La piscine Nord enterrée pour longtemps

Actualité
Benoît Gilles
10 Fév 2017 16

Interpellé par un élu socialiste du 15e et 16e arrondissement sur la rénovation de la piscine Nord aujourd'hui fermée, l'adjoint au sport avance un nouveau scénario : la transformer en terrain de tennis.

Voilà un dossier piscine qui rebondit sous la forme d'une balle de tennis. Depuis plusieurs années, les élus du 15/16, maire en tête, bataillent pour obtenir la réouverture de la piscine Nord, fermée pour cause d'obsolescence depuis 2010. De pétition en manifestation de soutiens pré-électoraux annoncés depuis le sommet du gouvernement ou du département, en 2013, le dossier de la piscine située à la Madrague-Ville évoluait entre deux eaux en attendant l'issue d'une étude demandée par la Ville, propriétaire, sur les scénarios d'une possible réhabilitation.Lundi, en conseil municipal, l'adjoint de secteur et conseiller municipal socialiste Roland Cazzola a profité d'une délibération sur la capitale du sport pour interroger directement le maire de Marseille sur l'état des équipements sportifs et, tropisme récurrent, l'avenir de la piscine Nord. "Cela fait plusieurs mois que nous entendions la rumeur que Jean-Claude Gaudin refusait de voir la piscine rénovée tant qu'il est aux affaires", commente Roland Cazzola pour expliquer son interpellation dure et directe. Comme à son habitude, le maire a renvoyé ses opposants vers son adjoint aux sports, Richard Miron, qui a profité de l'occasion pour un long exposé sur la capitale du sport, MP2017, l'état des équipements sportifs, pour finir sur celui des piscines.

Réfection, amélioration ou démolition

Ce faisant il a livré les "trois scénarios" d'une possible rénovation, tirée de l'étude dont les conclusions sont tombées fin décembre mais non rendue publique. "Soit nous refaisons la piscine à l'identique et cet équipement sera malheureusement obsolète car les gens attendent désormais plusieurs bassins et cela coûte 4,5 millions d'euros, détaille l'adjoint au sport. Soit nous nous lançons dans une rénovation/amélioration. C'est-à-dire la construction d'un nouveau bâtiment, l'amélioration de la partie conservée, la mise à niveau des réseaux et cela coûte 6 millions d'euros."L'adjoint en vient ensuite au scénario qui a, de loin, sa préférence : "On peut également envisager la démolition de la piscine pour y réaliser un aménagement destiné à accueillir un autre sport, ce qui me semble le plus pertinent. Cela coûte entre 750 000 et 900 000 euros. Et il y a un club de tennis en contrebas qui ne demande qu'à se développer." Richard Miron insiste sur cette piste en rappelant à la maire de secteur, Samia Ghali, que "le tennis est le deuxième sport le plus pratiqué à Marseille avec 11 000 pratiquants derrière le football qui en compte 13 000. Or, les 15/16 comptent très peu de clubs". C'est un euphémisme.

Un seul club de tennis pour deux arrondissements

En effet, l'association Fête le mur, installée en contrebas de la piscine Nord, dispose de deux terrains et 140 adhérents. Elle est à l'étroit et se sent un peu seule. "Imaginez que nous sommes le seul club de tennis agréé par la fédération française dans les 15e et 16e arrondissements, explique Marc Hababou, son président. Les trois seuls autres terrains sont situés à La Castellane mais sont gérés par une association. Ils n'accueillent pas de compétition." Ceci dit, le président n'est pas franchement ravi de se trouver ainsi pris comme objet dans des échanges de fond de court du conseil municipal. "Nous sommes d'abord pour la réhabilitation de la piscine Nord et nous avons signé la pétition, prévient-il. La mairie de secteur nous soutient et nous sommes très liés. Mais nous avons aussi des subsides de la mairie centrale et nous sommes au programme de la capitale européenne du sport. Certes, on aimerait bien s'agrandir si la Ville décide démolir la piscine mais ce n'est pas que nous souhaitons."Dans son argumentaire très détaillé, Richard Miron relativise le manque de piscines au nord de Marseille en soulignant qu'il y existe cinq bassins et que c'est, "de loin", les moins fréquentés de la ville avec "7 525 entrées publics par an à La Martine et 6 855 à La Castellane" (hors scolaires et clubs sportifs). On peut gloser sur le rapport entre l'offre qui crée la demande et l'accessibilité desdites piscines, à 3 kilomètres de la piscine Nord. On peut aussi souligner qu'avec deux bassins cinq terrains de tennis, les 97 000 habitants du secteur sont de toute façon fort mal lotis.

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