"Il y a des professions entières où l'on cherche des gens"

À la une
le 5 Juil 2013
2

La formation professionnelle, c'est plus de 30 milliards d'euros dépensés chaque année. Pour l'efficacité qu'on connaît. Les rapports de la Cour des comptes et des parlementaires s'accumulent, les annonces de réformes à chaque nouveau gouvernement aussi, mais rien ne bouge vraiment. Et la courbe du chômage ne s'inverse toujours pas. Ces sommes considérables, issues de la taxe d'apprentissage prélevée sur les entreprises, sont gérées d'une façon tripartite par les syndicats, l'Etat et les régions, souvent dans la plus grande opacité. Les organismes de formation sont très nombreux, mal ou pas contrôlés, les syndicats parfois pointés du doigt pour l'utilisation de ces budgets.

Christian Malaterre, le vice-président de l'UPE 13, le syndicat des patrons locaux, en charge de ce dossier de la formation, en a bien conscience et essaie néanmoins de faireévoluer les choses :

Pour ce qui est de la transparence, nous avons créé avec Stéphan Brousse (ex patron de l'UPE 13, aujourd'hui de l'UP Régionale, ndlr), pour la gestion de ces fonds, une commission où siègent de nombreuses personnalités. Avant cela n'existait pas.

Même constat pour les organismes de formation "qui sont très nombreux. Même si c'est compliqué, ce n'est pas notre job de mettre notre nez dans les écoles", se défend le responsable patronal. L'UPE 13 vient néanmoins de créer un "label campus éco" qui met en valeur les écoles locales de formation, qui du point de vue de l'UPE, seraient les plus efficaces pour former les jeunes au marché du travail.

Autre dossier difficile, l'apprentissage. Et si Christian Malaterre n'aime pas la comparaison avec l'Allemagne dans la mesure où "leur taux de natalité est très faible, c'est plus facile pour eux", il reconnaît que ça ne fonctionne pas bien non plus, notamment parce que ce sont souvent des filières d'apprentissage largement dévalorisée.

Pourtant tout le monde fait de l'apprentissage aujourd'hui. Il y en a à Centrale Marseille. Euromed Management en fait aussi.

Le responsable du syndicat patronal qui est lui même à la tête d'une PME locale "Achives Chrono", avec une dizaine de salariés, n'utilise pas lui-même l'apprentissage mais  des "contrats de retour à l'emploi". Il semble prêt également à utiliser les nouveaux dispositifs mis en place par l'Etat comme plusieurs autres de ses collègues de l'UPE, comme par exemple les emplois d'avenir qui sont aussi à Marseille utilisables par les entreprises du secteur marchand, à des conditions différentes (30% pris en charge par l'Etat contre 75% pour le secteur non marchand ). Comme l'explique Christian Malaterre ce sont des emplois "réservés aux jeunes dans les Zones urbaines sensibles (ZUS), ou non diplômés, et il va falloir qu'on fasse passer des vrais messages auprès de nos adhérents, des entreprises, pour leur dire qu'il y a une vraie opportunité pour le faire". Just do it. 

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Mylène Mylène

    Super ce chef d’entreprise ! comme quoi l’engagement est encore une valeur sure dans notre région. d’autant plus important sur des sujets majeurs comme la formation et les jeunes

    Signaler
  2. Marseillais indigné Marseillais indigné

    Pour évaluer sérieusement leur efficacité Il est indispensable que les organismes de formation financés avec des deniers publics soient inspectés fréquemment tant sur le plan pédagogique que comptable L’image de certains de ces organismes,est souvent dévalorisée , chez les jeunes en difficulté, qui vont de stage en stage sans obtenir un emploi au bout du compte

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire