Aux Réformés, le square Labadié sombre dans la spirale de la prostitution et du trafic

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le 30 Oct 2023
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Depuis le début de l'été, le quartier du Chapitre, entre Saint-Charles et les Réformés, connaît une flambée de la violence et de l'insécurité. Autour de la place Labadié, une nouvelle population de travailleuses du sexe, jeunes et vulnérables est sous la coupe de souteneurs et dealers. Les riverains s'inquiètent d'une dérive accélérée.

Le ballet des clients est facilité par le caractère circulaire de la place. Photo : B.G.
Le ballet des clients est facilité par le caractère circulaire de la place. Photo : B.G.

Le ballet des clients est facilité par le caractère circulaire de la place. Photo : B.G.

Cela a d'abord pris la forme d'un dérèglement du quotidien. La misère soudain plus présente, les gens de la rue plus abimés, les algarades, nuit et jour, et la violence qui grimpe en flèche. Soudain, au tournant de l'été, la petite place singulière du square Labadié est devenue invivable aux yeux de ses habitants.

L'année avait pourtant bien commencé avec l'inauguration du square circulaire qui donne une grande partie de son cachet aux lieux. Pendant des années, il n'ouvrait que de façon exceptionnelle, tant les riverains craignaient qu'ils viennent concentrer les fléaux chroniques du quartier : la consommation de drogues dures et la prostitution de rue, depuis longtemps installées sur les flancs de la gare Saint-Charles.

Des prostituées plus jeunes et sous emprise

Mais, depuis le printemps, les acteurs ont changé, trimballant avec eux une traînée de violence. De très jeunes femmes occupent désormais les trottoirs aux côtés des travailleuses du sexe traditionnelles, celles que les habitants saluent gentiment, en voisin. Ce n'est pas le cas de ce groupe composite qui a pris position place Labadié et dans les rues alentours. Très jeunes, parfois mineures, selon des témoignages récurrents, elles sont le plus souvent encadrées par des hommes du même âge. À la fois proxénètes, petits copains et fournisseurs en produits, ils vont et viennent constamment, ajoutant une dose de violence au quotidien.

Il suffit de passer quelques heures sur place pour constater cette présence. Jeudi, en fin de matinée, même en cette période de vacances, le square est peu fréquenté. Trois hommes boivent des bières fortes. Autour d'eux, une constellation de capsules étoilées témoigne du caractère habituel de cette consommation. Des grands-parents jouent avec un enfant sur les jeux récemment installés. Sur les bancs, un couple de jeunes gens. Elle, blonde, très maigre, se lève dès qu'un homme pénètre dans le square. Elle aguiche des yeux, sans insister et recommence à l'arrivée suivante.

À l'ext . . .

Benoît Gilles
Journaliste

Commentaires

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18 commentaires


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  1. Alceste.

    Et l’on pouvait s’attendre à quoi d’autre.?.
    Petit jardin public dont la destination eût été à l’usage des enfants ou des personnes souhaitant se poser.
    Mais vu l’état sordide de ce centre ville,c’est une suite logique , regrettable mais inéluctable.
    Et ce ne sont pas ces quelques associations qui font du bon boulot qui solutionneront le problème.
    Une goutte d’eau .

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    • habitant du 1er

      L état sordide? Il s agit de quoi exactement ?

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    • Jacques-Antoine Mathiou

      La première année de re ouverture du parc a été vécu comme un grand moment de joie et d’apaisement .
      La violence embrasse tous le quartier pas l’ intérieur du parc

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  2. leb

    Comme pour la consommation de drogue, quid de la responsabilité pénale des clients qui alimentent cette situation catastrophique ? Visiblement certaines prostituées sont mineures, on peut s’interroger sur l’absence d’éthique et le degré de perversité des personnes qui visitent ce lieu. On peut aussi s’interroger sur la faiblesse d’action des pouvoirs publics qui se montrent impuissant à démanteler au coeur d’une grande ville française une situation digne des bas-fonds de Bangkok ou Manille. Il me semble que dans ces pays, le tourisme sexuel à l’encontre de mineurs est sévèrement réprimé, pourquoi pas à Marseille?

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  3. polipola

    Et pendant ce temps, on s’écharpe pour empêcher l’ouverture d’une halte soins addictions cours Libé. Il y a aussi de la responsabilité côté citoyens qui alimentent la peur et l’hypocrisie de la société.

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    • Pitxitxi

      Faut dire que la maire de secteur (1/7) y a bien contribué… Les usager.e.s sont concentré.e.s dans son secteur, mais elle n’a pas voulu en entendre parler

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  4. Peuchere

    La solution de la ville est clairement exprimée dans l’article ! On déplace le problème sur la salle de consommation de drogue à « moindre risque », au milieu de 14 crèches, écoles, colleges, lycées sur le boulevard de la liberation qui sera vite rebaptisé boulevard de la consommation !!!!

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    • habitant du 1er

      Vous proposez quoi alors?

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    • ruedelapaixmarcelpaul

      Vous avez raison, comme d’habitude, cher Peuchère : les drogués doivent continuer a se shooter au milieu de la rue, entre deux crèches, trois écoles, face à un collège et derrière un lycée.

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  5. TINO

    Un concentré de problèmes quasi insolubles. La drogue, la prostitution, les consommateurs, les clients, les dealeurs, les proxénètes. Un commerce où la libre concurrence s’exerce à coup de poings, couteaux ou calibres. Un concentré de capitalisme sauvage.

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    • Peuchere

      C’est vrai que tout cela n’existe pas dans les pays non capitaliste….Dans vos rèves !

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    • Zumbi

      Vous connaissez des pays non capitalistes, vous ?

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  6. Marc13016

    « les statistiques du début de l’année diffèrent peu de celles de l’année précédente », dit la police. Heureusement, le policier qui tient ces propos y ajoute intelligemment une vraie réflexion sur la tranquillité publique et la transversalité avec les travailleurs sociaux.
    Mais si certains s’en tenaient aux statistiques ?! C’est à craindre.
    La tranquillité n’est pas une statistique …

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  7. Alceste.

    RML, les mots ont un sens, sordide: »D’une saleté repoussante, qui dénote une misère extrême »
    Dictionnaire Robert.
    Cet adjectif qualificatif est la résultante d’une situation matérielle ,il permet de caractériser ce qu’est devenu le centre-ville marseillais,

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  8. kukulkan

    tant qu’en France on laissera les riches et ultra riches tout amasser et garder et qu’on laissera 30% de la population sombrer dans la misère tous ces phénomènes liés à la misérisation ne vont pas s’arranger, loin de la… Et avec leur suppression du RSA ça va encore bien empirer…

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    • Thais

      Tout à fait, c’est la faute des riches si les pauvres volent, prostituent, agressent, vous avez tout à fait raison.

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  9. c.laburte

    c’est ici qu’il faut implanter une salle de soin addiction !

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