"Le roman noir, une littérature de territoire"

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le 18 Avr 2014
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"Le roman noir, une littérature de territoire"
"Le roman noir, une littérature de territoire"

"Le roman noir, une littérature de territoire"

Cédric Fabre voudrait bien donner ses lettres de noblesse au polar. Avec son anthologie de nouvelles noires intitulée "Marseille Noir" le journaliste et romancier adepte du genre donne le premier rôle à sa ville. Quatorze auteurs se sont livrés – lui compris – sur sa proposition, à l'écriture des nouvelles. Avec pour seule consigne de choisir comme décor un lieu de Marseille. Ce recueil devient ainsi une cartographie noire de la cité. "Marseille est le personnage principal. On va s'intéresser à la façon dont les lieux sont des matrices, comment ils vont façonner des personnages, des comportements, donc des destins, des histoires" détaille l'écrivain.

"Le roman noir ou le polar est aussi une littérature de territoire. C'est un moyen d'explorer la ville avec sa mythologie, sa violence sociale. C'est un genre engagé" plaide Cédric Fabre. Il considère que Marseille plus que d'autres villes, possède ce terreau, propice au polar. "Déjà, quand on y vit pas, la ville peut alimenter tous les fantasmes et peut même raviver tous les clichés. Quand on y vit, les choses qui s'y passent paraissent tellement invraisemblables que ça devient intéressant d'explorer la ville, non plus à travers le reportage, la recherche de l'authenticité, mais de basculer du côté de la fiction". Et ce basculement peut s'opérer facilement dans la mesure où, d'après l'auteur, les histoires regorgent à chaque coin de rue, livrant la matière première du roman noir. Sans compter que "Marseille reste la ville de l'oralité".

Qu'elles soient aigres ou légères, amusantes ou sombres, les nouvelles noires restent le fruit "de l'imaginaire d'un individu qui ressort". Pas de recette particulière, donc. "On peut montrer la violence des rapports sociaux de manière plutôt drôle ou grave". Et malgré cette grande diversité, déplore Cédric Fabre, "très peu de romans marseillais possèdent une reconnaissance en dehors de Marseille, voire même à Marseille alors que beaucoup d'auteurs de polars existent. Il y a toujours une suspicion de pagnolade." Ce qui apparemment, et c'est tant mieux, n'effraie pas tout le monde :  Marseille Noir sera traduit aux Etats-Unis en 2015.

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Commentaires

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  1. Paryn Paryn

    Intéréssant, surtout que la réalité dépasse souvent la fiction, et plutôt dans le négatif. Un des visages de notre ville, avec lequel nous devons composer, que ca nous plaise ou pas…

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  2. JL41 JL41

    Je viens de lire l’intro du bouquin, c’est absolument délicieux. L’auteur fait un beau portrait de Marseille, tout en nuances et en retournements. Le sourire s’est accroché dès la première page et il est resté jusqu’au bout.

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