Des employées d’une maison de retraite licenciées pour s’être opposé à leur direction

SILENCE
Bref
le 19 Déc 2016
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Pour avoir parlé, elles subissent le courroux de leurs dirigeants. Plusieurs employées d’une maison de retraite du 8e arrondissement appartenant au groupe Korian ont été sanctionnées pour avoir interpellé leur direction sur leurs conditions de travail et demandé de meilleures conditions. Une dénonciation qui n’a pas été du goût de la hiérarchie, ainsi que l’écrit La Marseillaise, qui a rencontré les salariées lors d’une conférence de presse.

Ces salariés ont par ailleurs évoqué leur quotidien sur les ondes de France Culture. Dans l’émission documentaire Les Pieds sur Terre, elles ont raconté la surcharge de travail permanente et les conditions générales qui peuvent mener à des situations indignes voire dangereuses. Deux des personnes qui se sont exprimées au micro de France culture ont été licenciées et une troisième explique être « confinée à la maison » mais perçoit toujours son salaire. Ces procédures étaient en cours avant la diffusion de leurs témoignages, précise la réalisatrice Pascale Pascariello. Assistées par la CGT, elles entament une lutte pour retrouver leurs emplois.

Le documentaire radio est à écouter ci-dessous :

Actualisation du 20 décembre à 10h : modification du motif de licenciement des employées, après précisions de la réalisatrice.

Source : La Marseillaise

Commentaires

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  1. Regard Regard

    Un reportage radio terrifiant mais cruellement réel.
    Ma belle mère a été résidente d’une maison de retraite Korian pendant des années.
    Valses des directeurs, encadrement défaillant. Ma femme, infirmière libérale, a dû plusieurs fois intervenir pour demander un minimum de traitement humain de la part des agents qui apparemment étaient tous des agents impliqués.
    Le passage du reportage sur les couches est véridique. Il a fallu menacer pour arriver à remettre en place des couches adaptées et de qualité. Tout ça pour un prix facturé par la maison de retraite de 2700€ par mois. Quand on sait que tous les soins infirmiers sont pris en charge par la sécu, ça fait très cher l’hôtellerie !!!

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Un récit édifiant qui est surtout très éloigné de la belle histoire que le groupe vend aux investisseurs – rappelons qu’il est coté en bourse : « des salariés motivés, engagés et fiers de leur travail », « politique qualité », « personnalisation des offres », « améliorer en continu le quotidien des personnes âgées », etc. (http://www.korian.com/globalassets/new-documents/2016/korian—annual2015–fr-final.pdf)

    Pas de doute, c’est compliqué d’articuler l’humanité et les soins qu’on doit à nos anciens et la recherche du profit qu’on doit à la bourse…

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  3. LN LN

    Nous sommes confrontés à une prise en charge de nos aînés par des groupes financiers qui ont saisis l’importance du marché. Le baby boom est payant, il n’y a qu’à voir le nombre d’établissements à Marseille.
    Il s’agit ici de Korian, mais j’ai vécu une vie similaire en accompagnant mon père à Domus Vi. Mêmes problèmes, mêmes souffrances. 8 directeurs ont défilé en peu de temps. Tous des gestionnaires, souvent très jeunes tenant un discours policé, marketing oblige, chapeautés par un directeur régional aussi gluant et insipide que la charte de la bientraitance affichée à l’entrée. Plein phare sur l’hôtellerie. Le turn over du personnel soignant était éreintant. Leurs conditions de travail étaient similaires à ces témoignages. Qqs enfants, solidaires, avons été vigilants, pour tous les residants. J’ai aidé au mieux les merveilleuses Martine, Farida, Malika, Fathia…. dévouées à l’extrême, exploitées au maximum, avec une conscience professionnelle hors du commun dans ces conditions-là. Il y a eu des réunions, des courriers, des clashes. Ca n’a guère amélioré les choses. On pense à changer d’établissement mais on est piégé par le coût du préavis. C’est perturbant au possible que de fermer la porte de la chambre en espérant que demain, ca ira aussi mieux qu’aujourd’hui. Le décès a tout réglé : la dépendance, le remords, la culpabilité, la souffrance… Je salue le courage de ces personnes et leur exprime mon soutien. C’est pas grand chose, mais la reconnaissance fait aussi partie de leurs doléances. Il devrait y avoir aussi des salaires revalorisés, des formations adaptées, du personnel plus nombreux, un encadrement de qualité et de l’empathie pour tous. Mais, tout ca rapporte peu .

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