Maison Blanche, urgence humanitaire !

Billet de blog
le 27 Août 2019
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La longue litanie des malheurs de l’homme et de notre planète est interminable. Elle donne le vertige et quand on y pense elle questionne profondément notre humanité, notre rapport aux autres et cette étrange étincelle qui nous fais encore parfois nous reconnaitre dans la douleur de l’autre.

Maison Blanche est une copropriété dégradée et abandonnée. Un collectif de femmes et d’hommes courageux se bat depuis plus d’un an pour le respect et la dignité des habitantEs de ce quartier. Mais la pauvreté est une malédiction qui lorsqu’elle s’abat sur la tête de l’indigent ne lui laisse aucun répit, aucune alternative. Comme si les conditions de vies de ce quartier ne se suffisaient pas, à elles-mêmes pour faire désespérer le plus extrémiste des enthousiastes, il a fallut qu’un incendie cruel viennent jeter des dizaines de délogés à la rue.

Après le sinistre on a pu voir le dénuement et le désespoir dans ce qu’il a de plus douloureux, de plus brutal, de plus cru ! On a aussi pu voir la solidarité qui s’est organisée spontanément et qui nous rattrapent juste au-dessus du précipice. A toutes ses femmes et à tous ces hommes qui se sont mobilisés, même en pensées, pour venir en aide aux sinistrés, je veux dire mon admiration, mon affection et ma reconnaissance en tant qu’humain ! Vous êtes celles et ceux  qui nous préservent de la fin des temps (en tout cas celle de l’humanité) !

Benoitement, je croyais qu’avec le drame de Noailles, les institutions et la mairie en particulier avait compris, trop tard mais compris quand même à quel point le mépris et l’indifférence ne pouvait plus faire office de programme ou de politique de gestion des administrés. Oui je l’ai cru, tant l’ampleur de cette catastrophe avait eu un impact sur notre inconscient collectif et qu’a défaut de toucher leurs cœurs, cette catastrophe les auraient mis en état d’alerte tant ce drame et les autres reviendront en boucle jusqu’aux élections. A défaut d’empathie et de prise de conscience, je comptais sur leur instinct de survie électoral pour réagir, agir et empêcher que ces situations ne se répètent et ne se reproduisent ! Mais en réalité ce sont les cyniques qui ont raison, cette mairie ne sait plus ou ne veut plus s’occuper des habitants des quartiers populaires.  Cette équipe municipale n’est pas la seule dans cette histoire à se foutre, comme d’une guigne, du sort de ces délogés ! Un expert qui refuse d’orienter son expertise dans le sens d’un arrêté de péril (malgré l’évidente insalubrité des lieux !!!) et une réunion en préfecture entre habitants et responsables préfectoraux qui accouche d’une souris.

La situation des délogés de Maison Blanche est révoltante !!! Humainement, socialement et politiquement ! Je crois en la force, la générosité, la créativité et la solidarité des MarseillaisEs pour que cette ignominie cesse et que les sinistrés soient accompagnés, rassurés et que leur avenir proche ne soient pas ce cauchemar que l’incurie de nos responsables leur prépare. La rentrée est là dans quelques jours et de voir ses enfants qui couraient dans l’inébranlable insouciance de leur enfance m’a retourné l’estomac. Voir ses mères et ses pères de familles désemparés et dans le dénuement le plus total m’a achevé. Ca n’est pas de l’ordre du possible ou de l’acceptable ! Oui je le dis avec violence : « Maudits soient les yeux fermés ! ». Je crois en cette intelligence que je côtoie depuis longtemps, celle de mes camarades du Collectif Maison Blanche. Quoiqu’ils/elles décident je serais derrière eux, moi et tant d’autres marseillaisEs qui ne veulent plus fermer les yeux ! Je leur transmets ma sollicitude, mon affection et mon soutien. J’écris et je signe de mon simple nom, j’ai beau être militant politique et acteur associatif, je suis avant tout un homme qui reconnait dans ce drame ses sœurs et ses frères en humanité, c’est bien là l’essentiel ! Si ces quelques lignes de gribouillis contribuent de façon anecdotique à la survenue d’une solution, qu’il en soit ainsi…mais VITE !

Mohamed Bensaada                                                               Marseille, le 27 Aout 2018

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