Bania Medjbar, cinéaste en mode guerilla

Portrait
le 24 Fév 2018
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Son premier long-métrage, Le crime des anges, est projeté dans quelques salles du département. Bania Medjbar raconte les quartiers Nord où elle a grandi avec un regard cinématographique exigeant. Et bâtit, avec un minimum de moyens, une œuvre singulière.

Bania Medjbar, à la Friche Belle de mai. (LC)
Bania Medjbar, à la Friche Belle de mai. (LC)

Bania Medjbar, à la Friche Belle de mai. (LC)

Il faut imaginer une petite fille, au tout début des années 70, qui fait des insomnies. Dans son appartement de la cité Picon, "à 150 mètres de la Busserine", dans les quartiers nord, elle passe de nombreuses nuits seule à dévorer chaque diffusion du Cinéma de minuit et du Ciné club. Cary Grant, Humphrey Bogart, mais aussi les classiques du cinéma italien, elle absorbe tout et dirige ses copines pour en rejouer les scènes le lendemain. Elle fouille aussi les poubelles pour y retrouver les magazines télé périmés et en découper les critiques de films. Elle l'a ignoré longtemps, mais, en Algérie, sa famille possédait plusieurs cinémas. "Mais pour mes parents, tout ce qui était lié à l'Algérie était banni, même les bons souvenirs", regrette cette fille d'immigrés.

40 ans plus tard, la passion viscérale pour le cinéma est restée, et c'est à la Busserine que Bania Medjbar a tourné son premier long métrage, Le crime des anges, sorti en salles ce mois-ci. Il aura fallu plusieurs décennies, et deux courts-métrages salués par la critique et les festivals, pour parvenir à diffuser dans quelques salles ce qu'elle qualifie de "victoire".

Un récit simple et net, autour d'un jeune qui, partant d'une petite magouille entre copains, se retrouve à prendre le chemin déjà emprunté par son frère aîné. Englué en quelques instants dans une spirale sans issue, il frappe à la porte d'un caïd influent pour régler ses problèmes. La cinéaste filme la vie de la cité, la "pensée archaïque" qui y régit souvent, à ses yeux, les relations humaines. La misère, ceux qui en sortent, ceux qui s'effondrent. Un film qui se finit en uppercut pour le spectateur . . .

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Lisa Castelly
Journaliste

Commentaires

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3 commentaires


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  1. PromeneurIndigné

    Cet article me donne très envie d’aller voir le film. Peut-on savoir dans quelles salles il sera projeté à Marseille ? Merci d’avance

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    • Lisa Castelly

      Bonjour, le film est projeté aux Variétés jeudi 1er à 16h40, et à l’Eden de La Ciotat vendredi à 20h30.

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  2. PromeneurIndigné

    Merci ,mais je découvre votre réponse un peu tard Cordialement

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