Au procès du militant Kevin Vacher, le tribunal dégonfle “l’affaire du doigt”

Actualité
le 22 Juil 2020
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Après deux premiers renvois, le procès de Kevin Vacher a finalement eu lieu ce mardi. Jugé pour violence volontaire sur une employée de Marseille Habitat, le militant du collectif du 5 novembre a été condamné à 1500 euros d'amende, dont 1000 euros avec sursis. Le tribunal aura néanmoins déclassé l'affaire en délit contraventionnel, preuve pour la défense que l'histoire "du doigt" sonne creux.

Kevin Vacher a été condamné, mardi 21 juillet, par le tribunal correctionnel de Marseille à une amende de 1500 € dont 1000€ de sursis. Photo : Clément Gahéry.

Kevin Vacher a été condamné, mardi 21 juillet, par le tribunal correctionnel de Marseille à une amende de 1500 € dont 1000€ de sursis. Photo : Clément Gahéry.

Dix mois d’enquête pour une contravention… Ce mardi, le militant du collectif du 5 novembre Kevin Vacher comparaissait devant le tribunal correctionnel de Marseille pour des faits de violences en réunion avec préméditation. Pendant une mobilisation du collectif, le 10 septembre 2019, Kevin Vacher, en voulant entrer dans les locaux de Marseille Habitat, aurait causé la blessure au doigt d’une employée du bailleur social. Un délit présumé que le tribunal a finalement requalifié en infraction à l’issue de l’audience. Le militant a été condamné à une amende de 1500 euros d’amende, dont 1000 euros avec sursis.

“C’est un dossier surréaliste : 26h de garde à vue pour une contravention. Le parquet est intervenu, six magistrats et dix policiers ont été mobilisés pour l’instruction”, analyse Me Bartolomei, avocat de Kevin Vacher, au début de sa plaidoirie. “La requalification ridiculise le parquet et la Ville, l’affaire se dégonfle après la politisation de l’enquête”, estime après l’audience, celui qui constitue l’une des figures de proue du collectif 5 novembre.

Un témoignage attendu

Mais si le délit n’est plus caractérisé, Kevin Vacher écope tout de même d’une contravention de cinquième classe pour violences volontaires ayant entrainé une incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours. “Il y a trois positions dans les témoignages récoltés : celle des membres du collectif et d’un journaliste, le dépot de plainte de la victime et celui de la responsable de l’agence”, résume Véronique Fabro, procureure de la république lors de son réquisitoire qui préconisait l’abandon du délit et 1000 euros d’amende.

Tant attendu, le témoignage d’une cadre de Marseille Habitat manquait jusqu’à ce jour, justifiant le deuxième renvoi du procès, le 2 juillet. Cette fois-ci, il figure au dossier et ne va pas dans le sens de la plaignante. Ni celle-ci, ni son employeur n’étaient représentés ce 21 juillet. La nouvelle déposition raconte que le 10 septembre 2019, à la demande du collectif, la responsable de l’agence s’est rendue devant les locaux de Marseille Habitat avant d’échanger avec Kevin Vacher dans le sas de l’établissement. Le juge Chemla la cite : “le collectif voulait demander des explications après les expulsions des habitants. Je maintenais la porte.” À cet instant Kevin Vacher maintient également la porte. “Ma collègue [la plaignante, ndlr] s’est précipitée et a tiré dans le sens contraire pour la maintenir avec moi.” Dans son témoignage la responsable d’agence ne fait état d’aucun coup et ne s’aperçoit pas non plus de la blessure de la plaignante.

“J’ai voulu aider ma supérieure pour refermer la porte. Vu que je ne lâchais pas, il m’a donné un coup de poing”, assure cette dernière dans le rapport d’enquête. “La description de la blessure à la main est compatible avec sa version des faits, c’est à dire des violences au moment de l’entrée dans les locaux de la part de Vacher”, tient à préciser Véronique Fabro. Des faits que Kevin Vacher nie toujours, alors que le président l’interpelle sur le “traumatisme” évoqué par la plaignante à la suite de ces événements. J’ai simplement maintenu la porte ouverte, elle s’est jetée pour la refermer”, reprend le prévenu.

Dix mois d’enquête qui n’ont pas apporté de précisions

Mais comment expliquer une “ecchymose bleutée” ayant entraîné 5 jours d’ITT sans coup porté ? “Le témoignage de la supérieure explique que Kevin Vacher était virulent à ce moment là. Il a forcé le passage. C’est donc sa détermination qui occasionné un geste violent de sa part. Il y a bien un acte de violence dans le fait de forcer une porte avec une personne en opposition”, détaille longuement la procureure.

“La témoin n’a pas vu comment la victime s’est blessée, mais elle explique avoir déduit plus tard que c’est en maintenant la porte. Ça ne vaut pas grand-chose ces déductions devant un tribunal”, réfute à l’inverse Me Bartolomei. Les dix mois d’enquête n’auront en tout cas pas permis d’éclaircir ce point. Pour la défense, cette violence est incompatible au passé du militant et du collectif en général. “Le mouvement s’inscrit dans la non violence et dans le soucis du droit”, précise le second avocat de Kevin Vacher Me Sopena. Il ajoute qu’aucune action du collectif du 5 novembre “n’a nécessité l’action des forces de l’ordre. Le collectif n’a pas positionné Kevin Vacher comme un enfonceur de porte, d’ailleurs, il n’a pas le physique de l’emploi”, ironise l’avocat. Si Kevin Vacher songe à faire appel, la Ville de Marseille ne devrait pas réagir. La nouvelle majorité ayant promis de ne pas continuer les poursuites contre le militant.

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Commentaires

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  1. Un électeur du 9 ème Un électeur du 9 ème

    Même en déclassifiant l’affaire, la justice, en prononçant cette condamnation, se ridiculise et montre son parti pris en faveur de l’ancienne municipalité.

    Elle ferait mieux de consacrer son énergie à enquêter réellement sur toutes les violences policières commises à Marseille à l’encontre de simples passants ou de manifestants pacifiques.

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  2. Dark Vador Dark Vador

    Et à se préoccuper d’avantage des fausses procurations…

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  3. petitvelo petitvelo

    une blessure avec 5 jours d’ITT non remarquée par les témoins… cherchez l’erreur !

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