant du tout.

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    • julijo julijo

      « marrante » est un mot utilisé mal à propos de ma part, vous avez raison.

      pour le 7 mai, on verra bien, que chacun prenne ses responsabilités et imagine la suite en s’éclairant ailleurs que dans les médias télévisés et nationaux ….on peut tenter le programme de macron….
      Par contre je maintiens, la période des législatives sera pour le moins vivement intéressante (et là aussi éclairante sur les objectifs de macron)…de même que l’équipe réunie autour de lui pour gouverner….(de hue à madelin à travers bayrou ? ).
      Pour l’instant, je me suis promis de ne plus voter « contre », je ne le ferais pas. Mais, seuls les imbéciles ne changent pas…je patiente, pour voir…

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    • VitroPhil VitroPhil

      Les élection législatives seront en effet une étape importante, pouvant modifier, préciser ou conforter les résultats de la presidentielle…

      Une limite du vote uniquement « pour » est que nous sommes tellement divisé qu’aucune majorité ne peut se dégager…

      Une solution institutionnelle intéressante serait de remplacer le vote majoritaire par le jugement majoritaire : https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/760250/filename/2012-37.pdf
      Cela aurait le mérite de combiner les dimension pour et contre, de limiter les calculs électoraux et d’éviter d’élire quelqu’un suscitant un fort rejet.

      Pour la problématique qui nous préoccupe à court terme, je pense que se projeter dans la situation d’une puissance publique aux mains de l’extrême droite devrait être sources de motivation pour le vote contre.

      Au risque de me répéter quand les dégoûtés s’abstiennent… il reste les dégoûtants.

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  4. toine toine

    Tessier, Jibrayel, Masse … mais qu’ils prennent leur retraite une bonne fois pour tout & qu’il laisse la place à une nouvelle génération politique!

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  5. corsaire vert corsaire vert

    si on ne se débarrasse pas de ces enfoirés ce n’était pas la peine de les mettre dehors le 23 avril ! Les insoumis +une recomposition PS hamoniste + le PC, ça devrait le faire…

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  6. LaPlaine _ LaPlaine _

    Pour revenir à la « position » de Mélanchon au soir du 23 avril, il n’est même pas question du fait de prendre ses électeurs pour des « niais » ou pas. Il s’agit bien avant tout d’une non prise de position ferme et courageuse, sans rancœur, face à deux choix de société. Mettre sur le même plan les deux candidats est pour moi tout bonnement inadmissible en plus d’être inconscient. La technique du « faisons tout péter et on verra après », une forme de terre brûlée, ne mène jamais bien loin, si ce n’est à une misère accrue pour une bonne part des gens. Mélanchon s’était comporté autrement lors du vote précédent, ce n’était pas le même homme.

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    • leravidemilo leravidemilo

      L’essentiel de la presse de révérence nous serine ces motifs là, depuis dimanche soir, et pour les jours à venir. Les éléments de réponse existent pourtant, que l’on ne veut entendre :
      – Le candidat Mélenchon dit qu’il n’a reçu aucun mandat de ses 450000 soutiens de la France Insoumise, pour s’exprimer sur la suite… C’est un fait, vérifiable dans tous les documents de ce mouvement et sur le site. Il s’agit donc là d’un discours factuel.
      – Dès lors, il sera demandé l’avis de ces inscrits, et le résultat de cette consultation sera rendu public. C’est donc transparent, et ces gens ont bien le droit de donner leur avis, après l’avoir donné durant toute la campagne, dans l’élaboration très collégiale du programme, et pour beaucoup dans la discussion préalable sur le site dédié à la 6è république (qui nous éviterait ce genre de débat).
      – » L’argument » clé de cette presse de révérence, repris ici est : Ne pas appeler au vote Macron, c’est ne pas faire de différence entre les deux candidats du 2è tour, les mettre sur le même plan, ect ect.. Il est bien sur faux, et 2 fois :- Rassurez vous, on à noté la différence, on sait la faire… -La consultation n’est pas ne sera pas, qu’est ce qu’on fait, on vote pour l’un, ou pour l’autre, ou blanc. Ne feignez pas de le croire, le vote MLP, et l’appel à, est totalement exclu, jamais même envisagé. La question est est ce que l’on vote Macron, ou indique notre préférence pour un tel vote, ou on vote blanc, abstention. Donc y a pas de même plan, ça n’existe pas, et y a différence.
      Sur le fond, et pour finir, deux choses:
      – Le propre du citoyen c’est d’être membre, à part entière, de la cité, et non par délégation ou sur commande. Son vote, et la responsabilité de son vote, lui appartiennent en propre. Les « appareils » politiques prennent leur responsabilité, et lui prend les siennes. Me concernant et par exemple, je donnerais mon avis à cette consultation, puis je l’appliquerai dans l’urne, quoique m’en dise la F.I, Mélenchon, ou tartanpion. En l’occurrence, je ne voterai pas pour faire barrage… ici à pavail, fatrie et consorts, je ne voterai pas donc Heil Uber! Je voterai comme toujours pour mes convictions, ici blanches. C’est d’ailleurs une vieille habitude, et je ne l’ai jamais regrettée; Par exemple, je n’ai pas, 5 ans auparavant voté andrieux, ni même Miron, pour faire barrage à…
      – Pour votre gouverne, le motif, ou pour certains la réticence, des ceusses de la france insoumise, n’est pas une absence de différence entre les candidats du 2è tour, mais bien au contraire, leur remarquable et mortifère complémentarité. Le discours et les pratiques de haine, de division, d’exclusion/ségrégation et de fermeture sur soi et sur des identités fantasmées que porte l’une, ne trouve son aliment, ses motifs, ses raisons que dans les programmes de dérégulation/financiarisation/ dumping fiscal/social, mise en concurrence libre et très faussée/délocalisations/privations des souveraineté… que porte, depuis une quarantaine d’années l’autre qu’on lui met en face, ici Macron. Et pour faire barrage à la première, on nous enjoins de voter le second, d’alimenter donc les programmes de dérégulation… Et donc, vous l’aurez compris, on nous demande de nourrir l’un, ce qui revient à nourrir l’autre, pour demain (matin).

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    • VitroPhil VitroPhil

      Etrange démonstration, récusant les arguments des medias traditionnels, vantant l’esprit démocratique et participatif de Mélenchon et la clairvoyance sur ce qui sépare les deux candidats au deuxième tour pour conclure par revendiquer la fait de ne pas choisir entre eux.

      Le fait d’avoir, se réveiller demain avec une LE PEN présidente et des ministres de l’intérieur, de l’éducation, de la justice, de la culture… ce sera sans regret ?

      Si c’est vraiment le cas, la perception différence EM/FN ne doit pas être si nette, sinon c’est se réfugier derrière le vote de barrage des autres en prenant des gros risques.

      Avoir le respect de ses électeurs, c’est bien mais présenter J.L MELANCHON comme un simple porte-parole d’une pensée collective s’est un peu fort. JLM a fortement influencé son propre programme. Il aurait quand même pu, éclairer ses soutiens sur par exemple la grosse ficelle de la dimension « sociale » du programme FN. Il a une pensée suffisamment structurée et un outil dialectique performent, pour démontrer la supercherie du volet »social » du programme lepeniste . Son silence est fautif sinon coupable.
      Quand à l’argument que le libéralisme nourri la poussé d’un parti demago-xenophobe cela reste à prouver. Au même titre que d’autres mantra paradoxaux énoncés aux quatre coins de l’échiquier politique :
      « licencier plus facilement pour créer de l’emploi »
      « L’antiracisme incite au racisme »
      « Les droits de l’homme sont contraires au droits des peuples. »
      Etc…

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  7. LN LN

    Le « peuple » ne voulait-il pas vraiment changer tout ce « système » ? Or pour les présidentielles, les primaires, à droite comme à gauche, ils ont été dézingués un à un. Pourtant :
    La droite se déchire avec Sarkosy à la manœuvre (pffff…)
    Valls vient encore donner son avis (repfff….)
    Boutin vote révolutionnaire pour LePen mais en même temps contre pour affaiblir Macron (rerepfff rien compris…)
    Boyer, Carlotti, Tian et consorts pointent leur nez (rererepfff…)
    Je ne comprends pas pourquoi tous ces gens reviennent.
    Comme je ne crois pas une seconde que Macron sera en capacité de faire le changement (sa réflexion actuelle sur les membres de son futur gouvernement en dit long) si on ajoute la triste position de Melenchon et qu’on y met la besogne de Le Pen, moi perso je ne vois pas/plus quoi faire ni penser…
    Rerererepfff… Ca me deprime.
    @Corsairevert 😉

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  8. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Chacun fera, en conscience, le choix qui lui paraîtra le meilleur (ou le moins mauvais) le 7 mai.

    Mon point de vue est qu’il y a deux débats : un sur les valeurs, à trancher le 7 mai ; un autre sur la future majorité à l’Assemblée, à trancher en juin. J’enfonce une porte ouverte, et Taubira le dit mieux que moi : https://twitter.com/ChTaubira/status/856224355109396480

    Les risques liés au phénomène de l’abstention « différentielle » me paraissent suffisamment lourds, sans les surestimer au vu des sondages, pour me faire passer l’envie de jouer avec le feu : https://oeilsurlefront.liberation.fr/les-idees/2017/03/26/marine-le-pen-une-faille-de-taille-dans-le-plafond-de-verre_1558453

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Le raisonnement sur l’abstention différentielle prend pour base des taux d’intentions de vote dans la fourchette haute (+ de 40%) mais bon effectivement tout est possible dans ce contexte explosif, et je n’ose même pas imaginer…

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Avec une forte abstention et de faibles reports, MLP peut « raisonnablement » être élue. Aujourd’hui, tout ce qui ne vient pas s’opposer clairement à l’accès au pouvoir de cette famille cynique n’est que ratiocination. Une pudeur de gazelle comme disait un certain JLM.

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  9. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    Sur l’attitude de Mélenchon je suis perplexe. La fable de la consultation de la base ne tient pas. D’abord, parce que Mélenchon n’a consulté personne pour faire acte de candidature. Il est passe en force, contre l’avis du Front de Gauche, puis contre l’avis du PC, récusant au passage toute idée de primaire qu’il aurait pu gagner. Seuls les militants PC ont fini par ratifier sa candidature de guerre lasse. Donc l’alibi démocratique est une blague. Ensuite, consulter 450 000 militants qui auront un avis plus radical que les 7 millions d’électeurs qui ont suivi Mélenchon ne me semble pas très honnête car cela donnera une vision déformée de l’opinion. Enfin, j’observe que Patrick Buisson et Jean-Marie Le Pen draguent ostensiblement Mélenchon qui laisse faire avec une complaisance qui finira par devenir suspecte. Car FN et FI ont des themes et une cible électorale en commun (Je ne vais pas détailler pour ne pas être trop long). Conclusion en forme de question : à quoi joue Mélenchon avec le FN ? Connivence, subversion ? Il est urgent qu’il clarifie les choses. Ça pue.

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    • julijo julijo

      vous regardez trop la télé !! et pourquoi fallait-il le dire au soir du 1er tour !! pas le feu au lac, et pas de postes ni de fonctions à gratter…
      Ce qui se passe aujourd’hui au ps et même chez LR devrait pourtant vous éclairer sur les « primaires » !!!mélenchon a eu raison…. et il a consulté très souvent les insoumis.
      Et puis, qu’est ce qui vous gène, les insoumis sont environ 450 000…vous proposez encore un style « primaire » ou « on refait le match », ils sont encore plus capables que d’autres d’avoir une attitude démocratique. Ils l’ont depuis des mois.
      Ils n’ont de leçons à recevoir de personne.
      Le fn a grandi notamment depuis 2002 grâce aux divers gouvernements, auxquels ont participé et macron et hamon et fillon…..eux sont responsables ! ne venez pas aujourd’hui accuser bêtement les insoumis !!

      je partage la longue réflexion de « leravidemilo »
      j’ai donné mon avis sur « jlm2017 » et j’attends.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Oui tout ces arguments fallacieux qui tentent de justifier la fuite en avant de Mélanchon et la France Insoumise sentent de plus en plus mauvais. Que se soit factuel n’est pas le sujet, on analyse le comportement à l’instant T sans parler du fond du problème (veut-on de MLP à la tête de ce pays?) et au passage on tape un petit coup sur les médias ce qui ressemble étrangement au discours du FN. En clair c’est le discours du « tous pourris », immature et irresponsable qui dans le contexte actuel peut amener MLP au pouvoir. Connivence ou subversion, certainement une des deux options, je suis totalement atterré.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      @julijo cher(e) co-lecteur(trice),
      Les militants de Mélenchon sont « encore plus capables que d’autres d’avoir une attitude démocratique » et ceux qui ne pensent pas comme eux « regardent trop la télé » ! Croyez-vous faire avancer une discussion en l’abordant sous cet angle ? Pour ma part, si vous me lisez bien, je ne donne de consigne de vote à personne. Je peux entendre les préventions des partisans de Mélenchon à l’égard de Macron. Je n’argumente même pas en faveur du Front Républicain. Je n’ai pas voté pour Estrosi au deuxième tour des régionales.
      Le vote est individuel et chacun doit agir selon sa conscience, selon les circonstances, selon les individus, sans regarder par-dessus l’épaule du voisin ou obéir à des consignes. Mon insoumission à moi consiste à garder les yeux ouverts, y compris – et surtout – à l’égard des leaders charismatiques de poil brun ou de poil rouge.
      Je dis simplement, et je maintiens mon point de vue : Mélenchon a choisi de se défausser et je ne suis pas convaincu que sa motivation profonde soit de donner un gage de démocratie interne à ses militants.

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    • julijo julijo

      Cher Laurent Malfettes j’entends votre inquiétude – que je partage- et je lis bien vos commentaires.
      Seulement, je ne trouve pas que mélenchon se soit « défaussé » ! Il fait même parfaitement son boulot selon le mandat reçu de la FI.
      De quel droit « nous » demanderait-il à nous les « insoumis » de voter pour tel ou tel. Nous sommes capables de voir le danger que représente le fn.
      Le principe de la plateforme de jlm2017 est la discussion, le partage, le débat…pourquoi dans ce cas s’en priver. Quelle est l’urgence ?
      ce n’est pas parce que tout le monde le fait qu’il faudrait que le candidat de la FI le fasse.Attendons le résultat. et profitons de ces moments très intéressants (j’ai pas dit marrants, quoique) où tous les hommes politiques se vendent à macron, y compris au plus haut niveau de l’Etat. Les mêmes qui ont eu 15 ans, au moins, pour se débarrasser de cette organisation qui à écouter ces jours ci les médias, est forcément anti-républicaine ! Ah bon ?
      Et ils viendraient donner des leçons de démocratie et de rapidité, et de je ne sais quoi encore au candidat de la FI ????
      Quand au fn et à FI qui ont en commun des thèmes et une cible…. la cible évidemment, oui, hamon, poutou et arthaud avaient la même, les thèmes ??? ah non. La xénophobie, le racisme, le départ de l’Europe, les frontières, …(and so on) du fn, sont très éloignés du programme de la FI. C’est curieux comme les infos circulent – lenglet avait comparé en son temps- il y a un déficit certain de lecture des programmes. Je confirme mon impression première, il ne faut pas uniquement regarder la télé !
      Il faut se plonger dans celui de macron…..il est moins écrit par contre….plus flou, à géométrie variable selon les interlocuteurs ( selon lenglet encore !).

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      @Jujilo
      Si Mélenchon avait fait appel dès dimanche soir, avec l’autorité qui le caractérise, à faire barrage au Front National sans donner de consigne explicite, je prends le pari que tout le monde aurait trouvé cela très bien et que personne (pas même vous) n’aurait moufté. Chacun aurait interprété à sa guise, serait allé voter blanc, Macron ou se serait abstenu.

      « Les gens » ont voté Mélenchon, pas pour les 450 000 militants qu’ils ne connaissent pas. Pour décider de leur vote au deuxième tour, seule l’opinion de Mélenchon peut éventuellement compter pour eux. Mais il a choisi de la dissimuler.

      Vous voulez voir dans ce que j’appelle une défausse, la preuve du sens démocratique de Mélenchon. Mais pour assez bien connaître son parcours, j’affirme qu’il est permis d’en douter. Vous, vous avez manifestement la foi. En matière religieuse, je respecte cela.

      Mais revenons à votre question : quelle urgence, quel enjeu ? Le vote a lieu dans 11 jours. Il faut du temps pour former une opinion. En maintenant l’ambiguïté trop longtemps, en accréditant l’idée que l’abstention est possible, en la présentant comme un choix égal au vote Macron ou blanc, Mélenchon a choisi sciemment de donner une prime à Le Pen. Pourquoi fait-il cela ? Dépit, calcul politique ? C’est presqu’aussi incompréhensible que Boutin venant expliquer sur France Inter que pour contrer Marine Le Pen, le meilleur moyen est de voter pour elle (véridique, c’était hier).

      C’est une question d’arithmétique : chaque abstention vient augmenter le score relatif de Le Pen qui peut ainsi atteindre un score inespéré de 40 %, peut-être plus. Bien sûr, cela ne suffira sans doute pas à la faire gagner, mais un score élevé donnera de l’espoir à ses partisans et leur permettra de rester mobilisés… pour la prochaine fois. N’oubliez pas que la famille Le Pen a tout son temps. La fille peut encore aller à au moins deux scrutins, et la nièce attend son tour. Moi, je pense qu’il faut leur couper les pattes, les décourager, les inciter à réfléchir à une autre option (y compris à l’option Mélenchon !)

      Ceci étant dit pour préciser mon point de vue. J’ai bien compris que le vôtre est différent et qu’il est un peu vain de chercher à vous convaincre car votre statut de militant vous demande de convertir plus que d’être converti !

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    • julijo julijo

      je connais mélenchon depuis très longtemps. J’ai le même âge que lui,
      a l’époque il était trotskiste. et puis, comme tout le monde l’âge bonifie..!!?? Je le crois un peu.
      c’est un vieux routier de la politique, qui a un sens de la stratégie assez finaud.
      Moi, c’est pas tant le bonhomme qui me plait…à vrai dire, il me plairait peu. J’ai aimé la démarche du mvt pour la 6eme république après les présidentielles de 2012 puis le développement de la FI. Les échanges m’ont plu, séduit, et le programme dont j’ai vu au fil des mois l’élaboration m’a convaincu…le reste tt le monde le connait.
      je ne cherche même pas à vous convaincre, je respecte votre choix ; cependant j’ai voté mitterrand en 81 et on a rapidement vu le virage libéral, …en 2002 j’ai voté chirac, là aussi on a vu.. en 15 ans personne à droite ou à gauche ne s’est soucié du fn, au contraire « on » a voté ou pas le CICE, la loi travail…..qui fait le lit du fn entre autres.
      Je ne sais pas si je vais m’abstenir ou si je vais voter blanc sans état d’âme et je refuse une responsabilité quelconque le 7 mai sur ce qu’il peut arriver. Je ne culpabiliserais pas, sûrement pas !
      Ne m’accusez pas, un peu méchamment d’ « avoir la foi » ce n’est pas une religion, pas une église, mais un rassemblement de gens qui veulent changer les choses, les foules aux meetings de méluche n’étaient pas dans les mêmes transes que macron au pupitre (plus gourou du reste puisque lui haranguait sans programme précis)

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      cher @Julijo
      J’étais sûr que vous alliez bondir sur la question de la foi ! Mais il n’y avait aucune méchanceté, juste une petite pique de niveau 1 sur l’échelle de la provoc qui en compte quatre (le quatrième niveau étant dérive sectaire, ne frappez pas !) Blague à part, total respect pour votre position, même si je ne la partage pas (encore)… Je n’avais pas l’âge de voter en 81…

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    • julijo julijo

      ./

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  10. Tarama Tarama

    « On n’éteint pas l’incendie en votant pour le paquet d’allumettes ».

    Les gens sont assez grands pour savoir ce qu’ils veulent faire.

    Les soutiens (« utiles » ou convaincus) de Macron ont si peu confiance en leur champion qu’ils sont obligés de rejouer la farce de 2002 (avec des relents de 2005 dans le côté moralisateur… attention, ça ne prend plus ce genre d’imprécations), non sans une certaine animosité.

    Pour ceux qui disent « on vote pour lui et on se prépare à le combattre dans les urnes ou dans la rue ».
    Aiguisez vos pancartes, Monsieur Macron est encore allé dire au patronat qu’il ferait une nouvelle loi travail (la loi Macron 3 donc) cet été, au mois de juillet, par ordonnances.

    Par ailleurs je suis étonné de voir que le discours du « front républicain » prend encore dans une région où à ce petit jeu la gauche a fini par DISPARAITRE de nombreux hémicycles, qu’ils soient municipaux, départementaux ou régional. Laissant la droite-extrême et l’extrême-droite s’écharper sur des sujets aussi éminemment régionaux que l’Algérie française et l’OAS. https://marsactu.fr/bref/enfoire-de-gaulliste-un-elu-fn-se-lache-contre-christian-estrosi-a-la-region/

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