Les dossiers chauds du conseil municipal du 12 février 2018

Actualité
Rédaction de Marsactu
12 Fév 2018 6

Menu allégée pour ce conseil municipal de rentrée avec une petite centaine de rapports à l'ordre du jour. L'actualité chargée devrait nourrir les débats. Marsactu a tout de même dégoté quelques dossiers chauds.

L’ordre du jour est maigre mais l’actualité chargée. Depuis décembre où les rapports étaient nombreux, le premier adjoint Dominique Tian a été condamné à un an de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et une amende de 1 450 000 euros pour “blanchiment de fraude fiscale” et d’“omission dans sa déclaration de patrimoine”. La Ville a reçu la visite d’une escouade de gendarmes qui souhaitait éplucher quelques dossiers de la direction du personnel. Et le préfet a rejeté une délibération maintenant à 1567 heures la durée annuelle du temps de travail des agents. Voilà de quoi nourrir ardemment les saillies de l’opposition.

Mais, dès jeudi, Benoît Payan a prévenu, il ne portera pas le sujet de la démission du premier adjoint sur la scène du conseil municipal : “Je serais à sa place, je démissionnerais. Mais c’est sa responsabilité et celle du maire. Ce n’est pas à moi de le demander.” De la même façon, il ne reviendra pas sur les horaires des agents et l’enquête du parquet national financier. “J’ai déjà abordé cette question de la réforme du temps de travail en décembre sans que cela ait beaucoup d’écho dans la presse, remarque le président du groupe socialiste. Je demandais à ce que la réforme des cycles de travail donne lieu à une réelle concertation avec toutes les organisations syndicales au profit des Marseillais”. En revanche, il n’est pas question d’accabler “l’immensité des agents qui cherchent à faire leur travail dans une administration qui souffre d’un vrai problème de management”.

Dans le camp majoritaire, le président du groupe Yves Moraine est sur le même registre protecteur : “Je ne commenterai pas les actions en cours. La justice fait son travail. S’il y a des gens qui ont fauté, qu’ils soient punis mais je ne supporte pas que l’on transforme en bouc émissaires le personnel municipal, et notamment les plus modestes”. Si le maire du 6/8 monte volontiers au créneau sur ce thème et sans même savoir sur quel périmètre exact porte l’enquête du parquet national financier, c’est qu’il craint de voir partir des flèches populistes depuis l’extrême-droite de l’hémicycle. En attendant ce débat qui n’aura peut-être pas lieu, Marsactu a dégotté quelques dossiers chauds dans un ordre du jour peu garni dont le traditionnel rapport d’orientations budgétaires.

Les dotations de l’État repartent à la hausse

Chaque année, le rapport d’orientations budgétaires ébauche les grandes masses financières en même temps qu’il catalogue les politiques publiques menées, qu’elles soient récurrentes ou ponctuelles. Au chapitre de l’état des finances, le rapport se fait tout en nuances : celui-ci “devrait bénéficier d’une évolution plus positive en 2018 du fait d’un contexte qui, bien que toujours contraint, sera un peu moins tendu”, prévoit-il.

L’édition présentée ce lundi marque pourtant un tournant notable : après quatre années où les coupes budgétaires se sont accumulées, au nom de la contribution des collectivités à la réduction du déficit public, la dotation de base de l’État va se stabiliser. En prenant en compte diverses dotations de solidarité, la Ville devrait même recevoir 4,5 millions d’euros de plus cette année.

Côté fiscalité, le choix gouvernemental d’exonérer progressivement 80 % des ménages de la taxe d’habitation, qui ôtera à terme 178 millions d’euros de recette par an à la Ville, est pour l’instant pleinement compensé. En parallèle, la hausse mécanique des recettes doit apporter 6,4 millions d’euros.

Au final, la progression des dépenses courantes étant limitée (sous l’effet notamment de la fin des activités périscolaires à partir de la rentrée de septembre), la Ville devrait trouver 25 millions d’euros supplémentaires dans ses caisses à consacrer aux investissements. Comme elle a prévu de réduire légèrement la voilure par rapport à 2017, ces marges seront consacrées à l’accélération du désendettement (-72 millions d’euros).

Le coup de main aux commerces du Sud

Le maire des 6e et 8e arrondissements Yves Moraine (LR) ne le cache pas : l’un des grands gagnants de l’extension de la zone touristique proposée ce lundi, qui permettra aux commerces d’ouvrir le dimanche toute l’année, sera le nouveau centre Prado. “Ce centre commercial, ou on le refusait, ou on l’acceptait. Mais à partir du moment où on a dit oui, on lui donne les moyens de réussir”, justifie-t-il. En attendant la décision du préfet, à qui il revient de jauger cette demande, une partie de l’opposition devrait joindre sa voix à celle de Nicole Richard-Verspieren, vice-présidente de la chambre de commerce. Pour elle, “ce n’est absolument pas le moment”, à l’heure où les collectivités affichent leur ambition pour le centre-ville [Lire notre article paru jeudi].

Le coût de la restauration des Réformés grimpe en flèche

En février 2014, la chute d’un bloc de pierre attirait l’attention sur l’état de l’église des Réformés, bâtie au XIXe siècle en haut de la Canebière. Depuis, les diagnostics se sont enchaînés, l’édifice a été classé monument historique et la facture a vite grimpé. La toiture, les flèches, les pinacles, les chéneaux, la façade, les vitraux : les fragilités sont multiples et parfois lourdes et aux travaux d’urgence devra succéder une restauration plus pérenne. Le bilan, on l’espère définitif, présente un budget global de 18 millions d’euros, là où les dernières estimations tablaient sur un peu plus de 10 millions. Le conseil départemental prendra en charge les deux tiers de cette somme et l’État un peu plus d’1 %.

Adieu Fétouche

Elle l’avait annoncé, promis, bientôt on connaîtrait le premier commerce dont le fonds commercial a été préempté par la Ville au nom de l’opération Ambition centre-ville. Cette préemption est proposée au vote lors de ce conseil. La surface modeste et le caractère peu emblématique du commerce risque de provoquer quelques ricanements sur les bancs de l’opposition.

En effet, au 150 de la Canebière, le snack Fétouche a longtemps eu les falafels comme spécialités. Les plus observateurs se souviendront peut-être de la devanture orange de l’établissement. La Ville ne se ruine pas pour acquérir ce snack puisqu’il lui en coûte 45 000 euros dont 70% est couvert par une subvention départementale.

Picasso renforce la sécurité de la Vieille charité

Jean-Claude Gaudin n’a pas aimé le vol d’une stèle antique dans le musée du Panier. La réunion des musées de France a également dû sourciller en voyant passer ce malheureux fait-divers. En effet, en cette semaine d’ouverture de l’exposition Picasso, la Ville vote une délibération qui vise au renforcement de la sécurité de la Vieille-Charité. Le programme déjà voté de 200 000 euros est donc augmenté de 80 000 euros afin de renforcer “les dispositifs de contrôle et de surveillance”.

Les caméras seront remplacées et reliées au centre de supervision urbaine. Le musée sera également équipé de portique de détection. En septembre, le voleur avait décroché une stèle égyptienne du clou qui la fixait et était sorti sans autre manière et sans qu’aucun système de sécurité ou caméra n’alerte les agents de surveillance.

Benoît Gilles et Julien Vinzent

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