La Baleine, un nouveau cinéma dans le petit bassin de l’art et essai à Marseille

Info Marsactu
Lisa Castelly
13 Oct 2017 3

Dans quelques mois, une nouvelle salle de cinéma devrait ouvrir ses portes sur le cours Julien. Porté par les programmateurs du Gyptis, il accueillera dans 80 fauteuils les cinéphiles en quête d'un peu de cinéma d'art et essai.

Le cinéma la Baleine a repris les locaux et le fonds de commerce de l'ancien théâtre dédié aux contes. (LC)

Le cinéma la Baleine a repris les locaux et le fonds de commerce de l'ancien théâtre dédié aux contes. (LC)

Marseille serait-elle en bonne voie pour rattraper son retard en terme de salles de cinéma dans le centre-ville ? Le défi reste à relever. Mais après l’annonce du début prochain des travaux du cinéma du haut de la Canebière et la reprise en main des Variétés et du César, un nouveau venu devrait venir se joindre à cette dynamique naissante, du côté du cours Julien.

Prévu pour ouvrir « vers la fin du premier semestre de 2018 », « La Baleine » devrait pouvoir accueillir les cinéphiles dans une unique salle, anciennement La Baleine qui dit vague, théâtre dédié aux contes. C’est la société Shellac qui en a repris le fond de commerce il y a un peu moins d’un an. Spécialisée à l’origine dans la distribution, l’entreprise est déjà aux manettes de la programmation du Gyptis à la Belle-de-Mai depuis sa création en 2014.

Une petite soeur pour le Gyptis

« Ce sera une salle mono-écran, avec 80 fauteuils grand confort, une terrasse, un bar et une librairie », annonce Thomas Ordonneau, co-fondateur de Shellac et à la tête du projet,  sur lequel il travaille « depuis longtemps ». La programmation y sera semblable à celle du Gyptis, explique-t-il, « avec la même exigence et beaucoup d’événements », rencontres, débats ou atelier d’éducation à l’image. Selon ses mots, le choix des films projetés sera fait en travaillant davantage par cycles thématiques qu’en fonction des sorties commerciales. Six séances par jour, sept jours sur sept devraient y être programmées.

Et surtout prévient-il La baleine proposera « une offre complémentaire » à ce qui existe déjà dans le centre-ville, et plus particulièrement par rapport à l’autre lieu de cinéphilie qui se trouve à quelques mètres de la nouvelle salle, le Vidéodrome 2. « On a travaillé avec eux jusqu’ici et on continuera de le faire. Nous aurons une billetterie commerciale classique, ce qui nous distingue déjà dans nos démarches », précise-t-il au sujet du cinéma-vidéoclub voisin.

Le soutien du CNC et des collectivités

Le Centre national du cinéma (CNC) a d’ores et déjà donné son feu vert au projet en juillet dernier, et Thomas Ordonneau compte bien obtenir le label Art et essai dès que possible. « Pour le Gyptis nous avons obtenu les trois labels dès la première année, ce qui est assez rare », assure Thomas Ordonneau. Sa société, Shellac, se lance dans l’exploitation de salle pour la première fois, après avoir fait ses armes dans la production, la distribution et la programmation et voit dans cette petite salle de centre-ville « un modèle un peu pilote ».

Le projet séduit aussi les collectivités locales. La Ville de Marseille et la région s’apprêtent toutes deux à voter lors de leurs prochaines assemblées respectives des subventions au projet, à hauteur de 100 000 euros pour la Ville et 80 000 pour la région, qui viennent s’ajouter aux 120 000 euros attribués par le CNC. Dans le rapport annonçant le vote de la subvention, l’adjointe déléguée à la culture Anne-Marie d’Estienne d’Orves vante un projet qui « renforcera le pôle cinématographique actuel et le complétera en accueillant les films les plus fragiles » et pointe le « grand succès » du Gyptis comme garantie. « Pour l’instant on est reçu très favorablement, confirme Thomas Ordonneau, c’est un projet dynamique, un gros plus pour le secteur du cours Julien ». 

Même si ce projet de petite salle de quartier potentiellement labellisée Art et essai arrive dans une période où les Variétés et le César tentent de récupérer cette étiquette perdue il y a plusieurs années, et où le futur cinéma Artplexe visera le même graal, la compétition devrait pouvoir se faire sans trop de heurts. L’adjointe au commerce Solange Biaggi évoquait dans le permis de construire du futur cinéma du haut de la Canebière un « déficit de l’ordre de 20 salles » Art et essai à Marseille. Le Gyptis et l’Alhambra dans les quartiers Nord, sont en effet à ce jour, les seuls cinémas à conserver l’étiquette. Si les spectateurs sont au rendez-vous, chaque exploitant devrait pouvoir y trouver son compte.

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Commentaires

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  1. corsaire vertcorsaire vert

    Le problème avec le Gyptis c’est qu’il est difficilement accessible par des transports en commun sécurisants, ainsi d’ailleurs que la Friche de la Belle de Mai et que l’on vienne pas me raconter l’inverse ! Vous êtes vous promené dans ce quartier le soir tard ? avez vous pris les rares bus qui le desservent après 20 h ?
    Avez vous essayé d’y garer votre voiture ?
    Ceux qui répondront oui n’y sont jamais allés …

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    • Lisa CastellyLisa Castelly

      Il me semble justement que le Gyptis a dans ses objectifs de toucher principalement les habitants de la Belle de mai, ce qui se concrétise par une programmation établie en partie avec des habitants, et autres événements participatifs. Pour le reste, j’imagine que le Gyptis ne serait évidemment pas contre une meilleure desserte en transports en commun, je pense que tout le monde est d’accord avec vous à ce sujet…

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    • leravidemiloleravidemilo

      Heu…corsaire vert; Pour les bus, non, mais voir la réponse de Lisa ci dessus, et les difficultés de desserte après 20h ne sont pas, loin s’en faut, réservées à ces quartiers. Et pour la voiture et la promenade, j’y suis allé et je répond quand même oui!
      Tant qu’à faire, et pour une fois que je suis (presque)d’accord avec Solange Biaggi allons y, le déficit en salle arts et essais est vraiment important , disons une bonne douzaine, et il ne sera pas comblé par cette nouvelle, et bienvenue initiative. Il faut bien sur souhaiter pleine réussite à ses acteurs, en espérant que se travaille une réelle complémentarité entre les salles, ce qui n’est pas toujours facile en matière de diffusion cinématographique.

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