[Mes châteaux d’If] Une histoire du nationalisme corse en bulles.

Billet de blog
le 15 Oct 2021
0

Christophe Goby a longtemps écrit pour la revue Silence, le magazine CQFD, il collabore aujourd'hui au Monde Diplomatique aux pages livres. Il tient ici une chronique littéraire qui embrasse le monde dans toute sa diversité.

Le château d'If (Crédit : Milena/Flickr)

Le château d'If (Crédit : Milena/Flickr)

De la prise de la cave d’Aléria en 1975, événement fondateur de la lutte corse pour la reconnaissance de sa langue et de ses droits à la terre jusqu’au procès d’Yvan Colonna, ce récit graphique déroule les passages majeurs du combat des autonomistes ou indépendantistes corses. Le FLNC nait dès l’année suivante et dynamite ses premiers édifices. Il n’échappera à personne qu’il n’y a pas de femmes dans cet ouvrage. Sauf à l’époque où les nationalistes corses se font la guerre, des femmes réagissent pour demander la fin de la violence et l’Etat de droit. Comme si le combat était œuvre des hommes sans que les femmes aient la parole. Pourtant le récit est alerte, l’aventure est à chaque coin de pages, avec son cortège de violences. Comme au Pays basque ou en Irlande, des élections ont conclu un cycle de plastiquages et de meurtres. Aujourd’hui la Corse est dirigée par des élus corses dont le premier est le fils de Max Siméoni, l’un des participants à l’occupation de la cave d’Aléria. Deux grands courants vont se côtoyer et s’affronter durant 40 ans, ceux qui veulent passer par la voie légale et les autres qui fonderont le FLNC. L’intervention en fantôme bienveillant de Pasquale Paoli, figure de l’indépendance corse en 1755, sert de commun à toutes les factions qui se sont déchirées sur l’Ile.  On y apprend ces confessions historiques comme le financement par le groupe Trigano du FLNC en échange de la tranquillité, à savoir pas de nuits bleues dans ces centres de vacances. À petite fois, le mouvement glisse vers le grand banditisme. On se croise dans les prisons, on commet des actes illégaux, et on prend de l’argent en Corse. L’État français, à force de s’occuper de la lutte antiterroriste a négligé le banditisme. Cela l’arrangeait. La scénariste Hélene Constanty est journaliste et spécialiste de la Corse. 

Une histoire du nationalisme corse, Hélène Constanty, Benjamin Adès, Dargaud, Paris, 2021, 216 pages, 22,50 euros. BD.

+++

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire