Harry, migrant mort au Petit-Séminaire et symbole de la lenteur des pouvoirs publics
À chaque étage du bâtiment E du Petit Séminaire (13e), des traces de feu de bois sont présentes. (Photo SL)
Une dizaine d'hommes échangent en anglais au pied de la cité du Petit-Séminaire (13e) ce mardi 28 décembre. La majorité d'entre eux viennent du Nigéria mais certains sont ghanéens ou gambiens. Tous sont dans l'attente de la régularisation de leurs situations. Ils vivent dans les bâtiments D et E, devenus des squats en état de délabrement, en attendant de pouvoir trouver un hébergement d'urgence.
Certaines fenêtres sont murées et à leurs pieds, une montagne de détritus dégouline. Juste à côté, ils ont installé un canapé et un baril dans lequel ils font brûler du bois pour se réchauffer en cette saison d'hiver. Mardi 21 décembre, ils ont retrouvé l'un de leurs colocataires Harry* mort, asphyxié au dioxyde de carbone (CO2) dans son lit. Contactée par Marsactu, Dominique Laurens, procureure de Marseille a confirmé cette information et indiqué qu'une enquête avait été ouverte pour déterminer les causes du décès.
"On l'appelait Papa"
Harry, âgé de 48 ans, venait du Nigéria. Après un passage en Italie, où sa femme est restée, l'homme est arrivé en France, à Marseille plus précisément. Il vivait aux Flamants et a rejoint le squat du Petit-Séminaire en septembre, après l'incendie du tripode de la cité dégradée du 14ème arrondissement. Un incendie qui a causé la mort de trois personnes le 17 juillet dernier. "Il était le plus âgé d'entre nous alors on l'appelait Papa, se rappelle Vincent, un homme venu du Nigéria également. Il était tout le temps heureux et très bien éduqué", poursuit-il en anglais. D'après des travailleurs sociaux qui l'ont rencontré, sa demande d'asile était en cours de réexamen. En théorie, il pouvait donc rester en . . .
Juste une remarque scientifique c’est surtout le monoxyde de carbone, le CO qui tue dans ce genre de situation :
1 % de CO dans l’air respiré vous tue en 5 minutes, 0,05 % de CO vous tue dans la nuit
Lors d’une combustion de carbone ou d’hydrocarbure (Barbecue, chauffage au charbon, au bois, au gaz, à l’alcool, à l’essence) dans une pièce fermée, au bout de quelques heures, le manque d’oxygène fait qu’au lieu de produire du CO2 la combustion commence à produire de plus en plus de CO et, en l’absence de raccordement à une cheminée l’évacuation des gaz brulés se fait dans la pièce et cela tue les occupants
D’où l’importance de ne pas boucher les entrées d’air comme on le fait parfois en pensant que l’air qui entre refroidit la pièce.
Le même phénomène se produit avec un véhicule enfermé dans un garage, la combustion de l’essence produit du CO (bien plus qu’un chauffage) et ceci d’autant plus que l’oxygène se fait rare.
Mais même avec un poêle à évacuation extérieur et sans manque d’oxygène, plus la température est élevée plus la combustion du carbone produit du CO (à environ 1100° on ne produit quasiment que ça, c’est utilisé en sidérurgie)
Donc, c’est plus rare mais possible, un petit braséro surchauffé, (dont les parois sont quasiment portées au rouge) produit en son sein du CO et, ce que l’on sait moins, c’est que le CO à la capacité de traverser les parois de métal surchauffé et de se répandre dans la pièce. Donc même avec une cheminée un chauffage mal réglé peut tuer.
En Europe, le CO est responsable de plusieurs centaines de morts chaque année. Beaucoup plus au nord qu’au sud pour des raisons climatiques. Majoritairement ce sont des gens très pauvres.
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