Le préfet condamne (encore) des propos tenus par le candidat insoumis Sébastien Delogu

Municipales
Bref
le 19 Jan 2026
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Pour la deuxième fois depuis le début de la campagne pour les municipales à Marseille, ça s’accroche entre le candidat insoumis Sébastien Delogu et le préfet des Bouches-du-Rhône Jacques Witkowski. Ce dimanche 18 janvier dans l’après-midi, ce dernier a envoyé à la presse et publié sur ses réseaux sociaux une déclaration dans laquelle il “condamne vivement les propos publics tenus hier soir par le député Sébastien Delogu à l’encontre de l’État et des commissariats de police”. En cause, une déclaration du parlementaire lors d’un meeting à Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord, avec le candidat local aux municipales, où il évoque “des kilos de cocaïne […] commandés par l’État et qui avaient disparu, [dont] l’argent a été caché dans les commissariats”. Ces propos font référence au “fiasco” de l’opération antidrogue “Trident” menée par l’office anti-stupéfiants de Marseille (Ofast), qui fait l’objet d’une instruction judiciaire pour des soupçons de corruption.

Jacques Witkowski “rappelle que l’État, l’ensemble des fonctionnaires de la police ou de la gendarmerie nationale combattent au quotidien toutes les formes de trafic de stupéfiants”. Le député insoumis Manuel Bompard a réagi à cette prise de parole sur X (anciennement Twitter) dans une publication repartagée par Sébastien Delogu : “Je le dis solennellement : en tant que garant de l’impartialité du processus électoral, le préfet des Bouches-du-Rhône n’a pas à s’immiscer dans la campagne des élections municipales.” Avant d’ajouter : “Cela fait maintenant deux fois : c’est deux fois de trop. Nous ne sommes pas dans un régime politique où l’État choisit ses candidats.” Il y a quelques semaines, Jacques Witkowski avait signalé à la justice les propos de Sébastien Delogu à son meeting à Marseille sur le fait que “que la police tue”, entrainant l’ouverture par le parquet de Marseille d’une enquête pour “diffamation publique envers un corps constitué ou une administration publique”.

Marie Lagache
marie.lagache@marsactu.fr

Commentaires

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  1. julijo julijo

    Il semble bien que aujourd’hui parler de la police en général, et indiquer les manquements des FDO, tiennent du crime de lez majesté.
    L’exemplarité qu’on pourrait attendre de ce corps de l’État n’est pas toujours au rendez-vous, et ça devient un tabou.

    Bon, mais il n’a que ça à faire le préfet aujourd’hui ?
    Relever les propos de delogu ?
    Installer un protocole “phare” dans la police ?

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  2. kukulkan kukulkan

    Tiens donc, les préfets ne seraient ils en fait pas Charlie ??

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  3. petitvelo petitvelo

    Il y aurait matière à contentieux sur le devoir de réserve …

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  4. marianne13 marianne13

    Que le Préfet réponde aux attaques proférées à l’encontre de l’Etat et de la Police est tout à fait justifié, y compris lors d’une campagne électorale.
    Ça fait partie du jeu démocratique ce que, sans surprise, LFI conteste …

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    • julijo julijo

      le jeu démocratique ?

      alors pourquoi le préfet n’intervient-il pas quand du côté de vassal, LR et d’allisio, FN-RN les annonces sur la délinquance, la sécurité…sont outrancières et les chiffres falsifiés ?

      c’est pourtant son boulot et le boulot des FDO qui est remis en cause quand ces gens là font de grandes déclarations sur l’insécurité marseillaise.
      et il ne condamne pas ces mensonges ?

      quand delogu déplore les morts dues à la police, et parle du narcotrafic -notamment du récent scandale- il annonce des faits particulièrement vérifiables.
      et là le préfet condamne !!

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  5. Dominique PH Dominique PH

    Depuis le meeting du 6 décembre dernier à la Friche Belle-de-Mai où Sébastien Delogu avait déploré à la tribune que la police tue en France, elle a encore tué : le citoyen qui est mort dans un commissariat de Paris la semaine dernière suite aux coups reçus par des policiers. Ce citoyen avait été arreté seulement parce qu’il avait été vu en train de “rouler un joint” !!!!!!!!!!!!!!!
    Est-ce que le préfet aurait le courage de tenir les propos qu’il tient s’il était face aux familles de personnes tuées par la police ?
    Tiendrait -t-il ce langage négationniste aux proches de Zineb Redouane ? de Sulivan Sauvey ? de Thibault Weniger ? de Malik Oussekine ? de Jérôme Laronze ? de Mohamed Bendriss ? de Cédric Chouviat, ? de Kyllian Samathi ? de Rémi Fraisse ? de Lamine Dieng ? et de centaines d’autres, tous et toutes tué(e)s par police ou gendarmerie alors qu’il n’y avait absolument aucune raison de les assassiner.
    Chaque année, la police tue davantage en France ; en 2002, 6 morts, en 2017 14 morts , en 2018 15 morts, en 2022, 35 morts,
    en 2025 43 morts !!!
    Dans aucun pays européen, la police ne tue autant.
    On vous ment, la France n’a pas aboli la peine de mort.
    Sa police dispose encore de cette peine de mort.
    Bref, Sebastien Delogu dit vrai, le préfet dit faux.

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  6. Pierre Du Pierre Du

    Excusez moi mais votre tire est plus qu’équivoque il me semble. A la limite du partisan.

    Je m’explique : Associer en titre les mots “prefet” “condamne” “Delogu” laisse à penser une condamnation judiciaire ou du moins officiel pour des faits à minima délictueux qui seraient commis de la part d’un élu de la république. Dans ce cas n’aurait il pas été juste de rappeler en tout premier lieu et de le laisser apparaitre dans le titre que M. Delogu a dénoncé une opération policière qui a effectivement nécessité une commande de cocaine, pour laquelle de l’argent à disparu, pour laquelle il y a eu des échanges de liquide et disparition de liquide dans les locaux de la police, pour laquelle la directrice des opérations de la police en charge de cette opération comme de nombreux agents sont suspendus ? Donc vous faites croire que les propos de M. Delogu sont condamnable alors qu’il n’a fait qu’évoquer la honte extrême que devrait porter les autorités policières pour ces agissements. Je ne cherche pas à faire l’éloge de ce monsieur mais je trouve ce titre encore une fois plus qu’équivoque et me fait hésiter à conserver mon abonnement. D’autres propos de M. Delogu sont largement assez dénonçables pour que vous n’ayez pas à faire ce titre digne d’une fake news. Le prefet tente de protéger les forces de police contre des faits avérés aurait été plus juste et ne pas mettre la tête de M. Delogu pour encore vendre du papier (numérique) de manière honteuse.

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