Après un début de semaine tendu, l’AP-HM rouvre des lits de réanimation dédiés au Covid-19

Actualité
le 10 Sep 2020
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Pour faire face à le recrudescence de l'épidémie, la direction de l'AP-HM a décidé d'augmenter le nombre de lits de réanimation consacrés aux patients atteints du Covid-19 et annonce des recrutements. Les syndicats sont, eux, inquiets de la capacité à faire face à une éventuelle "deuxième vague".

Photo d'illustration. Crédits : AP-HM.

Photo d'illustration. Crédits : AP-HM.

“Les choses se sont un petit peu emballées ces derniers jours mais tout est totalement sous contrôle.” Ainsi s’est exprimé Dominique Rossi, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HM lors d’un point sur la situation avec la presse ce mercredi. Un emballement qui n’a pas été seulement épidémique mais aussi médiatique. Dimanche, ce même représentant des médecins de l’Assistance publique- Hôpitaux de Marseille lançait carrément un appel à l’aide sur Twitter, évoquant une tension majeure depuis 24 h sur les lits de reas”. Une alerte qui a fait le tour des télés et radios nationales.

Actuellement, 111 “patients Covid” sont hospitalisés dans les différents hôpitaux publics de Marseille dont 23 en réanimation suite à des complications respiratoires. Une situation qui reste bien loin de celle atteinte au printemps dernier. Jusqu’à 250 “patients Covid” dont 111 en réanimation avaient alors été reçus en même temps par l’AP-HM. La différence, comme l’ont souligné de nombreux observateurs, c’est le nombre beaucoup plus faible de lits de réanimation spécifiquement dédiés à cette maladie : 27, quasiment tous occupés.

Face à la nouvelle progression de l’épidémie, l’AP-HM prévoit la réouverture de 17 lits de réanimation et de “surveillance continue” supplémentaires dans les 15 prochains jours. Jean-Olivier Arnaud, le directeur général de l’AP-HM a également annoncé des recrutements et des réaffectations de soignants vers les unités Covid.

“Nous maîtrisons… à l’instant T”

Le directeur général et le président de la commission médicale estiment ainsi que l’AP-HM sera en mesure de gérer la situation “si les comportements ne changent pas”. Marseille est actuellement la ville la plus touchée sur le territoire : le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas en une semaine, y est quatre fois plus élevé que la moyenne nationale. Mais pour les deux hommes : “la vitesse de progression de l’épidémie est beaucoup moins rapide qu’au printemps et offre trois à quatre jour pour réagir”.

De leur côté, les syndicats saluent l’effort de recrutement annoncé. Mais les représentants des salariés sont beaucoup moins optimistes concernant les semaines à venir et confirment “un épuisement physique et moral”. “On ne sait pas jusqu’où cela va monter. La direction a un discours rassurant de façade mais en réalité on ne sait pas grand chose de cette épidémie. Nous maîtrisons… à l’instant T”, avance Jean-Luc Jouve, référent régional du collectif inter hospitalier et chef de pôle à l’AP-HM.

Éviter la déprogrammation

“Nous allons accueillir un grand nombre de patients Covid. Je pense que nous ne sommes pas encore dans le pic, qui va intervenir dans 10 à 15 jours, estime quant à elle Audrey Jolibois, représente syndicale FO. Sauf qu’aujourd’hui, contrairement au début de l’épidémie, nous menons aussi une activité normale : comment nous allons pouvoir prendre en charge les deux sortes de patients ?” Différence fondamentale avec les mesures prises au cœur de la crise au printemps dernier, l’AP-HM veut cette fois-ci éviter autant que possible les reports de soin pour les patients non-Covid.

“En mars/avril, les trois quarts des lits de réanimation et la quasi totalité des urgences étaient dédiés au Covid. Nous avons fermé un tas de services et cela a engendré un baisse délétère de la prise en charge des autres patients”, rappelle Dominique Rossi qui espère ne pas en arriver là cette fois-ci. Mais selon certains, c’est malheureusement déjà le cas. “Si on crée des lits de réanimation, on déprogramme forcément en cardiaque et vasculaire“, estime Jean-Luc Jouve. Le risque est désormais de devoir déprogrammer des soins qui l’ont déjà été par le passé. Et donc d’affecter l’état de santé des patients en attente de leur intervention.

Monter en puissance sur le dépistage

Autre donnée à prendre en compte : l’arrivée de l’hiver et de son lot de fièvres et de toux. “Quand les symptômes sont exactement les mêmes, on fait quoi ? Les gens que l’on va recevoir aux urgences avec ces symptômes vont devoir rester tant qu’on n’a pas leur résultat de dépistage, s’inquiète Jean-Luc Jouve. Cela risque d’engorger les urgences.”

“Et pourquoi ne dépiste-t-on pas l’ensemble des patients hospitalisés ?, interroge en forme de prière Audrey Jolibois. Moi je m’inquiète pour la circulation du virus au sein du personnel.” La capacité à dépister rapidement et en nombre sera déterminante dans la gestion de l’épidémie, surtout si celle-ci venait à s’amplifier rapidement. L’AP-HM souligne que 3000 de ses agents ont déjà été dépistés depuis le 23 août, notamment ceux qui rentraient de congés. Enfin, une vingtaine de personnes, techniciens de laboratoire et administratifs, doivent être recrutés afin d’augmenter la capacité de dépistage. Elle s’établit aujourd’hui autour des 3000 tests par jour selon la direction. “En terme de logistique, ça risque d’être difficile”, se projette Jean-Luc Jouve. Dans une série, aucune vague n’est identique à la précédente.

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