LES VERTS MARSEILLAIS DÉCIDENT DE NE PAS ÊTRE À GAUCHE

Billet de blog
le 6 Oct 2019
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Les élections municipales ont lieu demain

LES VERTS MARSEILLAIS DÉCIDENT DE NE PAS ÊTRE À GAUCHE

C’est donc décidé : lors de leur Assemblée générale, samedi 5 octobre, les membres marseillais d’Europe-Écologie-les Verts ont choisi de présenter des listes autonomes lors des prochaines élections municipales et de ne pas rejoindre le mouvement qui s’engage à gauche.

 La défiance à l’égard du mouvement de gauche qui s’engage

Le vote de samedi exprime, d’abord, une forme de défiance à l’égard du mouvement qui s’engage à gauche, à Marseille. En déclarant, à l’issue de l’Assemblée générale des Verts, « que c’est une erreur de penser que le préalable à une victoire est de construire l’unité » et que « le préalable à l’unité est de placer l’écologie au cœur des programmes », Sébastien Barles, qui sera la tête de liste d’Europe-Écologie-les Verts, entend situer le mouvement écologiste en-dehors du mouvement populaire de gauche qui semble se mettre en œuvre à Marseille. Il est curieux de constater qu’alors les Verts se sont, pour une large part, construits hors des partis politiques traditionnels et dans une dénonciation des erreurs de la logique des partis, ils semblent s’enfermer, à Marseille, précisément, dans la logique d’un parti clos sur lui-même. Il y a là une forme de contradiction qui peut tenir au vieillissement du mouvement écologiste, mais qui peut aussi tenir à la situation propre à la ville de Marseille, où les relations semblent avoir toujours été tendues entre les écologistes et les acteurs politiques de gauche. Mais, quand les Verts marseillais évoquent « un cartel d’organisations de gauche sans cohérence », c’est justement pour ignorer un mouvement qui se situe pour une fois hors des partis et qui entend les dépasser.

Le déni du caractère nécessairement antilibéral de l’écologie

Mais il faut aller plus loin. L’engagement écologiste est né dans une critique du libéralisme et il ne peut se tenir, aujourd’hui, à l’écart de cette critique. L’écologie est née en se fondant sur la dénonciation, déjà ancienne, des erreurs du libéralisme, de la logique de profit, de cette avidité qui a toujours poussé les entreprises et les acteurs du marché à ignorer que l’économie libérale entraînait le monde dans une fragilisation de plus en plus intense et dans une véritable course à la ruine et à l’autodestruction. On aurait pu croire que l’écologie entendait recomposer l’économie politique en construisant un monde différent, fondé sur de nouvelles façons de vivre, sur de nouvelles formes d’énergie et sur de nouvelles formes de consommation d’énergie, sur la dénonciation de la société de consommation dans laquelle le libéralisme nous avait plongés. Mais en s’enfermant dans la culture d’un parti clos sur lui-même, les Verts marseillais semblent ignorer – ou dénier – le caractère fondamentalement antilibéral de l’écologie, alors que l’écologie repose sur une forme de dénonciation du libéralisme.

À Marseille, une histoire politique qui s’est construite sans l’écologie

Il est vrai qu’à Marseille, l’histoire politique ne s’est pas faite avec les écologistes. À droite (y compris dans la droite dure), et à gauche, dans le P.S. et dans le P.C.F., l’histoire politique de la ville marseillaise s’est construite en-dehors des écologistes. Tout se passe, finalement, comme si, aujourd’hui, les écologistes entendaient se situer une fois de plus en-dehors des acteurs politiques de Marseille. Tandis que les mouvements de gauche se construisent en se fondant sur l’union entre les partis et les mouvements populaires, les écologistes semblent se situer en-dehors de cette union et, de cette manière, semblent se situer en-dehors de la gauche. Mais peut-être, justement, les élections municipales de 2020 auraient-elles été l’occasion de fonder une nouvelle forme de l’histoire politique en construisant un nouvel acteur de l’histoire politique de la ville fondé sur l’union de partis et de mouvements associatifs se retrouvant dans la critique du libéralisme et dans un projet municipal nouveau.

Les Verts marseillais face à l’urgence politique

Aujourd’hui, à Marseille, nous vivons dans une forme d’urgence, dont il a été maintes fois question ici. Les élections municipales sont l’occasion de repenser la politique de la ville et de fonder un nouveau projet politique pour la municipalité. En décidant de se situer en-dehors de ce mouvement populaire, les Verts marseillais décident d’ignorer l’urgence politique dans laquelle se situe la ville. Dans la situation dans laquelle se trouve Marseille aujourd’hui, de deux choses, l’une : ou les Verts sont forts et disposent d’une audience importante et ils risquent, ainsi, de porter la responsabilité du maintien du libéralisme à la tête de la municipalité marseillaise, ou le mouvement écologiste est faible et il est ridicule qu’il parte ainsi de façon autonome au combat électoral, en ignorant le mouvement populaire qui s’engage, alors que c’est l’union des acteurs de gauche qui se situe face à l’urgence politique en mettant l’écologie au cœur du débat public.

Les élections municipales ont lieu demain

LES VERTS MARSEILLAIS DÉCIDENT DE NE PAS ÊTRE À GAUCHE

C’est donc décidé : lors de leur Assemblée générale, samedi 5 octobre, les membres marseillais d’Europe-Écologie-les Verts ont choisi de présenter des listes autonomes lors des prochaines élections municipales et de ne pas rejoindre le mouvement qui s’engage à gauche.

 La défiance à l’égard du mouvement de gauche qui s’engage

Le vote de samedi exprime, d’abord, une forme de défiance à l’égard du mouvement qui s’engage à gauche, à Marseille. En déclarant, à l’issue de l’Assemblée générale des Verts, « que c’est une erreur de penser que le préalable à une victoire est de construire l’unité » et que « le préalable à l’unité est de placer l’écologie au cœur des programmes », Sébastien Barles, qui sera la tête de liste d’Europe-Écologie-les Verts, entend situer le mouvement écologiste en-dehors du mouvement populaire de gauche qui semble se mettre en œuvre à Marseille. Il est curieux de constater qu’alors les Verts se sont, pour une large part, construits hors des partis politiques traditionnels et dans une dénonciation des erreurs de la logique des partis, ils semblent s’enfermer, à Marseille, précisément, dans la logique d’un parti clos sur lui-même. Il y a là une forme de contradiction qui peut tenir au vieillissement du mouvement écologiste, mais qui peut aussi tenir à la situation propre à la ville de Marseille, où les relations semblent avoir toujours été tendues entre les écologistes et les acteurs politiques de gauche. Mais, quand les Verts marseillais évoquent « un cartel d’organisations de gauche sans cohérence », c’est justement pour ignorer un mouvement qui se situe pour une fois hors des partis et qui entend les dépasser.

Le déni du caractère nécessairement antilibéral de l’écologie

Mais il faut aller plus loin. L’engagement écologiste est né dans une critique du libéralisme et il ne peut se tenir, aujourd’hui, à l’écart de cette critique. L’écologie est née en se fondant sur la dénonciation, déjà ancienne, des erreurs du libéralisme, de la logique de profit, de cette avidité qui a toujours poussé les entreprises et les acteurs du marché à ignorer que l’économie libérale entraînait le monde dans une fragilisation de plus en plus intense et dans une véritable course à la ruine et à l’autodestruction. On aurait pu croire que l’écologie entendait recomposer l’économie politique en construisant un monde différent, fondé sur de nouvelles façons de vivre, sur de nouvelles formes d’énergie et sur de nouvelles formes de consommation d’énergie, sur la dénonciation de la société de consommation dans laquelle le libéralisme nous avait plongés. Mais en s’enfermant dans la culture d’un parti clos sur lui-même, les Verts marseillais semblent ignorer – ou dénier – le caractère fondamentalement antilibéral de l’écologie, alors que l’écologie repose sur une forme de dénonciation du libéralisme.

À Marseille, une histoire politique qui s’est construite sans l’écologie

Il est vrai qu’à Marseille, l’histoire politique ne s’est pas faite avec les écologistes. À droite (y compris dans la droite dure), et à gauche, dans le P.S. et dans le P.C.F., l’histoire politique de la ville marseillaise s’est construite en-dehors des écologistes. Tout se passe, finalement, comme si, aujourd’hui, les écologistes entendaient se situer une fois de plus en-dehors des acteurs politiques de Marseille. Tandis que les mouvements de gauche se construisent en se fondant sur l’union entre les partis et les mouvements populaires, les écologistes semblent se situer en-dehors de cette union et, de cette manière, semblent se situer en-dehors de la gauche. Mais peut-être, justement, les élections municipales de 2020 auraient-elles été l’occasion de fonder une nouvelle forme de l’histoire politique en construisant un nouvel acteur de l’histoire politique de la ville fondé sur l’union de partis et de mouvements associatifs se retrouvant dans la critique du libéralisme et dans un projet municipal nouveau.

Les Verts marseillais face à l’urgence politique

Aujourd’hui, à Marseille, nous vivons dans une forme d’urgence, dont il a été maintes fois question ici. Les élections municipales sont l’occasion de repenser la politique de la ville et de fonder un nouveau projet politique pour la municipalité. En décidant de se situer en-dehors de ce mouvement populaire, les Verts marseillais décident d’ignorer l’urgence politique dans laquelle se situe la ville. Dans la situation dans laquelle se trouve Marseille aujourd’hui, de deux choses, l’une : ou les Verts sont forts et disposent d’une audience importante et ils risquent, ainsi, de porter la responsabilité du maintien du libéralisme à la tête de la municipalité marseillaise, ou le mouvement écologiste est faible et il est ridicule qu’il parte ainsi de façon autonome au combat électoral, en ignorant le mouvement populaire qui s’engage, alors que c’est l’union des acteurs de gauche qui se situe face à l’urgence politique en mettant l’écologie au cœur du débat public.

Commentaires

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  1. Laurent MALFETTES Laurent MALFETTES

    Pourtant, Sébastien Barles et ses amis ont peut-être raison sur un point : l’unité n’est pas nécessairement le préalable à la victoire. Les seuls préalables sont la cohérence et la clarté et il faut bien reconnaître qu’on en est loin. N’oublions pas que le candidat unique de la gauche a échoué en 1974, tandis qu’il l’emportait en 1981 en dépit de la concurrence du parti communiste. Le potentiel électoral de la gauche à Marseille (entre 30 et 45 %) supporte deux listes au premier tour et deux listes pourraient mieux mobiliser qu’une.

    En revanche, les verts font sans doute erreur en affirmant que le préalable serait de placer l’écologie au centre du programme d’une liste d’union. On peut le déplorer, mais à Marseille, c’est l’urgence sociale qui prime. C’est peut-être l’affirmation de cette priorité, du primat de l’écologie sur le social, qui vous fait conclure que les verts ne seraient pas « de gauche » ? Pour ma part je me garderais de tirer une telle conclusion.

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