UN NOUVEL ESPACE URBAIN (3)

Billet de blog
le 3 Mai 2020
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Les élections municipales ont lieu demain

UN NOUVEL ESPACE URBAIN (3)

Nous avons entrepris, depuis quelques semaines, de concevoir un nouvel espace urbain pour Marseille, afin de profiter de l’échéance des élections municipales pour permettre à la ville de retrouver un espace qui soit pleinement conçu pour ses habitants

 

L’espace de la rencontre

Peut-être est-ce qui peut définir l’espace urbain : il s’agit d’un espace de la rencontre. Tandis que l’espace de la campagne ou l’espace de la route constituent des espaces du parcours, des espaces du déplacement, mais aussi des espaces dans lesquels les habitations sont individuelles, l’espace de la ville, lui, est un espace dans lequel les rues et les parcours sont des espaces dans lesquels on rencontre l’autre – encore plus, sans doute, d’ailleurs, dans les places – et les habitations, le plus souvent collectives, sont des espaces dans lesquels on vit avec les autres, des espaces que l’on partage avec des voisins. C’est pourquoi l’espace de la ville fonde son identité sua la rencontre. C’est ainsi que, dans l’histoire, les villes se sont toujours fondées sur des expériences de marchés et sur des expériences de rencontre. Quand, en 1962, Habermas publie son ouvrage si connu, L’espace public, il y a étudie la façon dont la ville a constitué, depuis toujours, l’espace de l’information et de la communication. Et puis, puisque nous avons entrepris de nous situer dans l’histoire, n’oublions tout de même pas que le mythe qui raconte la fondation de Marseille situe la naissance de la ville dans l’expérience de la rencontre de peuples différents, de cultures différentes, qui vont, ensemble, construire une culture urbaine partagée. Par ailleurs, si la ville est l’espace de la rencontre, c’est bien aussi pour cette raison que l’économie urbaine se fonde, depuis le début, sur l’expérience du marché. Ce qui fait naître la ville, c’est le marché qui fait d’elle un espace de l’échange et de la rencontre. C’est pourquoi Marseille devrait inscrire l’aménagement à venir de l’espace urbain dans une logique de la rencontre plutôt que dans une logique du parcours et de la traversée, raison pour laquelle il importe que l’espace urbain donne une place plus importante à l’usage piétonnier des lieux, des rues, et des places, afin de permettre la croissance d’une véritable sociabilité urbaine, afin qu’habiter consiste enfin, de nouveau, à rencontrer l’autre.

 

Un paysage urbain

Il y a longtemps déjà, au cours d’une réflexion sur l’espace, j’avais proposé de définir le paysage  comme la médiation esthétique de l’espace. La dégradation du paysage urbain, à Marseille, à la fois en raison d’aménagements reposant uniquement sur la recherche de la fonctionnalité sans tenir compte de la qualité esthétique du paysage qu’ils constituent et en raison d’une absence réelle de préoccupation politique pour l’aménagement, la propreté et la qualité des paysages urbains, en raison d’une attention trop exclusivement portée à la question de la sécurité. Mais, pour que Marseille devienne de nouveau un paysage, pour que l’on puisse de nouveau avoir envie de représenter la scène urbaine comme le fit en son temps le peintre J. Vernet, il importe que les acteurs politiques de la prochaine municipalité, les décideurs qui seront désignés lors de l’élection à venir, aient le souci de mettre en œuvre une véritable politique du paysage, reposant sur trois exigences : la première est la qualité esthétique des façades des constructions, en particulier des constructions à venir, et des aménagements ; la seconde exigence d’une politique du paysage urbain est de permettre à ceux qui s’y déplacent de l’apprécier, de porter sur lui un véritable regard, que se déplacer dans la ville ne se réduise pas à une fonctionnalité, mais permette aussi de prendre le temps de lire le paysage et de l’apprécier ; une troisième exigence de cette politique du paysage est d’éviter les formes multiples de pollution visuelle dont il est victime. Sans doute importe-t-il de ne pas oublier que la pollution environnementale ne se limite pas à la pollution sonore ou à la pollution atmosphérique, mais qu’elle comporte aussi une pollution dy regard de ceux qui habitent la ville ou de ceux qui la visitent. Mais, au-delà de cette question du paysage, c’est toute une politique de l’esthétique de l’espace urbain qu’il importe de proposer à Marseille. Pour cela, il importe que la municipalité ait des exigences plus fermes sur les questions d’aménagement et qu’elle se dote d’une forme de planification esthétique des aménagements à venir, à laquelle elle soumette les acteurs de l’immobilier, les acteurs des politiques foncières et les décideurs des entreprises. Tout le monde a à gagner à une telle exigence.

Commentaires

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  1. Kitty Kitty

    Bonjour Monsieur,
    Le collectif Nos Quartiers Demain a mobilisé l’intelligence collective de ses membres et sympathisants pour définir un avenir pour la friche Louis Armand. Ce travail arrive à son terme et il va être prochainement présenté à nos partenaires avec lesquels nous souhaitons fixer le cahier des charges de ce qui serait un appel à projet citoyens. La philosophie de ce projet est novatrice (je ne peux pas en dire plus) et ce, à tout point de vue (environnemental, économique, social, démocratique). Peut-être serait-il intéressant de croiser nos réflexions car, il me semble que nous poursuivons le même but : un nouvel urbanisme pour un nouveau développement de notre ville. Dans cette perspective, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : nosquartiersdemain@gmail.com

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