« Hier encore, je me shootais entre deux voitures »

Reportage
le 24 Avr 2023
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Stigmatisés, invisibilisés... Dans le cadre d'un partenariat avec Mediavivant, Marsactu est allé à la rencontre des usagers de drogues les plus précaires dans les rues de Marseille. Quatre d'entre eux ont accepté de raconter leur quotidien fait de débrouilles et de prise de risques. Reportage en sons et en images.

Pierre et son chien, Crapule. Photo : Geneviève Mitry.
Pierre et son chien, Crapule. Photo : Geneviève Mitry.

Pierre et son chien, Crapule. Photo : Geneviève Mitry.

10 heures, devant la gare Saint-Charles, voyageurs et travailleurs s'accordent une pause café. À quelques pas de là, dans une ruelle peu fréquentée, c'est une autre substance que l'on vient chercher. Le bus méthadone, du nom de ce produit de substitution à certaines drogues, vient à peine d'arriver que déjà un petit attroupement se crée, dans le calme. Sous le soleil nouveau de ce mois d'avril, on se salue, on discute, on entre et on sort du véhicule sans faire de vagues. Le bus méthadone circule dans le coin depuis de nombreuses années. Mis en place par Médecins du monde dans les années 1990, les années Sida, il est désormais géré par une émanation de cette association, nommée Bus 31/32.

Deux fois par semaine, une partie de cette équipe composée de personnel médical mais aussi de travailleurs sociaux, prend le volant de la camionnette chargée en produit de substitution, seringues, compresses, gel hydroalcoolique, préservatifs... En bref, tout l'arsenal de la réduction des risques liés à la consommation de drogue. Le véhicule se rend dans des lieux fréquentés par les usagers, en centre-ville ou plus au nord. La discrétion étant de rigueur.

"Sur place, les gens nous attendent souvent. On note qui est là, on a une liste des gens qui font partie du programme méthadone, ou on délivre juste du matériel. On peut discuter et maintenir le lien avec des personnes très éloignées du soin et du droit commun. C’est un peu triste parce que souvent, ce n’est qu’un lien chimique", livre Loïc Karouby, éducateur spécialisé. Mais parfois se crée aussi entre associatifs et usagers une réelle confiance. "Ils savent qu'on ne va pas les dénoncer, ni les juger."

Note de la rédaction : les témoignages sonores peuvent parfois contenir des propos et des . . .

Les coulisses de Marsactu
Ce reportage a été réalisé dans le cadre de l'enquête "Marseille en manque de salle de shoot : quand la ville ignore ses toxicomanes", présentée sur scène dans le cadre du Mediavivant par Violette Artaud le 12 avril 2023. La captation vidéo est à retrouver ici.
Violette Artaud

Commentaires

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4 commentaires


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  1. Pussaloreille

    Merci pour ce reportage bouleversant et respect à ces courageux témoins. Grâce à leurs propos, on comprend beaucoup de choses de l’intérêt d’ouvrir ces salles.

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  2. Patafanari

    « Hier encore, je me garais entre deux camés ».
    Étonnant de n’avoir toujours pas trouvé de lieux pour ces pauvres gens alors que les locaux vides sont de plus en plus nombreux dans le centre-ville.

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  3. KateMoore

    En effet, il faut l’ouvrir cette salle de shoot, cette année.
    Mais elle doit être pérenne donc à St Charles, cela ne me paraît pas le bon endroit.

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