Le PS 13 garde son premier secrétaire rétif à Benoît Hamon

Actualité
Jean-Marie Leforestier
8 février 2017 8

Le parti socialiste des Bouches-du-Rhône tenait ce mercredi soir un conseil fédéral que certains annonçaient "sanglant". Le peu de goût pour la candidature de Benoît Hamon de l'actuel patron local du parti, le député Jean-David Ciot, a été au cœur des discussions mais celui-ci reste à la tête du parti.

La mandataire de Benoît Hamon dans le département Marion Pigamo (à droite) et Nadia Brya font partie des socialistes qui demandent une clarification au patron du PS 13 Jean-David Ciot

Actualisation le 9 février : Après un conseil fédéral animé ce mercredi soir, Jean-David Ciot reste bien premier secrétaire fédéral du parti socialiste. La motion de soutien à Benoît Hamon, qui aurait obligé le député d’Aix à soutenir clairement le vainqueur de la primaire, n’a pas été mise aux voix.

L’article du 8 février qui pose les positions des uns et des autres :

Après des années passées dans l’opposition interne du parti, gagner une élection, qui plus est une primaire, a forcément un petit goût de revanche. Benoît Payan, après avoir milité des années au Mouvement des jeunes socialistes dont Benoît Hamon a été le président et sur lequel il a laissé une empreinte durable, est devenu depuis conseiller départemental et municipal. La victoire du représentant de l’aile gauche du parti le rend lyrique : « Benoît Hamon a déjà sauvé le parti socialiste. Il a permis au parti de renouer avec le corps social. Sa victoire nous oblige », s’enthousiasme-t-il.

Dix jours après la victoire de Hamon, le parti socialiste des Bouches-du-Rhône (PS 13) se prépare à un conseil fédéral à enjeux. Ce mercredi soir, tout ce que le parti socialiste compte d’élus et de cadres dans le département a rendez-vous au siège de la rue Montgrand pour une réunion de ce qui constitue le parlement local du parti. Le programme devrait notamment tourner autour de la position du premier secrétaire fédéral du parti, le député Jean-David Ciot.

Au lendemain de la victoire de Hamon, ce dernier a critiqué un discours « radicalisé » et s’est positionné comme un nouveau frondeur lâchant sur France bleu Provence :« Moi je pourrai me mettre derrière celui qui est en capacité de gagner. […] Si ça doit être Emmanuel Macron, je n’ai aucune difficulté avec Emmanuel Macron. ». Ce mercredi, il réexplique à Marsactu qu’il entend exercer un « droit de retrait jusqu’à la présidentielle. Je proposerai que [le maire de Miramas] Frédéric Vigouroux anime la fédération avec pour objectif que tous ceux qui le souhaitent puissent faire la campagne aux côtés de Marion Pigamo qui est la mandataire de Benoît Hamon dans le département ». Le positionnement politique de Frédéric Vigouroux pourrait aider à faire passer la pilule. Numéro 2 de la fédération, il a signé la lettre de soutien à Benoit Hamon initiée par la maire de Lille Martine Aubry entre les deux tours de la primaire.

Retrait ou démission forcée ?

Prudente étant donné son nouveau rôle de mandataire du candidat à la présidentielle, la trentenaire Marion Pigamo reconnaît « un problème » et attend « que le premier secrétaire fédéral prenne ses responsabilités ». Elle garde une apparente réserve même si sa sœur, l’élue métropolitaine Nathalie Pigamo, avait candidaté contre Ciot lors du dernier congrès du PS 13 et récolté un tiers des voix seulement. En parallèle de la fédération, elle entend proposer une organisation de campagne efficace, à même de permettre à Benoît Hamon de « gagner ». Elle mettra notamment en place « un comité politique avec les parlementaires, les maires, les candidats aux législatives et des représentants des candidats à la primaire qui seront des porte-parole de la campagne ».

Cependant, certains imaginent déjà « une soirée sanglante » à Montgrand pour le premier secrétaire fédéral. Une motion de soutien pourrait être soumise au vote pour obliger Ciot à s’en désolidariser.  « On va lui demander « est-ce que tu soutiens Hamon ? », affirme Eugène Caselli, ancien président de la communauté urbaine « fidèle à Manuel Valls » mais rallié au vainqueur. Comment les militants peuvent mener une campagne sereine quand le premier d’entre eux multiplie les déclarations ambiguës ? Soit il y a une attitude claire, soit il y a une rupture morale.  » Ancien soutien de Vincent Peillon, Nadia Brya abonde : « Le droit de retrait me pose problème car celui-ci s’exerce quand il y a une mise en danger imminente. Mais le projet de Benoît Hamon n’est pas dangereux ! »  D’autres, plus pugnaces, cherchent un point dans les statuts qui permettraient de sortir Ciot du jeu. Pour eux, la « mise en retrait » proposée par Ciot vaut « vacance » et devrait contraindre le parti à organiser une nouvelle élection, conformément à ses statuts. Une collégialité dont des fins connaisseurs des rouages du parti ont déjà dressé la composition pourrait alors prendre sa place.

Extrait des statuts du parti socialiste

De son côté, Jean-David Ciot maintient ne « pas comprendre par exemple comment Eugène Caselli peut avoir soutenu Valls et avoir dirigé la communauté urbaine avec la droite et aujourd’hui soutenir Hamon. Il faut un minimum de cohérence ». Avec flegme, celui qui est aussi député d’Aix et candidat à sa réélection affiche sa confiance : « Toutes les occasions sont bonnes pour dire que je dois partir. C’est la dixième fois que je vis l’annonce d’un ouragan qui va se terminer en tempête dans un verre d’eau. À l’arrivée, l’organisation que je propose ira bien à tout le monde. » La réponse est attendue dans la nuit mais le résultat, quel qu’il soit, va une fois de plus exacerber les tensions internes. De quoi compliquer la tâche de Marion Pigamo, qui réunissait les soutiens de six des sept candidats de la primaire pour une conférence de presse ce mercredi sous le signe du « rassemblement » derrière Benoît Hamon.

8
commentaires

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  1. patrick

    pauvre ps, cuit au national et enterré dans le sud. chacun va essayer de garder sa bonne place d’élu la place est trop bonne pour s’en défaire

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  2. Electeur du 8e

    Ce serait bien que ce qui reste des socialistes ici essaie d’être un peu sérieux. Le « droit de retrait », c’est une faculté prévue par le Code du travail, et uniquement par celui-ci, et qui n’a rien à voir avec les questions de conscience ou d’opinion.

    On clarifierait le débat en nommant les choses par leur nom. Ce que propose Ciot n’est pas un « droit de retrait », mais une curiosité démocratique : le souhait de conserver sa fonction dans un parti qui a désigné un candidat auquel il est personnellement opposé. On peut se demander pourquoi il ne tire pas lui-même la conclusion qui semble s’imposer…

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  3. marseillais

    Sans préjuger des résultats du CF d’hier, on constate une nouvelle fois combien Ciot est néfaste pour le PS; certes, il n’est pas le seul mais il a le toupet de s’inventer des règlements au gré de ses caprices. il a bien dû se concerter auprès de ses amis macronistes/guérinistes du 13 pour manigancer quelque chose qui ressemble à préserver à tout prix son poste de député puis préparer une riposte pour se débarrasser de ces jeunes hamonistes qui à ses yeux doivent faire tâche rue Montgrand dans son beau bureau doré.

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  4. laplaine

    Ce territoire est fichu, aucune alternance possible, petits et grands arrangements de tous bords. C’est l’emblème de ce qu’est en train de devenir la gestion politique au niveau national. Marseille est un laboratoire de l’incurie qui mène au désastre.

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  5. Cehere

    Pigamo, soeur et fille de. Les dynasties politiques à Marseille, acte 250.

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  6. laplaine

    Marseille est un agglomérat de fiefs.

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  7. corsairevert

    Le sytème Deferre, les mange – tout affairistes, LR ou PS, c’est la déplorable politique de Marseille depuis 1945 ..
    .Hamon est il un espoir ?

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  8. leravidemilo

    Après 70 ans de defferrisme c’est gens là n’ont assurément plus de larme mais, à défaut de sang et de larmes « on » nous promettez du « sanglant ». Il n’y en eu point, même si, au passage, ces gens furent relégués comme authentiques représentants de certains marseillais qui, depuis fort longtemps/trop longtemps, « règlent » leur comptes sans jamais pouvoir les solder, ceci pour notre plus grand malheur.
    On hésite certes, sur une telle durée, entre « le bon, la brute et… associés » (mais manquait la musique de Morriconne, ce qui prive la chose de bien de ses charmes), et « Nous nous sommes tant aimés », qui aurait pu prouver qu’une bonne dose d’humanité peut survivre à 70 ans de deff… Faisons en notre deuil!
    Car plus rien n’est maitrisé, ni dans le scénario, et si peu dans le casting, la tendance est vers l’appauvrissement, nous n’irons pas à Cannes les lauriers sont…
    Comme pour compenser ces déficits mortifères, une voix (mais ce n’est pas celle des choeurs grecs) s’élève au dessus de la mêlée celle du story telling, du « légendaire » contemporain. Et là aussi, là encore la palme revient (mais y a pas d’escaliers à gravir, et peu de flash) à Benoit, non l’autre, Payan et ses oracles : « Benoit (l’autre) a déjà sauvé le PS; il a permis au parti de renouer avec le corps social » C’est forcement un peu religieux comme rhétorique, voire un peu christique sur les bord, concernant le « social » et forcément « ça nous oblige », comprenez : les petits copains sont obligés à se rallier à mon panache bla…crème.
    5 ans de loi »travail », pactes dits de responsabilité(s), C.I.CE et autres déchéances ou urgences délétères, 70 ans de defferrisme, quelques plans d’austérité, mauvais plans qui sentaient le sable chaud (avec accusés de réception à la clé) et autres joyeusetées effacés ainsi d’un coup d’un seul par une opération du saint esprit, assez primaire au demeurant, le coup de gomme géant, l’opération ardoise magique, et le « corps social » en son entier en tressaille encore…
    Mais non, au final, même pas de tempête dans le bénitier,tout juste, dans un verre d’eau (saumâtre), si en croyons le chef, celui qu’a le plus de plumes et tient à les garder dans ses soutiens comme dans ses façons d’enlever le tabouret… La rue montgrand reste muette, rien n’a été dit, la motion n’a pas été mise aux voix et du coup reste sans…
    Pas de « sanglant », les revolvers sont restés sous la table; c’est que les « acteurs » sont quand même à court de munitions, outre que dans certains cas il vaut mieux conserver la dernière balle par devers soi, même si cette génération a bien perdu ces savoir faire de base… Bordés sur la droite, et sa grande intelligence adaptative, souple et légère, son mordant à rallier les institués et autres établis, débordés sur sa gauche et sa vision stratégique, bien qu’encore un peu immature (mais ça vient), sa capacité à rassembler les instituants, ce qui reste de la mauvaise troupe continue sur sa lancée, se rendant sans doute compte que le scénario ne tourne plus rond, que le film en devient ennuyeux, mais qu’y faire, hors du story telling, du « légendaire  » à la petite semaine, quoique grandiloquent. Pour aggraver le tout, les chefs à plumes des bords et débords sont fins connaisseurs de la vieille maison et ,pour avoir su prendre l’air et une saine distance,en connaissent pour autant plusieurs brins de plus que tous les besogneux Benoit(s) encore immergés dans le stress du carriérisme interne , ce qui ne facilite pas le choix du terrain d’une contre offensive rêvée…ni des campagnes enfin « sereines ». Alors, racontons des histoires, renouons avec le corps social…
    Bon, ça a peut être assez duré comme ça, faut peut être commencer à trouver la sortie, et si personne ne leur demande la rançon du sang, l’est peut être temps d’en verser une, ou d’y aller de chaudes…

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