La métropole se ramasse une grève des poubelles

Actualité
le 24 Mar 2017
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Depuis lundi soir, le ramassage des ordures ménagères est effectué de manière aléatoire dans le centre-ville de Marseille, suite à un préavis de grève reconductible de la CGT. Pénible ? Les agents réclament justement la prise en compte de la pénibilité de leurs conditions de travail. "Un mouvement très minoritaire", balaye leur employeur, la métropole, qui assure avoir déjà pris en compte le problème.

(image d'archives, Esther Griffe)

(image d'archives, Esther Griffe)

Ceci n’est pas un happening, ni une tentative de scénographie originale dans le cadre de l’exposition Vie d’ordures du Mucem. Depuis lundi soir, le ramassage des poubelles est assuré de manière aléatoire dans le grand centre-ville de Marseille, suite à une grève d’une partie du personnel de la métropole. Déposé par la CGT, le préavis coïncidait au départ avec la journée d’action nationale du 21 mars, mais avec un caractère reconductible et sur des revendications spécifiques.

Après une première réunion vendredi, en amont du mouvement, « nous avons envoyé des éclaircissements mercredi à la direction en demandant un nouveau rendez-vous », précise Dominique Maccari, membre du bureau de la CGT métropole. « Depuis le 17, nous n’avons pas eu une seule demande », conteste Monique Cordier, vice-présidente du conseil de territoire Marseille Provence déléguée à cette question.

Des mini-bennes pour écoper

Dans un communiqué publié ce jeudi soir, l’institution oppose de toute manière une fin de non recevoir à cette « poignée d’agents » : « La métropole Aix-Marseille-Provence regrette qu’un mouvement très minoritaire impacte les efforts des équipes présentes sur le terrain, qui se sont particulièrement mobilisées afin d’éviter une aggravation de la situation pour les habitants du centre-ville de Marseille. Des petits engins de collecte et des bennes supplémentaires ont ainsi été déployés pour pallier l’absence des 15 véhicules bloqués. »

Si l’on en croit la syndicaliste, la métropole aurait plus précisément fait appel à des sociétés privées, ce dont nous n’avons pas pu obtenir confirmation. « Une entrave au droit de grève », s’insurge-t-elle, ajoutant avoir « interpellé le préfet ».

Outre le cas particulier de « sanctions suite au droit de retrait des agents, exercé lors de l’agression de l’un des leurs ayant entraîné une ITT de 3 jours », le préavis brasse plusieurs points relatifs aux conditions de travail et de rémunération. Dominique Maccari insiste sur la quasi absence de compensation du travail du dimanche, « 74 centimes, non pas par heure, mais par dimanche travaillé ! »

« C’est une question de cycles, on gomme le fait qu’il y a en compensation une réduction annuelle du temps de travail. On ne peut pas avoir et la prime et la réduction », rétorque Monique Cordier.

L’épouvantail du fini-parti

Mais c’est surtout sur « le retour inacceptable du fini-parti », mentionné dans les revendications, que se focalise la riposte de l’institution, pour mieux balayer l’ensemble. En 2014, la cour administrative d’appel avait jugé ce système illégal, obligeant le président de la communauté urbaine Guy Teissier (LR) à revoir (en douceur) l’organisation des tournées de collecte dans le cadre du « contrat local de propreté ».

« Ce n’était pas très judicieux comme formulation, tente de rattraper Dominique Maccari. Le fini-parti n’est pas bon au niveau de la sécurité des agents, de nombreuses études l’ont montré. Par contre, nous portons l’idée d’une réduction du temps de travail par rapport à la pénibilité. » À la lumière de cette pénibilité du métier, la syndicaliste invite ainsi à mettre fin « aux modulations de prime en fonction des arrêts de travail », et à « réfléchir à la prévision des postes de reclassement, avec des formations pour que les agents puissent continuer à évoluer ». De son côté, Monique Cordier estime que « la pénibilité a déjà été prise en compte au moment du contrat local de propreté. Tout a été fait en négociation avec les syndicats. Je ne comprends pas pourquoi on ressort cela. »

Concentré autour du garage de la Cabucelle, qui assure la collecte des 1er, 4e, 5e, 6e et 7e arrondissements et dont 17 des 30 bennes ont été bloquées dans la nuit de mardi à mercredi, le mouvement tâche d’essaimer à celui de Rabatau (8e, 9e, 10e, 11e et 12e). Et ce malgré l’implantation limitée de la CGT auprès des personnels de la collecte. Nous n’avons pas réussi à joindre la FSU, autre membre de l’intersyndicale de la métropole davantage représenté dans ce secteur, de même que des responsables de Force ouvrière, syndicat dominant. Ce conflit sera en tout cas scruté par les agents des cinq autres territoires de la métropole, qui ont pour l’heure chacun conservé leur statut précédent.

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Commentaires

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  1. LaPlaine _ LaPlaine _

    Quand on lit le cahier de « doléances » de ces personnels on se demande si nous vivons dans le même territoire et la même réalité économique et sociale. On peut synthétiser cela sous la forme de « donnez-nous l’argent et on va organiser notre mode de fonctionnement au travail en fonction de nos points de vue (arrêts maladie, hiérarchie, tournées, etc) » Hallucinant.

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    • chouze chouze

      Effectivement cela pose problème.

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  2. toine toine

    Ne rien lâcher face à ces revendications d’un autre monde!
    S’ils ne sont pas content de leur conditions de travail ô combien avantageuses et aménageables selon leurs humeurs du jour, qu’ils se barrent et laissent leur place à des gens qui sont là pour bosser et rendre leur ville (un tantinet) propre!

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    • Happy Happy

      Leur place, vous la voulez ?
      Malgré les travers de la cogestion à la marseillaise et les abus que cela peut favoriser, je pense que ramasser des poubelles derrière un camion restera toujours un métier pénible que peu de gens envient. Cela justifie peut-être un peu de retenue dans les jugements et les invectives contre les personnes. Ce qui n’empêche pas de critiquer un système.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Et ceux qui travaillent à la chaîne ou chez un artisan, dans la restauration, la distribution? Arrêtons de laisser croire certaines choses. A un moment donné il faut avoir un discours de vérité et de réalité.

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  3. corsaire vert corsaire vert

    Je vous signale quand même que la CGT dénonce le système du fini-parti quant au danger que cela représente sur la sécurité et la pénibilité de la tâche … bien lire les revendications c’est important …
    Posez vous la question plutôt sur le rôle de FO majoritaire dont c’est le cheval de bataille électoral , soutenu en cela par les élus et un jugement bien tiède !!!
    Tant que ce système sera en place, Marseille restera une ville sinistrée en matière de propreté .

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      On est bien d’accord sur ces points. Ce qui est intéressant, c’est la position de FO qui compte les points sur ce coup-là et qui reviendra à la charge pour d’autres revendications un peu plus tard dans la saison. Tout cela au détriment des finances publiques, de la qualité du travail, du quotidien des marseillais. Tout cela est effectivement d’un autre âge et assez pitoyable pour dire vrai. Mais avec les ces élus, la situation n’est pas surprenante.

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  4. patrick patrick

    un mécénat en lien avec l’expo du mucem ?

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  5. patrick patrick

    …l’organisation des tournées de collecte dans le cadre du « contrat local de propreté »…
    Je rêve ! cette ville aurait un contrat de propreté mais uniquement »local » ou cas ou faire du global à marseille serait trop compliqué

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Le « local » étant la ville de marseille. A moins que l’on parle du local de la CGT…

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  6. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Pourtant très souvent en ligne avec la CGT, je m’étonne un tantinet de certaines des revendications figurant sur le tract publié par Marsactu. « Suppression de la clause d’absentéisme pour les primes » : que cherche-t-on à encourager ainsi ? « Remise en place du fini-parti » : ailleurs, certains éboueurs CGT ont compris que cette organisation du travail est toxique pour leur santé (http://www.sante-et-travail.fr/un-collectif-d-eboueurs-cgt-sur-les-conditions-de-travail_fr_art_1185_62089.html) ; ils devraient en parler à leurs collègues marseillais.

    Enfin, la revendication « Etc., Etc. » me paraît difficile à satisfaire… 😉

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