La Ville de Marseille laisse l’IFAC Provence sur la touche

Actualité
Lisa Castelly
22 Juin 2018 1

L'association locale IFAC Provence espère que la Ville l'autorise à reprendre certains marchés pour assurer son avenir, mais cette dernière n'envoie aucun signe positif et préfère se tourner vers l'association nationale.

Le 8 juin dernier, l’administrateur judiciaire de l’association IFAC Provence posait un ultimatum à la Ville de Marseille. Il exhortais la municipalité à confirmer son appui à l’association locale d’éducation populaire “au plus tard à l’issue du Conseil municipal du 25 juin prochain”, sans quoi, il demanderait au tribunal de prononcer la liquidation judiciaire. Lors de la présentation à la presse des nouveautés de la rentrée, l’élue aux écoles, Danièle Casanova, n’a pas envoyé de signal en ce sens, bien au contraire.

“Même si l’IFAC local a eu quelques soucis, l’IFAC national va bien, donc il n’y a pas de problème pour nous. C’est le national qui prend le relais”, a tranché l’adjointe depuis la tribune. Une petite phrase anodine, mais qui aura beaucoup de sens aux oreilles des salariés de l’IFAC Provence. Ces derniers pressentaient depuis des mois le remplacement de l’association locale qui les emploie l’IFAC Provence, par l’association nationale, l’IFAC PACA. Par cette phrase, Danièle Casanova envoie le signal que l’affaire est sur le point d’être pliée.

Criblée d’1,8 millions d’euros de dettes, l’association IFAC Provence a échappé de peu à la liquidation. Mais son salut repose sur la reconduite par la Ville de marchés qu’elle avait conquis de longue date : la gestion de plusieurs maisons pour tous et celle des temps périscolaires (garderie, etc) dans de nombreuses écoles de la Ville. Et c’est là-dessus que l’administrateur espérait voir la Ville renouveler sa confiance et offrir à l’association – dont elle a toujours été proche – un horizon plus solide économiquement.

Risque de casse sociale

“C’est l’IFAC national, et non le local, qui a répondu à ces marchés”, argumente-t-on dans les couloirs de la mairie. Empêchée par sa situation de redressement judiciaire, l’association locale n’a en effet pas pu candidater à sa propre succession. Mais l’administrateur judiciaire souhaite justement que l’IFAC Provence soit autorisé à prendre la sous-traitance des marchés obtenus par l’IFAC national, avec l’accord obligatoire de la Ville.

Un arrangement qui ne semble pas en très bonne voie. “Cette question de sous-concession est à l’étude, il faut se tenir à des normes juridiques très précises, on étudie la question, mais pour l’instant, c’est très compliqué. Et sinon, ce sera l’IFAC national qui fera le boulot”, explique-t-on en off.

Nulle trace non plus, selon nos informations, de délibération en ce sens à l’ordre du jour du prochain conseil municipal. Les attributions des marchés pour les temps périscolaires seront connus plus tard, début juillet nous indique-t-on. L’ultimatum de l’administrateur judiciaire pourrait donc avoir été vain. Et pour la centaine de salariés de l’IFAC Provence qui n’ont aucune certitude d’être recasés au sein de l’association nationale, le début de la période estivale risque de rimer avec casse sociale.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

1 € LE 1ER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


A la une

Martine Vassal bricole un agenda environnemental à un milliard d’euros
Moins d'un mois. C'est le temps record qu'il aura fallu aux équipes de la métropole pour se greffer sur l'agenda environnemental du conseil départemental....
Les premiers arbres de La Plaine tombent malgré la résistance
La pluie tombe, les arbres aussi et certains manifestants pleurent en voyant les premiers tilleuls chuter dans un grand crac sinistre. Ils hurlent aussi...
Conflit d’intérêts à la tête de l’institut de recherche pour le développement
Charles Duchaine est de retour à Marseille. Pas le premier juge de l'affaire Guérini en personne, mais les contrôleurs de l'agence française anti-corruption (AFA)...
À Saint-Victoret, des travaux qui se font tout seuls embarrassent la métropole
C'est un joli parc à la sortie du bourg de Saint-Victoret en direction de la gare de Pas-des-Lanciers. A côté du centre aéré fraîchement...
L’institut Ricard drague les habitants de l’Estaque avec une ferme à poissons du futur
"Nous avons proposé un projet de ferme que l'on pourrait appeler... permaquacole !", lance fièrement Patricia Ricard, petite-fille de Paul et présidente de l'Institut océanographique du...
La Ville offre une nouvelle unité d’hébergement d’urgence, à l’État de payer le reste
Jean-Claude Gaudin signait mercredi le bail emphytéotique de la future unité d'hébergement d'urgence qui doit voir le jour en 2021. Réalisée par le groupe...

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire