[C’est mon data] Où sont les 22 000 hectares de terres agricoles bétonnées depuis 25 ans ?

Décryptage
le 17 Jan 2019
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Goulûment dans les années 1990, plus modérément depuis les années 2000, la ville grignote les terres agricoles. À l'occasion de notre débat au théâtre de l'Œuvre, Marsactu vous propose un voyage cartographique dans le temps.

Prenez une carte de Marseille. Enlevez quand même un petit bout du massif des calanques. Vous avez une idée de la surface de terres agricoles perdues entre 1988 et 2014 dans les Bouches-du-Rhône : environ 220 km² (22 000 hectares) pour 1430 km² restants. Cette estimation est issue des données du centre régional d’information géographique (CRIGE), qui réalise des cartes d’occupation du sol à partir d’images satellite. Cette estimation comprend des limites (voir notre note en fin d’article). Ainsi, l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam) s’en tient, dans une étude très récente, à un chiffrage de plus de 7560 hectares entre 1990 et 2012, espaces naturel compris (voir son commentaire).

Mais au-delà du quantitatif, les données de base permettent surtout de visualiser l’emprise croissante de l’urbanisation, au fil des décennies. L’une des zones les plus emblématiques est la périphérie nord d’Aix-en-Provence, complètement morcelée. Non loin de là, Saint-Cannat offre un exemple massif de l’impact d’un développement pavillonnaire. Sur d’autres territoires comme Roquevaire, Auriol et bien sûr Marseille, les terres agricoles sont réduites à la portion congrue.

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Pensez à passer en plein écran pour une navigation plus confortable. Pour trouver plus rapidement une commune, vous pouvez utiliser le champ de recherche en haut à droite. Attention : les données ne sont pas pertinentes au-delà d’un certain niveau de zoom.

Un examen plus attentif montre cependant que le mal est fait depuis longtemps. En première approche, 90 % de ces terres agricoles bétonnées l’auraient été avant 1999. Ensuite, le rythme s’est ralenti à une centaine d’hectares par an sous plusieurs effets conjoints. Des plans locaux d’urbanisme moins gourmands d’abord, dans la ligne de lois plus exigeantes sur la question de l’étalement urbain. Mais aussi un rééquilibrage vers les espaces naturels : , ces derniers représentaient moins d’un tiers des surfaces grignotées de 1988 à 1999, contre près de 60 % de 2006 à 2014.

Source : Quand la ville s’étale, étude de l’Agam, décembre 2018.

À l’inverse, selon la même étude (voir infographie ci-dessus), on ne « produit » plus la même chose avec ces hectares. Quasi exclusivement tournée vers le logement dans les années 1990, la croissance se fait désormais plus particulièrement au profit de zones industrielles, commerciales ou économiques. Aujourd’hui le futur plan local d’urbanisme intercommunal est soumis à enquête publique. A quel rythme fera-t-il progresser l’urbanisation?

[1] La qualité des images satellite a fortement évolué entre 1988 et 2014 et l’échelle de base du CRIGE s’est donc affinée. Une partie des changements peut venir de là. Par ailleurs, nous avons réalisé nos calculs sur la base de polygones qui pour certains sont à cheval sur deux départements.

Article actualisé le 31 janvier en écho aux commentaires de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise sur la méthodologie d’estimation quantitative des surfaces urbanisées.

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