À la fédération des chasseurs, la reprise en main ordonnée par la justice a démarré

Actualité
le 20 Avr 2018
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L'administrateur provisoire nommé par la justice pour mettre fin aux "graves dysfonctionnements" de la fédération des chasseurs des Bouches-du-Rhône a commencé par mettre les choses au clair : il n'y a plus de conseil d'administration qui vaille et l'assemblée générale n'aura pas lieu dimanche. Une manière de déminer face aux tentatives des anciens dirigeants de conserver les manettes.

Les 21 000 chasseurs des Bouches-du-Rhône et leur nouveau patron apprennent à se connaître. Le 10 avril, la justice nommait Frédéric Avazeri en tant qu’administrateur provisoire de la fédération départementale, face à “la preuve de graves dysfonctionnements et errements mettant en péril le fonctionnement normal de l’association”. Le nouveau patron a donc commencé par établir le contact via un avis paru dans La Marseillaise, mercredi 18 avril. D’emblée, les choses sont posées : la première de ses missions est de “gérer et diriger l’association”. Une tâche qu’il exercera seul, sans président ni conseil d’administration. Récit d’une reprise en main feutrée.

Pendant plus de six ans, la fédération, la 8e de France et qui gère un budget de plusieurs millions d’euros, a accumulé les affaires et les tensions régulièrement chroniquées par Marsactu (notre dossier est ici). Au cœur de ce feuilleton, l’ancien président Jo Condé, reconverti secrétaire général après une condamnation pour corruption en 2011, puis simple technicien après une seconde condamnation, cette fois-ci pour destruction d’espèce protégée et subornation de témoins en 2017. Avec Jean-Marie Rimez, qui lui a succédé pendant plusieurs années avant d’être lui aussi écarté par la justice, ils ont réussi à maintenir leur influence contre vents et marées. En 2015, ils ont même échappé à une procédure de mise sous tutelle enclenchée par la préfecture.

“Interprétation juridique”

Le 10 avril, dès le rendu de la décision, c’est donc un coup de clairon que sonnait Alexis Allione, ex-président éjecté en août 2017, à l’origine de la procédure aux côtés du comité de défense des chasseurs (CDC 13) : “Il n’y a pas de président à la fédération. C’est l’administrateur judiciaire qui prendra en charge le ​fonctionnement de notre fédération”, annonçait-il aux présidents des sociétés de chasse du département.

C’était sans compter sur la persévérance de l’équipe en place. “Le CDC 13 et monsieur Allione ont une nouvelle fois fait une interprétation juridique pour laquelle ils n’ont aucune compétence et dont le seul but est de vous tromper”, a rétorqué lundi le supposé président Bernard Mollar, dans un mail dont Marsactu a obtenu copie. Comme si de rien n’était, le conseil d’administration avait d’ailleurs prévu de se réunir ce jeudi, avant de renoncer face à une alerte des services de l’État sur l’absence de base légale de la convocation.

L’enjeu de l’AG

Mais l’enjeu principal de cette semaine floue était la tenue ou non du grand événement prévu le 22 avril à Ensuès-la-Redonne : l’assemblée générale de la fédération, qui réunit chaque année plusieurs centaines d’adhérents. Confirmé dans son mail par Bernard Mollar, le rendez-vous visait à “avoir un soutien de la part du maximum de présidents de sociétés de chasse pour peser”, estime Alexis Allione. Dans son avis, Frédéric Avazeri siffle la fin de la partie : “La réunion du conseil d’administration prévue le 19 avril 2018 et l’assemblée générale prévue le 22 avril 2018 n’auront pas lieu”.

Ce modeste déminage de l’assemblée générale opéré, Frédéric Avazeri va donc devoir s’atteler au reste de ses missions. Notamment celle de “prendre toutes les mesures nécessaires à restaurer un fonctionnement normal de l’association”. En tête de ses doléances, les opposants du CDC 13, qui le rencontraient ce jeudi, ont inscrit l’annulation des recrutements de Jo Condé et Jean-Marie Rimez. Au chapitre ressources humaines, l’apaisement des tensions devrait permettre aux cinq salariés en arrêt de travail de reprendre le chemin de la fédération. “Vous imaginez bien que les salariés en accident de travail ne peuvent pas reprendre : leur bourreau vient d’être embauché”, commentait il y a un an un ancien agent.

Les menaces de mort proférées dans le cadre de l’affaire du héron avait un poids particulier : en 2012, Charles Pecoraro, un opposant aujourd’hui membre du CDC 13, avait été agressé au marteau. Le responsable avait été identifié et condamné mais l’hypothèse d’un commanditaire n’avait pas pu être confirmée. Le CDC 13 pose également la question de la réintégration de trois agents, licenciés pendant la crise. Les six mois laissés à l’administrateur provisoire par le tribunal ne seront pas de trop.

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