Après le drame de la rue d’Aubagne, les colères s’amplifient et s’agrègent jusqu’à l’émeute

Actualité
le 1 Déc 2018
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Ce samedi, la troisième marche de la dignité après le drame de la rue d'Aubagne a réuni encore plus de monde et fédéré colères et revendications, des gilets jaunes à la CGT. Dispersée par la police sur le Vieux-Port, la manifestation a dégénéré en émeute jusque dans la soirée.

Sur la rue de Rome, trois copines d’une vingtaine d’années font les boutiques et croisent des milliers de manifestants. « Franchement, ils nous font chier ! », lance l’une. « T’es con, lui répond une autre. Ils manifestent pour qu’on ait des bons appart’ ! Tu veux qu’on reste dans des trucs pourris, toi ? » La marche de la dignité, la troisième depuis l’effondrement de trois immeubles et les huit morts de la rue d’Aubagne, remplit l’artère, du cours Saint-Louis jusqu’à la préfecture. Le cortège se poursuit sur le boulevard Salvator vers le cours Lieutaud. La foule est nombreuse, plus importante que les fois précédentes au fil du défilé.

Une pancarte brandie dans la manifestation du 1er décembre.

« Qu’un maire et son équipe soient la cible d’un mouvement de protestation est un fait suffisamment rare pour nous interpeller », écrivait le politiste Gilles Pinson dans une tribune au Monde le 22 novembre. Ce mouvement qui semble s’enraciner défile aux cris de « Gaudin assassin » et demande « la réquisition des logements vides » ou encore « un logement pour tous ». En tête de cortège avec une petite équipe de coordination et un service d’ordre improvisé, Marie Batoux, élue France insoumise des 2e et 3e arrondissements, habitante de Noailles et membre du collectif du 5 novembre s’en réjouit : « La détermination est impressionnante et elle va grossissante. Cela ne semble juste plus possible que Gaudin reste en place. »

« Qu’il ne soit pas mort pour rien »

Quelques minutes plus tôt, devant la préfecture, le cortège s’est arrêté devant la préfecture. La famille de Chérif, mort au 65 rue d’Aubagne le 5 novembre, a pris la parole. Au-delà du chagrin, ses proches réclament depuis un mois « qu’il ne soit pas mort pour rien ». 800 mètres plus loin, la manif s’est arrêtée au niveau de la rue d’Aubagne pour un moment de silence puis d’applaudissements dans une ambiance lourde.

La colère politique entrelace les deuils et les galères personnelles. Il y a des évacués comme Agathe, qui ne veut pas dire où elle habite dans Noailles. Depuis plusieurs jours, elle vit à l’hôtel et s’agace de sa situation : « on a l’impression qu’ils se sont réveillés un matin et qu’ils ont ouvert les yeux. Mais ils sont débordés ! Ils n’arrivent plus à gérer. » Autour d’un petit groupe arborant les couleurs de la France insoumise (FI), on croise Aïcha Manseri. Sur sa pancarte, comme plusieurs manifestants, elle a inscrit le nom de son quartier : les Bourrély. Elle habite dans cette cité HLM 13 habitat du 15e arrondissement depuis trois ans. « Nous vivons dans des appartements remplis d’humidité. Chez moi, la salle de bain est constamment inondée. Une voisine a tellement d’humidité que rien n’adhère : ni les peintures spéciales sur les murs ou le plafond, ni les carrelages au sol », témoigne-t-elle. Avec Sébastien Delogu et les agitateurs FI des quartiers Nord, elle a publié une vidéo Facebook et réfléchit à attaquer en justice le bailleur social.

Non loin d’elle, Brighi, un jeune Nigérian de 29 ans, distribue des petits bouts de papiers aux manifestants pour alerter sur sa situation et celle de ses compagnons d’infortune. Il doit être evacué du parc Corot mais sans-papiers, il ne sait pas ce qu’il va devenir. Sur ses petits papiers, il a inscrit en lettres capitales : « Squatter n’est pas un choix mais c’est la seule chose à faire quand on gagne 25 euros par jour ». En anglais, il répète inlassablement « no accomodation, no accomodation », pas d’hébergement pour lui et la centaine d’occupants sans droit ni titre du parc Corot. Pour l’instant, c’est au mieux un gymnase qui les attend pour quelques jours.

La convergence avec la CGT et des gilets jaunes

Ce samedi, tout ce mouvement reçoit le soutien de plusieurs centaines de gilets jaunes et celui d’un cortège bien plus imposant de la CGT qui défile en parallèle rue Saint-Ferréol. « Il n’est pas étonnant que la colère se généralise, commente Olivier Mateu, le secrétaire départemental du syndicat. L’argent ne doit plus servir l’intérêt de quelques-uns mais l’intérêt général. On ne peut pas tolérer qu’il y ait des immeubles qui tombent sur les gens ou des travailleurs pauvres. Nous serons là aux côtés de ceux qui dénoncent des injustices, avec notre savoir-faire. »

C’est avec ce mélange inattendu et dans la confusion que se termine la manifestation sur le Vieux-port près de l’hôtel de Ville. Au micro, Kévin Vacher puis Marie Batoux se font les porte-parole du collectif organisateur. Ils appellent à une journée de « deuil citoyen » avec brassards noirs et à des minutes de silence mercredi 5 décembre à 9 h 05, soit un mois pile après le drame. Ils annoncent aussi leur présence devant le conseil municipal le 10 décembre au matin.

Cette fois, ils ont pu aller au bout de leur discours. Mais comme lors de la dernière marche, la fin de manifestation est chaotique. En réponse au jet de quelques fumigènes, les forces de l’ordre positionnées devant l’hôtel de ville tirent des grenades lacrymogènes. La plupart des manifestants, dont quelques enfants, toussote et reflue vers la Canebière.

Quelques autres, plus décidés, commencent à enflammer les sapins de Noël du marché aux santons et des palettes, mettent à sac une boutique Orange puis d’autres, montent des barricades. Ils remontent la Canebière, cassent des vitrines, embrasent une voiture de police et des poubelles déplacées sur la route. C’est l’émeute dans Marseille. Dans la semaine, un appel à casser des vitrines a tourné sur les réseaux sociaux, il s’est concrétisé ce samedi.

Actualisation le 4/12 : Kévin Vacher nous précise qu’il ne milite plus à la France insoumise. Nous avons effectué cette correction.

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Commentaires

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  1. (13)007 (13)007

    « Jusqu’au bout de la nuit ??? Il est 22h et le calme est revenu me semble t-il, je viens de traverser la ville… C’est dommage d’amplifier ce qui est déjà suffisamment difficile
    … Merci.

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      Soirée voulais je ecrire. Désolé pour l’inattention. Je corrige

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  2. (13)007 (13)007

    Merci pour la correction. Marsactu power 😉

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  3. Tarama Tarama

    Coquille : « pour qu’on ait des bons apparts » (3ème ligne).

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      Moui… Selon moi quand on choisit de mettre l’apostrophe c’est invariable. « Des apparts » mais « des appart' ». Je cherche une confirmation fiable.

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    • zamzam zamzam

      Heu… Ce n’est pas pour le « s » mais plutôt pour le « est ; ait » non ?

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      ça vous va si on met ça sur le compte de la fatigue ? 😉
      (quoiqu’il en soit, c’est corrigé)

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  4. Tarama Tarama

    Il faudrait qu’on soit encore plus nombreux, mais je n’ai pas souvenir ailleurs de manifestations demandant la démission d’un maire (et son équipe, ne pas les oublier).

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  5. Marie-Hélène Marie-Hélène

    Je suis restée jusqu’à 19h30 environ, trop en colère pour partir. A la mairie, il y a eu plusieurs salves de lacrymos qui nous ont fait reculer. Puis on revenait. Les tirs se sont intensifiés, les CRS avançaient, nous faisaient reculer avec des lacrymos. Puis on revenait mais on perdait du terrain à chaque fois. Une charge particulièrement violente devant la grande roue, on a été plusieurs à se réfugier dans l’église, en larmes. Un ami a été gazé dans le métro du Vieux Port. Ça a continué ainsi jusqu’aux Réformés, avec des arrêts pour monter des barricades enflammées, sous les vivas. Les casseurs de vitrine d’Orange sont partis avec leur butin, des opportunistes qui n’avaient rien à faire des motivations de la manif. Seuls sont restés des gens ulcérés comme moi par les lacrymos tirés sur un foule qui venait réclamer justice et logements dignes.

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    • Tarama Tarama

      Cette violence est faite pour empêcher les gens de manifester. Moi cette fois, je suis resté plus loin de la mairie, à distance respirable, car la fois précédente j’ai commencé à suffoquer.
      Mais combien d’autres ne viendront pas ou plus, du fait de cette répression ?
      C’est une honte, et les responsables s’en foutent, planqués à Saint-Zacharie ou au Roucas Blanc.

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  6. MarsKaa MarsKaa

    Comme d hab c est sur marsactu que je trouve un article complet sur cette manif là. Merci pour votre travail serieux.

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  7. Danièle Jeammet Danièle Jeammet

    a vous lire on pourrait croire que la manif est organisée par FI . La réalité est assez différente . Ce serait bien de le noter .

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    • leravidemilo leravidemilo

      Heu! Prenez votre élan et relisez la chose. Ce n’est pas ce qu’indique l’article…

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    • marseillais marseillais

      Je me suis dit la même chose en lisant l’article : Marsactu ne devient il pas organe de la FI en insistant lourdement sur leur présence?
      Ce virage serait dommageable.
      Signe : Un Abonne de longue date au journal.

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      au contraire, à mes yeux c’est une forme de transparence et d’honnêteté que d’annoncer d’où parlent les gens, comme on dit. Même s’ils ne s’expriment pas ès-qualité. Que diriez-vous si nous disions Kévin Vacher ou Marie Batoux – ceux qui ont pris la parole hier au nom du collectif – sans préciser leur appartenance politique ?

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  8. Savon Savon

    J’habite sur la Canebiere, au niveau du second barrage, et ce chaos est le fait d’une dizaine de personnes cagoulées ou casquées. Les CRS étaient 200m plus bas, il n’y avait pas d’affrontement. Ils ont utilisé le matériel de chantier du futur cinéma pour barrer l’avenue et y ont mis le feu, y ajoutant des conteneurs à poubelles, voire même des extincteurs… (des génies). Ces gens étaient là pour profiter du désordre et casser, rien de plus.

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  9. Danièle Jeammet Danièle Jeammet

    Je trouve la FI très présente dans votre reportage (c’est vrai qu’elle a tendance à se montrer… ) mais le Collectif du 5 novembre comprend bien d’autres personnalités plutôt plus associatives ou syndicales que politiques mais peut-être plus efficaces au quotidien. En l’occurrence elles assuraient hier le service d’ordre notamment.

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      Oui, tout à fait. Je n’ai pas cherché à mettre en avant la FI. Le fait est que le collectif du 5 novembre a choisi de confier la prise de parole à deux proches de la France insoumise.
      Il y a bien évidemment beaucoup d’autres bonnes volontés, j’ai croisé hier des militants du PCF, du NPA, du PS, de Génération.s, d’En Marche, etc.

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  10. mrmiolito mrmiolito

    Etant avec mon fils et sentant venir les embrouilles, je suis parti du Vieux-Port dès que le mot d’ordre de la fin de la manif a été donnée. Bien m’en a pris manifestement ! Pour que Benoit PAYAN lui-même poste une vidéo sur le sujet du gazage intempestif des manifestants pacifiques et en famille, j’en déduis qu’une fois de plus le maintien de l’ordre dans cette ville a été géré n’importe comment et avec une brutalité mal placée et inefficace !
    Gazer des familles, on sait faire, empêcher un pillage de magasin à 100 mètres du commissariat central, manifestement on sait pas faire…

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    • Zumbi Zumbi

      Ou on ne veut pas faire…
      Dans l’espoir de gagner de futures élections de la peur comme il y a cinquante ans ?

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    • mrmiolito mrmiolito

      Bien évidemment, Zumbi, c’est ce que je sous-entendais, nous sommes d’accord…

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    • Tarama Tarama

      Violence disproportionnée, maintien de l’ordre totalement inefficace… les autorités ont décidément tout faux.

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  11. CAT13 CAT13

    Le problème est que cette manif est tombée en même temps que celles prévues par les gilets jaunes dans toutes les grandes villes et les médias nationaux télévisés n’ont pas fait la distinction entre gilet jaune et manif contre l’habitat indigne à Marseille…révélateur de « l’information » servie par certains grands médias de masse.

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    • Tarama Tarama

      Ils n’ont parlé de Marseille qu’à partir du moment où c’est parti en affrontements.
      La présence de 12 000 personnes (cas assez unique en France) manifestant contre un pouvoir municipal ne les intéresse pas.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Dans sa dernière chronique au vitriol sur Gaudin et sa bande, dans les colonnes du Nouvel Economiste (https://www.lenouveleconomiste.fr/marseille-fake-city-1-66340/), Pierre-Louis Rozynès relève qu’on est passé « de huit morts à 2000 sans-abri en moins d’un mois. (…) Deux mille sans-abri, ailleurs on parlerait de catastrophe nationale ; mais comme c’est à Marseille, ça reste un sujet marseillais. » Et d’enchaîner par un petit hommage à Marsactu après avoir remarqué que « ce ne sont pas les médias traditionnels qui informent depuis un mois… »

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  12. Dark Vador Dark Vador

    Nos édiles, et plus généralement les pouvoirs publics, comptent récupérer électoralement cette peur du chaos et des violences. Avant même de proposer des solutions aux problèmes qui ont engendrés cette situation de colère, ils prospéreront de nouveau sur ce réflexe. Du coup, les casseurs ne sont pas une si grande catastrophe, juste des « supplétifs » bien utiles…

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  13. CAT13 CAT13

    On détourne le fond du problème en se focalisant sur les casseurs, c’est habile mais le genre de vieilles ficelles bien connues.

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  14. julijo julijo

    Cette manifestation hier était impressionnante. Très calme, les slogans correspondaient à la réalité. Une vraie marche de la dignité.
    Effectivement heureusement pour avoir un reportage digne on peut compter sur vous…parce que les télés et journaux régionaux….franchement c’est honteux. Par contre les chaînes d’infos font leur boulot sur paris. On a l’impression d’une guerre civile…..un de mes proches, parisien, s’interrogeait quand même sur l’organisation des flics autour. Les casseurs ont déboulé dès le matin et malgré les soi-disant barrages, ils ont pu passer où ils voulaient…et les crs laissaient casser d’abord, pour intervenir ensuite, et il a vu ce scénario plusieurs fois, y compris à l’arc de triomphe….comme chez nous sur la canebière, où les casseurs s’en sont donné à cœur joie dans un premier temps…alors que les flics pouvaient eu auraient du intervenir bien plus tôt !
    Il est réjouissant de s’apercevoir que malgré tous leurs efforts, macron, castaner, philippe… n’ont pas vraiment réussi à inverser la tendance de soutien fort aux gilets jaunes. L’organisation des bagarres dans paris et ailleurs est vraiment leur responsabilité.

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  15. leravidemilo leravidemilo

    Un article complet et un bon compte rendu de la chose. J’en suis réjoui même si nullement surpris.
    – Il faut quand même souligner, même si c’est indiqué dans l’article, que le mouvement s’enracine, non seulement ne faiblit pas mais se renforce de façon significative. La désorganisation de l’aide au victime, le fait que des centaines de personnes soient dans une situation précaire de logement en hôtel pour une période indéterminée alors que des centaines de logements sont vides et disponibles dans le précédent fiasco de la rue de la république n’y sont sans doute pas pour rien; également et surtout l’absence de démission et donc de reconnaissance de leurs responsabilités des responsables effectifs (et sur plusieurs décennies) de ce qui nous arrive.
    Concernant la gestion sécurité de ces manifs, on va de surprises en étonnements et la préfecture de police est vraiment en cause. Une fois, passe. Mais répéter la chose, envoyer à bout portant, et en réponse à un seul fumigène envoyé, des lacrymo sur une foule compacte, non paisible mais pacifique, coincée entre l’eau du port et la mairie, et comportant nombre d’enfants et de personnes âgées, et à bout portant, cela témoigne soit d’une connerie exemplaire, et répétée, soit d’une volonté délibérée de faire dégénérer la chose afin de nous jouer l’antienne classique des casseurs et qu’il faut tout arrêter, renoncer à l’espace public et au droit de manifester, et rester chez soi.
    Il faut en outre souligner car cela semble échapper à notre préfecture, qu’il y a la une très forte diversité de population, et principalement des gens qui n’ont aucune habitude de manifester. Outre la majoration des dangers (courses, bousculades, piétinements) il y a donc plein de gens qui découvrent (au sens plein du terme) comment on traite les citoyens dans ce pays et dans cette ville. Les slogans les plus repris, outre le « nous sommes tous des enfants de Marseille » et le « Qui sème la misère récolte la colère » sont police partout/ justice nulle part et tout le monde (ou tout Marseille) déteste la police; et repris donc, en masse, par des personnes qui les…découvrent.
    ça sent le roussit pour la macronie comme pour Gaudin et sa nullicipalité irresponsable. Croire arrêter ce mouvement de telle façon est complètement idiot.
    Croire limiter les dégâts itou! Provoquer l’émeute est irresponsable, et par les temps qui courent très incertain quant au résultat final pour les dits décideurs; Car les « casseurs », ceux déterminés à s’exprimer de la sorte, sont d’une part rejoins par des qui sont surpris et indignés d’être « traités » ainsi. Mais surtout confortés par une bonne majorité des manifestants qui ne veulent pas se disperser, et renoncer ainsi à leur droit de s’exprimer et de manifester leur indignation. C’est vraiment le trait marquant des deux dernières manifs sur le sujet : quand vous cherchez la confrontation et que vous avez derrière vous 4 à 6ooo personnes qui ne la cherche pas mais refusent de renoncer à leur droit de manifester, vous vous sentez conforté par ce fait et pour la chose; et ça fait deux fois que cela se produit. Une grosse moitié des 12 à 15000 du départ refuse de rentrer à la maison. Pour ma part, j’en fais partie, ni Gaudin, ni fructus, ni chénoz, ni le préfet, ni quelques excités ne me ferons renoncer à mon droit de manifester.

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  16. carole joseph carole joseph

    En lisant votre article, Je découvre que toute cette belle énergie collective avec laquelle je reprend des forces à chaque manifestations depuis 3 semaines est en train d’être récupérée par la France insoumise citée plusieurs fois dans l’article … Je suis déçue car je trouvais cela tellement beau que cela partent des habitants de Marseille et seulement de ça… Je me sens dépossédée de quelque chose et ma naïveté m’est renvoyé dans la tronche….

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    • julijo julijo

      Ah bon ?
      Moi je me suis trouvé entouré de « marseillais-e-s surtout qui clamait leur colère leur indignation et surtout leurs revendications !
      et j’ai trouvé que la récupération était plutôt du côté du ps et de génération s dont quelques élus étaient
      présents….responsables (avec defferre) de la prise en main ancienne de gaudin, et cela m’a nettement choqué….les quelques npa, fi et lrem dans la manif c’était plutôt bien.
      Chacun ces déceptions….. mais personne ne me dépossédera de ma colère et de mes revendications !

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    • leravidemilo leravidemilo

      Le propre de LFI est d’être un mouvement qui diffuse, et en tout cas s’efforce de diffuser, dans tous les secteurs où les gens se mobilisent pour faire valoir leurs droits et leur revendications, ceci au travers de ses groupes d’action, que ce soit dans l’urbain ou le rural.
      Sur l’expulsion (et pour le relogement) des immigrés mineurs de la caserne Masséna par exemple, ils étaient fort présents, parmi les actifs et présents, et notamment car ils étaient présents parmi les habitants du quartier, les voisins de la caserne qui se sont impliqués en premier lieu. Idem pour le chantier d’une école du quartier nord…
      Avec votre raisonnement vous pourriez dire tout aussi bien qu’ils ont « récupéré » ces actions, mais ce n’est pas ce que les personnes concernées ont vécu ou on dit.
      Allez y donc y voir dans les asso ou groupes des habitants évacués de Noailles, puis revenez nous en causer… En l’état, votre « appréciation » de la chose ne porte pas préjudice à la F.I mais bien à la lutte des habitants concernés, ce qui rend bien service à bon nombre de responsables des malheurs actuels; Songez y.

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