Licencié pour des propos sur Facebook, Miloud H. devant les prudhommes

Libertés
Bref
Lisa Castelly
7 avril 2017 1

En mai 2016, Marsactu évoquait le litige qui opposait Miloud H. à son employeur, la mission locale de Salon-de-Provence. Son cas était présenté hier devant le conseil des prudhommes d’Aix-en-Provence, pour demander sa réintégration. Celui-ci s’était vu licencier pour avoir parlé d’Islam et de politique sur sa page Facebook personnelle. Son licenciement était intervenu début décembre 2015, quelques jours après les attentats du 13 novembre et juste avant les élections régionales. Dans un de ses posts, l’intéressé avait critiqué les positions de Christian Estrosi sur l’Islam, candidat LR dont le maire de Salon, Nicolas Isnard, était colistier. Bien que non tenu au devoir de réserve des fonctionnaires, son employeur estimait qu’en tant que personnel détaché auprès des services de la mairie, il était considéré comme tel.

Devant les prudhommes, raconte La Marseillaise dans son édition du jour, son avocate a avancé le fait que cette page était certes publique mais n’établissait aucun lien avec sa profession. « On n’y va donc pas par hasard mais si on est intéressé par ce qu’il a à dire, a plaidé Me Harbi avant de poursuivre : ce n’est pas un usager qui s’est plaint, ni un collègue ou un partenaire de la mission locale, pas même la direction, mais le directeur général des services de la Ville ». Par le passé, le conseiller en insertion avait déjà publié des billets d’opinion sans que cela ne heurte ses supérieurs, « comme ceux dans lesquels mon client soutenait le maire de Salon-de-Provence » en 2014, a noté l’avocate.

Également citée par La Marseillaise, l’avocate de la mission locale a insisté sur le devoir de réserve de Miloud H., qui, selon elle, « considère qu’il n’a que des droits et des libertés mais pour les obligations c’est lui qui décide ? ». »Si les fonctionnaires ne pouvaient pas poster un avis sur Facebook, on vivrait tout de même dans un drôle d’État », s’est contenté de commenter le président du tribunal. La décision sera rendue le 28 septembre prochain.

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commentaires
Source : La Marseillaise

  1. VitroPhilVitroPhil

    Le président du tribunal a bien raison.
    Même si on peut se demander si on ne vit pas déjà dans un drôle de monde.

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