Au cœur de la réa, des soignants pris par la vague du Covid

Reportage
le 13 Nov 2020
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Après des prouesses d’organisation pour ouvrir des lits de réanimation, la question des effectifs devient cruciale pour la gestion de la deuxième vague de cette crise sanitaire. Pénurie de réanimateurs, personnels peu expérimentés, fatigués... L’art de l’adaptation arrive à ses limites dans les hôpitaux publics de Marseille. Plongée en première ligne, à la Timone.

Service de réanimation de la Timone. (Photo : Emilio Guzman)
Service de réanimation de la Timone. (Photo : Emilio Guzman)

Service de réanimation de la Timone. (Photo : Emilio Guzman)

Quelques "bip" de machines, des chuchotements, des allers et venues discrètes. Le combat contre la crise sanitaire qui se livre dans l'unité de réanimation Covid du bâtiment 2 de la Timone est silencieux, presque invisible pour un œil non aguerri. "S'il y avait des cris et du brouhaha, on ne tiendrait pas douze heures d'affilées", raisonne le professeur Bruder, chef du pôle anesthésie et réanimation de la Timone. Mais la crise est bien là et la tension se fait sentir. Sur la vingtaine de lits que comprend cette unité, tous sont pleins, sauf un : le patient est décédé dans la nuit. "Il sera bientôt à nouveau occupé. Nous arrivons au bout de notre capacité", constate dans un calme décidément déconcertant le chef de service.

Aujourd'hui, la Timone, vaisseau amiral de la lutte contre l'épidémie, bénéficie de 116 lits de réanimation - contre 62 en temps normal. Près de 80% sont occupés par des patients Covid. La progression de l'épidémie, comme une réaction en chaîne, influe sur l'activité dite "normale" de l'hôpital. Sur le même palier que cette unité spécial Covid "extrêmement fonctionnelle", apprécie Nicolas Bruder, une unité de surveillance continue a été transformée en unité éphémère de réanimation. Douze lits y sont disposés. "Les boxes sont plus petits, il y a moins de place", décrit le professeur en saluant les équipes de cette unité temporaire.

Des paravents pour seuls murs

À l'étage du dessous, c'est carrément une salle de réveil qui a été transformée en unité de réanimation. L'absence de boxes est compensée par . . .

Violette Artaud

Commentaires

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5 commentaires


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  1. Alceste.

    Un reportage lucide qui présente une situation difficile et même au delà. Les moyens sont mis en œuvre avec l’ouverture de lits supplémentaires qui permettent de faire face, plus ou moins.
    Mais cette situation exceptionnelle révèle des gens exceptionnels, dont la discrétion grandit encore plus leurs actions et leurs dévouements.
    Cela nous change de cet aréopage de professeurs, véritables starlettes du petit écran qui nous assenenent de leurs certitudes.
    Nos soignants de terrain font le « job », bravo et surtout merci pour leurs doutes, leurs prises de risques, leur professionnalisme et leur humanité.

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  2. Pussaloreille

    .
    Encore un reportage inédit, et UTILE pour diffuser la bonne info sur les conséquences de la propagation : les gestes barrières c’est pas pour s’amuser !

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  3. Louise LM

    Merci pour ce reportage
    Au delà des encouragements et expressions verbales de gratitude, il faut regarder la réalité en face
    Le problème majeur c’est la pénurie de personnel qualifié, les démissions en chaîne
    Qu’a fait le gouvernement depuis 6 mois pour enrayer cette fuite, pour redonner le moral, payer correctement ?
    Rien ou presque, des mots, des moyens ridicules comparés à ce qui était fait dans le même temps pour Air France et d’autres grandes entreprises

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  4. jean-marie MEMIN

    Selon Naomie Klein (la stratégie du choc) après que le virus aura muté ou amoindri, les grands groupes hospitaliers privés se referont une santé. Ces fantassins courageux deviendront les mercenaires de ces entreprises.
    On le constate dans les régions frontalières de la Suisse où les infirmières gagnent plus qu’en France.
    Quand tout sera privé, nous serons privé de tout…ou alors faudra payer cher!

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  5. pbatteau

    Bravo et merci pour cette enquête qui décrit la réalité au plus près

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