Le froid s’invite à nouveau dans des salles de classes marseillaises

Actualité
Benoît Gilles
10 Nov 2017 5

Ce jeudi, des élèves de l'école Saint-Louis Le Rove sont restés dans la cour. Depuis quatre jours, une partie des salles de classes est sans chauffage. Même si l'incident devrait être rapidement réglé, il illustre l'un des problèmes récurrents de la gestion des écoles marseillaises.

Photo : DR

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“On veut du chauffage ! On veut du chauffage !” Les élèves de l’école Saint-Louis Le Rove ont trouvé une manière de se réchauffer. Ils scandent ce slogan, inhabituel dans une cour d’école mais saisonnier à Marseille. Comme les marronniers perdent leurs feuilles, certains écoliers se pèlent en classe à l’arrivée de l’hiver. Deux ans après le “Je nous accuse” de Charlotte Magri sur l’état des écoles dans la ville, tout n’a pas totalement changé dans le paysage scolaire. Depuis quatre jours, les 250 élèves des niveaux supérieurs de l’école élémentaire Saint-Louis gardent blousons et gants en cours.

“C’est pour cette raison que nous avons fait le choix de refuser de monter dans les classes aujourd’hui, explique Pascal Pons, professeur d’école et syndicaliste à la CGT Éduc’action. Il fait 10° quand on arrive en cours et cela monte péniblement à 14° ou 15° en fin de matinée. Pour nous, ça va, parce qu’on bouge mais nous demandons aux élèves d’être attentifs et de ne pas s’agiter. Alors ils ont froid.” Dans la cour, entre les slogans et l’excitation d’être en récréation permanente, ils ont donc plus chaud qu’en classe. “Et nous on se les pèle…”, sourit l’instit.

Rénovation des niveaux supérieurs

La problématique ne touche pas la totalité de l’école. Condamnés depuis plusieurs années, les étages supérieurs ont été rénovés pour permettre l’installation d’un Service d’éducation spéciale et de soins à domicile, un Sessad, destiné à la scolarisation et au suivi des élèves en situation de handicap. “C’est un projet positif que nous saluons mais la Ville aurait dû anticiper la question du chauffage en sachant dès cet été que ces étages allaient accueillir des enfants”, reprend le syndicaliste.

Du côté de la Ville, les services s’affairent depuis plusieurs jours pour trouver une solution au moins provisoire. “Nous n’avions effectivement pas prévu ce problème de pression, reconnaît Danièle Casanova, l’adjointe à l’éducation. Nous avons demandé à l’entreprise d’intervenir pour trouver une solution et pour réparer au plus vite. En attendant, mes services sont en train d’installer des chauffages d’appoint électriques pour permettre aux élèves de revenir en classe”.

Faire sauter les plombs

Depuis l’arrivée du froid, les professeurs incitent les parents à garder leurs enfants à la maison et ces derniers se retournent vers la Ville. C’est cette pression conjointe qui a incité les services municipaux à trouver une solution temporaire. Et précaire. En effet, “si la totalité des classes se chauffent avec des convecteurs d’appoint, le système électrique ne tient pas et cela fait sauter les plombs.”

Là encore, Danièle Casanova se dit saisie du problème. “J’attends le retour de notre ingénieur pour savoir si le système électrique peut effectivement tenir. Nous faisons des tests cet après-midi [de jeudi, ndlr]. Si les plombs sautent en matinée alors c’est le repas de la cantine qui est remis en cause”. Les élèves de Saint-Louis devront encore patienter quelques jours avant de retrouver une température plus propice au travail.

“Des petits soucis”

Ailleurs, des problèmes de chauffage ont également été signalés comme à l’école des Borels (15e). “Cela a rapidement été résolu, plaide Danièle Casanova. Il s’agit comme souvent de radiateurs mal purgés. Pourtant, contrairement à ce que certains disent, nous avons pris soin d’anticiper les problèmes en révisant les chauffages avant et pendant les vacances d’octobre. Mais il y a 444 écoles, c’est normal que sur ce nombre, il y ait çà et là des petits soucis.”

Celui de l’école Saint-Louis Le Rove serait donc en passe d’être réglé par la société en charge de l’entretien des chauffages. Les enseignants attendent encore le retour en classe demain pour se réjouir de cette fin d’intempérie.

Quant à la rénovation complète de l’établissement, elle attendra encore un peu. Bien que classée GEEP, (l’acronyme qui définit des écoles à structure métallique défavorablement connu sous le nom d’école “Pailleron”), elle ne fera pas partie de la première vague démolie et reconstruite d’ici 2021 dans le cadre d’un gigantesque partenariat public-privé. Les enseignants pourront encore regarder les faux-plafonds se soulever en cas de fort mistral…

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