Étang de Berre : « Tout ce qui se trouve sous deux mètres de profondeur a vraiment été rasé »

Interview
le 5 Sep 2019
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Le Gipreb, syndicat mixte de surveillance de l'étang de Berre, a décidé de s'en remettre à la justice. Après avoir porté plainte contre l'État pour son inaction face à une dégradation écologique du milieu, il a demandé qu'un expert judiciaire étudie la situation. Entretien avec son directeur.

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Pour la première fois, la justice se penche scientifiquement sur l'étang de Berre : un expert judiciaire a été mandaté par le tribunal administratif de Marseille pour étudier différents indicateurs relatifs à l'état écologique de l'étang. L'été dernier, une importante crise d'anoxie (manque d'oxygène) a entraîné, entre autres, une forte surmortalité de certaines espèces. Si les conditions météorologiques sont en partie responsables, l'action de l'homme a indéniablement eu un effet sur le phénomène.

Pourtant, cet été, un rapport du ministère de l'écologie reposait la question de l’intérêt de mettre en place des mesures pour sauvegarder le second plus grand étang salé d'Europe. Dans la foulée, le Gipreb, syndicat mixte qui rassemble les communes du pourtour du l'étang de Berre a porté plainte auprès de la Commission européenne pour protester contre l'inaction de l'État. Le Gipreb a également demandé que la justice administrative française mandate un expert. Ce qui a donc été fait fin juillet.

L'expert judiciaire ainsi nommé doit réaliser une étude conjointe avec les différentes parties prenantes : l'État, le Gipreb et EDF, dont la centrale hydraulique peut, selon les années, rejeter un volume d'eau douce équivalent à sept fois celui de l'étang. L'étude doit brosser trois domaines : les zostères (herbiers aquatiques marins), la qualité de l'eau et la macrofaune benthique (ensemble des organismes aquatiques d'une certaine taille vivant dans le fond). Les conclusions de cette étude devraient être connues ce trimestre, mais les premiers résultats sont déjà parlants. Raphael Grisel, directeur du syndicat mixte, revient pour Marsactu sur la situation écologique de l'étang, qui dépend désormais selon lui, de décisions politiques.

Pour commencer, revenons sur les premières expertises menées par la justice. L'expert judiciaire doit étudier trois indicateurs. L'un concerne les zost . . .

Violette Artaud

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