Du provençal dans le métro ?

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le 30 Oct 2010
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Cet article fait partie du dossier « la face cachée du provençal », cliquez ici pour le consulter en intégralité.

Voilà un an que le métro toulousain parle occitan. L’initiative de Tisséo (La RTM locale) a suscité de nombreux débats et l’indignation de certains, qui voient là une dépense superflu, un archaïsme ou quelque chose de ridicule. Il est vrai qu’à prime abord, cette voix surprend : elle se limite à répéter le nom des stations après la voix française, ce qui maintien l’occitan dans une posture folklorique: « prochain arrêt Pied d’oie…Pé d’Auco » au lieu de jouer un rôle pleinement informatif en répétant également « prochain arrêt ». Ajoutez à ça qu’à Toulouse, on annonce les stations deux fois, et que la voix occitane semble enregistrée plus forte… ça finit par en exaspérer certains ! « L’exemple type de ce qu’il ne faut pas faire » selon Jean-Pierre Richard, président du Collectif Prouvènço, qui signale le rejet de la population locale et la pétition ayant rassemblé plusieurs milliers de personnes sur Facebook.

Pour Michel Neumuller, vice-président de l’AELOC (Association pour l’Enseignement de la Langue d’Oc), « il ne sert à rien de l’imposer, il faut proposer la langue intelligemment et il y a fort à parier que passé le premier étonnement de gens qui n’entendent jamais de provençal, l’habitude le leur fait adopter.

Jean-Marc Courbet, baile du Félibrige, évoque l’opposition des partisans de la République Une et Indivisible, il regrette que l’on « oppose la langue d’Oc au français, nous ne sommes pas contre le français qui est et restera la langue véhiculaire, nous demandons juste un espace de liberté, ce qui n’est pas criminel dans un pays démocratique ».

Pour les responsables que nous avons interrogé, défendre la langue relève d’une sorte d’écologie culturelle. M.Courbet rappelle : « c’est un patrimoine qui mérite un entretien, la situation dans laquelle on laisse la langue d’Oc reviendrait à laisser se détériorer le Palais des Papes sans rien faire »…et on pourrait ajouter, à taxer d’arriérés ou passéistes ceux qui le restaureraient.

Ce genre d’initiatives reste pour l’instant marginale et teintée de folklore car elle ne participe pas d’un mouvement général qui inclurait une réforme de l’enseignement, la promotion auprès des adultes, l’officialisation de la langue dans l’administration… Mais ceci supposerait un large débat avec la population toulousaine et la détermination des acteurs politiques locaux.

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