La préfecture alerte sur “une situation d’urgence sanitaire” à Air Bel

Info Marsactu
Julien Vinzent_
24 Juil 2018 2

Après des résultats d'analyses alarmants, la préfecture demande aux trois bailleurs de la cité de prendre des mesures contre la prolifération de légionelles. Des filtres devront être installés sur les robinets et douches des appartements identifiés à risque.

Rouge, rouge, rouge. Ces derniers mois, les résultats des prélèvements réalisés dans le réseau d’eau chaude de la cité Air Bel (11e arrondissement) sont alarmants. “Ces analyses font apparaître des concentrations en légionelles très supérieures au seuil sanitaire et constituent une exposition à des risques sanitaires importants”, constate un arrêté préfectoral signé le 16 juillet. Face à ce qu’elle qualifie dans le document de “situation d’urgence sanitaire”, la préfète déléguée à l’égalité des chances Marie-Emmanuelle Assidon demande au syndic Unicil et aux deux autres bailleurs Erilia et Logirem de prendre des mesures rapides.

Depuis le décès d’un habitant en septembre 2017 des suites d’une légionellose, le réseau fait déjà l’objet d’une surveillance rapprochée et de mesures de traitement. Mais celles-ci “notamment la chloration, ne suffisent pas à réduire de façon satisfaisante la présence de légionelles sur plusieurs secteurs”, considère l’arrêté préfectoral. Décrié chez les habitants, dont certains leur attribuent des maux (problèmes de peau etc.), cet ajout de chlore avait permis de retrouver des seuils conformes en mars. Mais il n’aura été que d’une efficacité limitée : en mai, certains prélèvements font apparaître un seuil jusqu’à 60 fois la norme sanitaire.

Synthèse des résultats des prélèvements opérés en avril et mai.

Le contexte est d’autant plus complexe qu’“en période estivale, la part plus importante de logements inoccupés implique des risques de stagnation d’eau et des conditions favorables au développement des légionelles”. Enfin, paradoxalement, “la rénovation des réseaux d’eau chaude en cours”, décidée en février et qui doit s’étaler jusqu’à fin 2019, “risque d’aggraver cette situation”.

À lire sur le sujet : À Air-Bel, l’eau continue de cristalliser toutes les angoisses

Des points d’eau sécurisés avant fin août

Pour gérer cette période “transitoire”, les bailleurs vont donc devoir missionner un prestataire spécialisé avant la fin du mois de juillet. Il aura quinze jours pour identifier les “points d’usages à risque” – autrement dit les appartements les plus concernés – puis quinze jours pour procéder à leur “sécurisation”, “en les équipant de filtres terminaux”. Contrairement aux traitements en amont du réseau, ces filtres se vissent directement sur les robinets ou les pommeaux de douche, qui peuvent être une source d’inhalation des légionelles contenues dans les gouttelettes. Au final, tout devra être en place avant le 31 août.

Combien de logements cela peut-il concerner, sur les 1200 que compte la résidence ? Ni l’Agence régionale de santé, à l’origine de la démarche, ni les bailleurs, n’ont retourné nos appels. Quant au syndic Unicil, il n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce dossier, renvoyant à un communiqué précédent, où les bailleurs réaffirmaient “leur mobilisation” et affichaient la rénovation des réseaux d’eau chaude comme “une priorité”.

À l’amicale des locataires, la secrétaire Rania Aougaci assure ne pas avoir été prévenue de l’arrêté, qui pourrait inquiéter les habitants sur la gravité des risques. À défaut d’information en amont, celle-ci devra nécessairement se faire avec les locataires concernés lors de l’installation des filtres puis leur remplacement régulier au bout de quelques semaines.

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