Les élections municipales ont lieu demain

REPENSER LA RELATION DE MARSEILLE AVEC LA MER

Billet de blog
Bernard LAMIZET
16 Juin 2019 0

La semaine dernière, nous nous sommes interrogé sur ce que devrait être une politique de l’environnement à Marseille. Dans le prolongement de ces questionnements, nous souhaitons évoquer, aujourd’hui, ce que pourrait être la place de la mer dans l’espace, à Marseille, et comment la municipalité issue des élections de 2020 devrait l’envisager.

La semaine dernière, nous nous sommes interrogé sur ce que devrait être une politique de l’environnement à Marseille. Dans le prolongement de ces questionnements, nous souhaitons évoquer, aujourd’hui, ce que pourrait être la place de la mer dans l’espace, à Marseille, et comment la municipalité issue des élections de 2020 devrait l’envisager.Marseille et la mer dans l’histoire

C’est la mer qui a donné sa richesse à Marseille, c’est elle qui a fait de Marseille une ville qui serait une grande ville, d’abord parce que c’est de son activité maritime, de son port, que Marseille a tiré sa richesse, et même, sans doute aussi, une partie de son identité. Par ailleurs, si les quartiers les plus anciens de la ville se sont construits, comme c’est le cas de la plupart des ports, c’est autour de la merque s’est développée la ville, quand s’est construit l’arsenal des Galères, au XVIIème siècle et quand, à partir de là, la ville s’est développée tout autour du Lacydon, de ce qui allait devenir le Vieux-Port. Mais, dans le même temps, cette histoire même comporte son revers : l’arsenal et les galères, c’était la guerre et la violence, l’arsenal parce que, rappelons-le nous, les galères étaient des vaisseaux de guerre, destinés à engager des combats navals pour établir la puissance de la France sur l’espace des mers, en particulier dans la lutte avec d’autres pays pour cette puissance, et parce qu’elles étaient des outils de répression employés par l’État pour mettre en œuvre ce que Max Weber appelait, en 1919, le monopole de la violence physique légitime, caractéristique, selon lui, de la place de l’État dans la société. Plus tard, au XIXème siècle, la mer a contribué, de nouveau, à fonder la richesse de Marseille, mais, cette fois encore, de façon ambiguë, car si la mer a permis, à Marseille, les échanges de la France avec les pays de la Méditerranée, en particulier après l’ouverture du canal de Suez qui a ouvert la Méditerranée sur l’Orient, c’est aussi la mer qui a permis la colonisation, c’est-à-dire l’exploitation par la France des pays qu’elle avait fini par conquérir et par dominer et des travailleurs issus de ces pays qu’elle a largement exploités.

La mer, à Marseille, aujourd’hui

Cette ambivalence de la place de la mer dans l’histoire de Marseille se retrouve aujourd’hui. En effet, les mutations des modes de transport des personnes et des marchandises, mais aussi celles de l’industrie navale que ces mutations ont entraînées, sont à l’origine de profondes transformations de l’économie de Marseille et de la place de la mer dans cette économie. D’abord, bien sûr, parce que le port n’est plus seulement à Marseille, mais se trouve, en quelque sorte, démultiplié dans un grand nombre de sites de ce qui a fini par devenir la métropole de Marseille. Les mutations du port et de l’activité navale ont contribué à cette transformation de la ville en une métropole. Par ailleurs, une seconde économie de la mer a vu le jour, peu à peu, notamment avec l’essor de l’automobile : celle qui est liée à l’énergie issue du pétrole et, donc, au commerce du pétrole et aux transports pétroliers en Méditerranée. Enfin, toute une économie est issue de la mer est se développe de plus en plus : celle qui se fonde sur les activités de loisirs et sur le tourisme. Si le tourisme n’était pas une véritable économie avant la fin du XIXème siècle, il a fini par le devenir et par être une source de richesse considérable. C’est aussi de cette manière que l’on voit la mer, à Marseille, envahie – j’allais écrire : polluée– par des bâtiments gigantesques qui sont de véritables villes flottantes. Et puis, la mer, à Marseille, a un rôle considérable dans l’économie des vacances, en particulier dans les quartiers du Sud de la ville. Peu à peu, la mer, à Marseille, a ainsi fini par changer de place dans l’économie de la ville.

La mer, à Marseille, demain

Dans ces conditions, peut-être serait-il important, pour ceux qui sont, aujourd’hui, candidats et qui seront, demain, à la tête de la municipalité, de préciser la place qu’ils entendent donner à la mer dans la politique de la ville pour les six ans à venir après 2020. On peut imaginer quatre places de la mer dans l’économie de la ville à venir. La première est l’énergie ; en effet, sans doute faut-il imaginer des façons de dominer la mer, de l’utiliser d’une autre manière que pour le transport : pour utiliser l’énergie qu’elle peut produire de façon non polluante. La seconde place de la mer dans l’économie urbaine est une meilleure intégration de l’espace maritime dans le paysage de la ville et dans l’urbanisme marseillais. La mer a une troisième place dans cette économie future de Marseille : les transports et les déplacements dans l’espace de la métropole. Des tentatives ont été engagées dans ce domaine, mais sans doute faut-il les développer et accroître, en l’améliorant, cette place de la mer dans l’économie du transport métropolitain. Enfin, il st temps de repenser la place de Marseille dans les relations futures de la France avec les pays de l’espace méditerranéen : dans ce domaine, l’économie est pleinement une économie politique.

 

On peut souhaiter que cette question de la place de la mer dans l’économie de Marseille soit abordée au cours du débat électoral qui s’engage aujourd’hui, à l’approche des élections municipales de mars.


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