REPENSER L’ESPACE DE LA VILLE À MARSEILLE

Billet de blog
Bernard LAMIZET
25 Août 2019 0

Les élections municipales ont lieu demain

REPENSER L’ESPACE DE LA VILLE À MARSEILLE

Dans un précédent article, nous avions envisagé l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique urbaine réellement écologique à Marseille. Sans doute est-il important d’envisager une nouvelle façon de penser l’espace urbain dans notre ville.

 Qu’est-ce que l’espace de la ville ?

Rappelons-nous, pour commencer, de quoi est fait l’espace de la ville. Bien sûr, il y a, d’abord, l’évidence, ce qui se voit : les aménagements de l’espace, les constructions, les rues et les trottoirs, le logement, les édifices publics. Repenser cette part de l’espace, c’est élaborer, pour la ville, un projet politique qui donne une place pensée et non aléatoire, à ces différentes part de l’espace de la ville. On a l’impression, aujourd’hui, que nous sommes devant un espace urbain illisible, parce qu’on a le sentiment que, pendant trop longtemps, l’espace marseillais n’a pas été aménagé dans un souci pleinement politique, mais qu’il l’a été un peu au hasard des circonstances, au gré des modes et des exigences de certaines populations sans qu’elles se soucient des autres. Mais il y a aussi ce qui se voit moins, l’espace pour ainsi dire transparent, celui que l’on a fini par nommer l’environnement, c’est-à-dire l’espace de l’air que nous respirons, l’espace du climat, l’espace de la propreté. Nous nous trouvons aujourd’hui devant une sorte d’urgence : il ne sera bientôt plus possible de respirer, à Marseille, tellement l’air y est pollué. Et puis l’espace, à Marseille, est devenu sale, encombré de gravats de toutes sortes, mal entretenu, peu nettoyé. Enfin, l’espace de la ville, c’est celui du temps de la ville, celui de la rencontre entre la mémoire, le présent et l’imaginaire du futur. Cet espace-là aussi, à Marseille, est à imaginer de nouveau, il devient important de redonner du sens au partage de l’espace entre les constructions et les aménagements des différentes époques qui ont façonné Marseille et qu’on finit par avoir du mal à identifier, à distinguer les unes des autres.

Comment repenser l’espace de la ville à Marseille

Sans doute peut-on définir trois façons de repenser l’espace urbain, qui engagent trois types d’exigences à Marseille. Il y a, d’abord, l’espace dans lequel nous vivons, l’espace que nous habitons. C’est ainsi l’espace du logement qui est à imaginer de nouveau, qui devrait sans doute faire l’objet d’une véritable politique, c’est-à-dire d’une planification, d’une projection pour les années à venir, afin que le logement ait du sens et ne soit plus livré au hasard des circonstances. Par ailleurs, il y a l’espace que nous parcourons, l’espace des transports et des déplacements. Lui aussi donne l’impression d’avoir été construit au hasard. C’est cet espace des transports et des réseaux qui pourrait permettre à Marseille de redevenir ce qu’elle donne le sentiment d’avoir cessé d’être : une ville de la rencontre et de la vie sociale, sans exclusions ni ghettos. Enfin, il y a l’esthétique de l’espace, l’espace du paysage urbain. Une ville aussi peut être un paysage. Pour cela, il importe que les façades des maisons soient entretenues, qu’il soit agréable de se promener dans les rues et de les découvrir, que l’espace de la ville ne soit pas réduit à un espace fonctionnel – ce qu’il n’est, d’ailleurs, de plus, pas pleinement – mais qu’il soit aussi un espace qui ait du sens.

Un espace politique marseillais

Repenser l’espace de la ville, c’est imaginer un nouvel espace politique pour Marseille, un nouvel espace citoyen. Au lieu d’être une juxtaposition d’espaces faisant l’objet d’appropriations par différentes catégories sociales, l’espace urbain devrait redevenir ce qu’est une ville : un espace de la rencontre, du dialogue. C’est cela, une polis, un espace politique, une cité. Pour cela, pour que Marseille redevienne un espace politique, il faut que ceux qui y logent ne se contentent pas de cohabiter les uns à côté des autres, mais qu’ils y construisent une culture commune, qu’ils vivent la ville comme un espace d’échanges et de parole. Nous l’avons déjà dit ici, mais nous souhaitons le rappeler : c’est la rencontre entre des peuples différents qui a fondé Marseille, cette ville st née de la rencontre entre des habitants et des voyageurs venus d’ailleurs. C’est pourquoi l’espace urbain est un espace du dialogue, de la parole, de la rencontre. Peut-être est-ce pour cela que la mer, à certaines époques et dans certains lieux, a fini par devenir invisible à Marseille : peut-être est-ce une façon de refouler ce fait que la vie urbaine y est née de la rencontre de l’autre. Il importe que la citoyenneté urbaine, à Marseille, redevienne un véritable projet politique en redonnant toute sa place à l’échange.


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