Dans le camp Macron, une “satisfaction” mesurée avant la bataille des législatives

Reportage
par Suzanne Leenhardt & Marie Lagache
le 25 Avr 2022
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Joie modérée chez les marcheurs, morne soirée au RN... Marsactu a passé la soirée dans les QG marseillais des candidats où les regards se tournent déjà vers les législatives.

Euphorie à l'annonce des résultats au QG de LREM le soir du second tour. (Photo : Emilio Guzman)

Euphorie à l'annonce des résultats au QG de LREM le soir du second tour. (Photo : Emilio Guzman)

À 20 heures passées, Christine et Alain Sportouch savourent plus sereinement leur second verre. “Ça y est, on est soulagés !“, soufflent ces deux militants marseillais de La République en marche (LREM). Les premiers résultats viennent de tomber : Emmanuel Macron obtient 57,6 % des voix. “On avait un peu une appréhension de l’accident”, concède le couple originaire du 14e arrondissement. Avec d’autres militants et une dizaine d’élus, ils se sont retrouvés au Mundart, une brasserie du 2e arrondissement, pour suivre le résultat du second tour de l’élection présidentielle, ce dimanche 24 avril. Les sourires et les accolades ponctuent la soirée et à l’annonce du score final, c’est l’explosion.

Et 1, et 2 et 5 ans de plus !“, entonnent comme pendant la campagne les jeunes militants devant le rétroprojecteur. “C’est une satisfaction, il a su rassembler son camp. Ce soir c’est la victoire de l’optimisme !“, réagit Jean-Pierre Serrus, vice-président aux transports à la région et maire de La Roque d’Anthéron. “On était confiants dans notre programme, les actions d’Emmanuel Macron ce n’est pas que du blabla“, assure quant à elle Estelle Faure, représentante des Jeunes avec Macron à Marseille. Mais la joie partagée ne cache pas les inquiétudes face au score toujours plus haut du Rassemblement National. “Je n’oublie pas le taux d’abstention et le résultat de l’extrême-droite, c’est un avertissement”, ajoute Jean-Pierre Serrus. “Je suis entré en politique avec la mort d’Ibrahim Ali. Voir encore Marine Le Pen au second tour, ça fait mal”, commente à son tour Saïd Ahamada, député de la 7e circonscription. Soulagé lui aussi, il sent toutefois que “la période de grâce va être courte” et qu’il “va falloir faire vite”. La candidate d’extrême droite, si elle n’est pas en tête à Marseille, a remporté 80 communes sur 119 dans le département.

Au RN, les militants se comptent sur les doigts de la main

L’ambiance est radicalement différente au siège départemental du Rassemblement national près de la place Castellane. Le rideau de fer n’est pas levé. Pour cause : la devanture du local a été cassée et taguée “par des antifas”, nous dit-on, dans l’entre-deux-tours. Un coup de peinture blanche plus tard, les inscriptions ont disparu des murs du 9, rue Louis Maurel, mais la vigilance reste de mise.

Au premier tour, la presse n’était pas autorisée à entrer dans le quartier général du parti pour l’annonce des résultats. Cette fois, Marsactu, seul média présent, est admis à l’intérieur. Il n’y a pas foule. Louis Grégoire, chargé de la presse pour la fédération RN 13, est le seul présent pour nous répondre. Outre les agents de sécurité, les militants ayant fait le déplacement pour regarder TF1 autour d’une bière à 20 heures se comptent sur les doigts de la main. Les premières estimations sont déjà tombées et personne ne se fait d’illusion. Quand les résultats s’affichent sur l’écran télévisé, peu de réactions. “On est forcément un peu déçus, commente Louis Grégoire. Mais en même temps l’ensemble du système, les politiques mais aussi les artistes ou la presse, se sont mobilisés contre la méchante Marine Le Pen“. À 20 h 03, les jeux sont faits et nous voilà invités à quitter le local. Les cadres n’arriveront pas avant 22 h 30.

Le regard vers les législatives

Au même moment, les militants insoumis ont eux aussi leur soirée électorale dans leur local proche de la rue de la République. Ils n’ont qu’une idée en tête : jouer la revanche aux législatives et porter Jean-Luc Mélenchon au poste de Premier ministre. L’Union populaire, le mouvement élargi de soutien à Mélenchon a désigné ses chefs de file. Chacun attend de savoir s’il survivra à un accord avec les autres forces de gauche ou s’il devra laisser sa place aux futurs alliés.

Pour tous ces militants et élus locaux, s’ouvre dès demain cette campagne. Au RN, le conseiller régional Hervé Fabre-Aubrespy abonde : “Nous ne pouvons pas laisser à l’écart des millions de Français et ne les représenter que par sept députés comme c’est le cas aujourd’hui.” De son côté, Antoine Baudino, le coordinateur départemental de Reconquête appelle à des alliances incluant les représentants locaux les plus droitiers de LR.La ligne de conduite donnée par la candidate est qu’il y aura peut-être des candidatures de soutien qui ne sont pas du RN, mais qui partagent la même vision que Marine Le Pen. Ce n’est pas une question d’étiquettes”, temporise Hervé Fabre-Aubrespy.

Des militants LREM et la députée Alexandra Louis le soir du second tour. (Photo : Emilio Guzman)

Dans la salle du Mundart, rue de la Joliette, l’excitation flottante de la victoire ne masque pas davantage ces futures échéances politiques. Les élus devront maintenant attendre les investitures LREM pour les législatives de juin. “Ça va être un combat difficile ici”, reconnaît Cathy Racon-Bouzon, députée d’une cinquième circonscription où Mélenchon a fait un gros score au premier tour. Se pose déjà la question de l’intégration des transfuges de la droite locale. Lionel Royer-Perreaut, maire du 9e et 10e arrondissements, est de ceux-là. Présent dès 19 heures, il reconnaît que le territoire où il est élu est “ancré à droite” mais “Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour. Nous verrons bien.” Son camp, comme les autres, ont encore une quinzaine de jours afin de se mettre en ordre de marche pour les 12 et 19 juin.

(avec Jean-Marie Leforestier)

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Suzanne Leenhardt
Marie Lagache

Commentaires

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  1. Richard Mouren Richard Mouren

    Et qui est au premier rang sur la photo chez les marcheurs? Et qui est déjà en place pour les législatives? Le LR LR-P est devenu un vrai LREM en un clin d’oeil, chapeau l’artiste. Chouette querelle des investitures en perspective .

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    • dechass dechass

      Xx

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  2. BRASILIA8 BRASILIA8

    Mais LR-P n’affiche pas un grand enthousiasme d’autan que dans son secteur Macron est battu alors même avec l’investiture des marcheurs rien n’est gagné pour lui.

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  3. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    J’espère que tout ce beau monde n’a pas de pbs de fin de mois?
    Pourquoi les Français ne sont pas partageux ???
    Les pauvres courberont encore la tête, regardant les nantis, en serrant les poings. Les temps sont bien difficiles pour les smigards et autres bancals !!!

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    • Brallaisse Brallaisse

      C’est vrai, en observant certaines mues durant cette fin de semaine d’élection présidentielle nous pouvons constater que quelques situations personnelles et professionnelles se sont améliorées chez les politiques.
      Ainsi, Melanchon vient de substituer son costume de révolutionnaire version maoïste de Courbevoie pour un costume cravate très élégant, en oubliant au passage son épinglette de déporté politique communiste.Manque que l’attaché case.
      Comme vous dîtes,cher Jean Marie Memin, ,les pauvres courberont encore la tête regardant les nantis en serrant les poings.

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  4. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Je n’avais pas regardé d’assez près la photo. C’est vrai que la plupart de nos élus ex-gaudinistes sont de vrais “men in black” : ils pensent que changer d’étiquette politique leur suffira pour “flashouiller” l’électorat et lui faire oublier instantanément leur bilan d’un quart de siècle. Ils pourront ainsi se présenter en habits tout neufs. Et parmi eux, je n’oublie évidemment pas les “women in black”, qui excellent aussi dans l’illusionnisme.

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    • Brallaisse Brallaisse

      On peut dire ce que l’on veut ,mais Macron a quand même des dons de dompteurs. Vous prenez les anciens gaudinistes , encartés LR et autres, qui tous avaient des facilités pour le cirage de pompes, avec les mêmes,il leur fait lever la papatte de concert.

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