Jean-Claude Gaudin sur l’habitat indigne : « on n’en a pas assez fait »

Regret
Bref
le 11 Nov 2018
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Lors d’un point presse qu’il annonce désormais quotidien sur l’opération en cours rue d’Aubagne, Jean-Claude Gaudin a, pour la première fois, amorcé un début d’autocritique sur la politique de lutte menée contre l’habitat indigne à Marseille : « Nous avons mené trois opérations d’éradication d’habitat indigne depuis 2005. On n’en a pas assez fait ». Jeudi, la Ville annonçait avoir dépensé plus de 200 millions sur cette thématique depuis lors, soit 15 millions par an. La réalité des chiffres est plus proche des 3 millions annuels (lire notre article).

Sans lire de note, Jean-Claude Gaudin a également évoqué la marche blanche du samedi 10 novembre en saluant « en authentique Marseillais la « dignité » dont il se dit solidaire. « J’étais dans mon bureau, j’aurais aimé être parmi eux mais ma présence aurait généré des tensions », a-t-il redit. Sous ses fenêtres, les manifestants criaient « Gaudin démission. Gaudin assassin. Gaudin en prison ». Un appel qu’il a de nouveau repoussé. « Vous m’imaginez démissionner et laisser mes adjoints en première ligne ? »

Il ne voit rien à redire de l’action de ses services alors que l’État va lancer un audit sur la sécurité des immeubles à Marseille (lire notre article). Quant à la note de l’ARS révélée par Le Monde, elle est liée au fait « que nous ne voulons pas vendre Sainte-Marguerite », dans le cadre du plan de redressement de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille qu’il préside.

Commentaires

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  1. Félix WEYGANDFélix WEYGAND

    « L’immensité de la ville » !?!
    Alors là c’est le top comme argument ! En 2018 une ville de 850 000 habitants est une ville immense et donc dans une pays développé d’Europe occidentale c’est normal qu’en 23 ans de mandat on n’arrive pas à tout faire ! Quelqu’un devrait lui dire que dans la carte mondiale des grandes villes Marseille n’apparaît pas : https://population.un.org/wup/Maps/
    Et puisqu’on y est, quelqu’un devrait lui rappeler que (sans perdre de vue que cela nous a aussi laissé des problèmes) la municipalité des années 1960 avait réussi à gérer la croissance de la ville de 600 000 à + de 900 000 habitants (oui Marseille était plus peuplée il y a 50 ans) en résorbant les taudis du centre ville, les mal-logés de la destruction des vieux-quartiers et les bidonvilles des quartiers nord…

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    • leravidemiloleravidemilo

      Et ce n’est pas une première, loin s’en faut, dans le chant des lamentations sur le thème « mettez vous à notre place pour voir, c’est difficile, on y arrive pas parce que … … c’est trop grand. » Lors du scandale des écoles et de leur état lamentable, et souvent indigne, Mm Casanova n’avait pas hésité à faire une déclaration publique dans le genre: c’est difficile il y a 400 écoles (je ne me rappelle pas le chiffre précis). Beaucoup d’entre nous s’étaient demandés s’il ne fallait pas lui répondre d’en fermer une bonne centaine pour voir si elle y arriverait, où de lui demander si elle avait pris la précaution de compter les écoles, avant que d’accepter d’être élue, et de prendre le poste d’adjointe déléguée!!!

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    • petitvelopetitvelo

      On retrouve en effet une bonne part du plan comm’ des écoles: déni, début d’acceptation minime en trompe l’oeil avec citation de gros montants pour étouffer le débat… Ca marche à tous les coups avec les partisans, qui peuvent se rendormir et revoter « pour que rien ne change » à la prochaine élection.
      Même s’il faut reconnaître ensuite une action municipale renforcée (et très mise en avance dans la comm’), sa motivation est tellement suspecte qu’on ne l’imagine pas inscrite dans la durée.

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  2. julijojulijo

    Je pense que nous sommes dans une ville vraiment en perdition.
    Où qu’on se tourne il n’y a pas de solution pour cette équipe vieillie et incapable. Les vieux schémas sont récurrents, les vieux arguments aussi. Les écoles, les routes, les transports, l’habitat indigne, le manque de logements sociaux…on ne peut établir une liste exhaustive tant il y a de soucis ; tous dus aux choix des nullissimes élus que la procédure plm et les choix tronqués des citoyens nous imposent.
    Je ne crois pas gaudin assez bête pour utiliser ce genre d’argument et de penser qu’on va y croire…non, il gagne du temps. Il fait comme d’habitude sa com à l’ancienne. C’est un vieux roublard politicien qui ne vit pas dans la période actuelle…il n’a pas su, et tellement d’autres élus avec lui, évoluer, réfléchir, développer sa ville…. il a fait des choix scandaleux, dramatiques aujourd’hui. (quelqu’un a dit quelque part que pour gaudin, le développement c’était l’immobilier de bureaux … il a vendu quasiment tous les terrains disponibles aux promoteurs privés ; marseille est la ville de France qui a le moins de foncier disponible)
    Non, lui-même n’y crois pas à cet argument de « taille » !! mais que lui reste-t-il d’autre ?

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  3. Electeur du 8eElecteur du 8e

    On doit avoir, je crois, un peu de compassion pour M. Gaudin. Voilà une personne qu’on a dû probablement contraindre à se porter candidat à la mairie de Marseille, puis à rempiler trois fois alors qu’il aurait pu jouir d’une paisible retraite depuis, disons, la fin de son deuxième mandat. Pour gérer une ville « immense » et se coltiner des problèmes « difficiles », il faut en avoir envie.

    Il y avait pourtant un signe qui montrait qu’il y allait à l’insu de son plein gré : ses tentatives d’évitement – « je peux pas, j’ai Sénat » – qui lui ont permis pendant si longtemps de ne paraître que deux ou trois jours par semaine dans la ville qu’il était censé administrer. C’est sûrement compliqué pour lui d’y être, depuis peu, à plein temps.

    Si encore il était entouré d’adjoints motivés… Mais entre ceux qui sont adjoints en marge d’une « carrière » de député ou de sénateur, et celles et ceux qui maîtrisent leur dossier comme moi l’astrophysique (c’est « difficile »), il ne peut vraiment s’appuyer sur personne. On comprend mieux que, dans cette solitude si tragique, il ait cru nécessaire de s’appuyer sur « le » véritable adjoint, j’allais écrire « maire du palais » au sens historique : le fameux « ingénieur » Rué, que toutes les métropoles nous envient.

    Pas de doute, on doit avoir un peu de compassion pour M. Gaudin.

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  4. LewisLewis

    Démisionné. Va lancé. Ça fait quand même bcp de fautes en deux paragraphes.

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    • kukulkankukulkan

      ça m’a piqué les yeux aussi…

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    • Julien Vinzent_Julien Vinzent_

      Bonjour, c’est corrigé.
      J’espère que vous ne nous en tiendrez pas rigueur, c’était dimanche et la semaine a été longue…
      Merci pour votre vigilance

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  5. LewisLewis

    🙂 Merci pour votre travail!

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