Les élections municipales ont lieu demain

LES CONTOURS DE LA MÉTROPOLE

Billet de blog
Bernard LAMIZET
19 Mai 2019 0

Bien sûr, il ne s’agit pas exactement des élections municipales à venir, mais, tout de même, le débat sur les contours de la métropole de Marseille et sur ses limites s’inscrit dans le champ du débat qui a lieu autour des élections municipales. « Marsactu » a, d’ailleurs, récemment consacré un article d’A. Lambert sur le débat autour de la fusion de la métropole et du département.Les élections municipales et le fait métropolitain Le débat sur la métropole et sur son identité s’inscrit pleinement dans le débat lié aux élections municipales, ne serait-ce que c’est sur les municipalités et les maires désignés l’an prochain que reposera la mise en œuvre de ce que l’on peut appeler la nouvelle métropolisation. Cela explique que l’approche des élections municipales aiguise le débat sur la métropole, lui donne une forme d’urgence. Mais, dans le même temps, cela nous permet de mieux comprendre un fait évident : il ne peut y avoir d’identité métropolitaine sans élection directe de son assemblée et de son exécutif. Depuis le début, l’existence des communautés urbaines est, en quelque sorte, faussée, car les habitants des métropoles ne peuvent pleinement exercer ce que l’on pourrait appeler une citoyenneté métropolitaine, car ils ne peuvent pas désigner eux-mêmes les partis et les élus qui les dirigent. Pour que le fait métropolitain soit pleinement reconnu comme un fait politique propre, pour que la métropole soit une véritable identité, il faut que ceux qui y vivent puissent exprimer eux-mêmes leurs choix et leurs engagements en désignant eux-mêmes, directement, leurs institutions.La métropole : un réseau urbain On pourrait dire, pour définir ce qu’est une métropole, que le passage de l’identité urbaine de la ville à l’identité métropolitaine se fonde sur une logique de réseau. C’est l’existence d’un réseau qui institue la métropole : réseau de circulation et de transports en commun, réseau de distribution d’eau et d’énergie, réseau d’activités professionnelles et d’emplois, réseau de formation. En effet, c’est la mise en œuvre d’un réseau qui fonde ce que l’on peut appeler la transition de la ville à la métropole, en rendant nécessaires la mise en œuvre de politiques communes, de fiscalités locales partagées, de budgets communs, de politiques communes d’urbanisme et d’aménagement de l’espace. Une métropole inscrit les villes qui la composent dans une forme de solidarité, dans une logique d’interdépendance, qui fonde une identité politique partagée, une histoire commune, des projets élaborés en commun pour un futur lui aussi partagé. Cette nécessité d’instituer une logique de réseau s’articule à ce que l’on peut appeler le changement d’échelle de l’espace urbain.Contours et limites de la métropole marseillaise : la métropole et le département C’est bien en raison de cette logique de l’espace que le problème politique initial de l’identité métropolitaine est celui de ses contours, de ses limites. C’est pourquoi le projet de fusion de la métropole de Marseille et du département des Bouches-du-Rhône est réellement problématique. D’abord, l’identité métropolitaine n’est pas du même ordre que l’identité départementale : quand les départements ont été imaginés et encore aujourd’hui, ils ne se confondent pas avec des faits urbains, avec des politiques de la ville. Ils connaissent d’autres questions et d’autres débats que ceux des villes, ne serait-ce que parce qu’ils ont aussi à connaître des questions de politique rurale ou parce que les logiques de transports n’y sont pas les mêmes que dans un espace urbain. Dans un département comme celui des Bouches-du-Rhône, il existe des espaces qui ne s’inscrivent pas dans une logique urbaine, qui ne sont ni aménagés ni régulés selon les critères et les modes de pensée de l’urbanisme et de l’aménagement des villes. Par ailleurs, si Aix et Marseille s’inscrivent dans des logiques, par exemple judiciaires et universitaires, qui les associent, des villes comme Arles ou la Ciotat ne se situent pas dans ces espaces, n’ont pas la même économie, n’ont pas les mêmes logiques d’habitat. Il y a trop de différences entre la continuité urbaine d’Aix et de Marseille et des espaces comme celui d’Arles, celui de l’étang de Berre ou celui de la Ciotat pour que la métropole marseillaise se confonde avec le département des Bouches-du-Rhône ; d’ailleurs, et ce n’est pas rien, on se demande quel nom donner à une métropole qui serait ainsi confondue avec le département. C’est, de plus, la même question des contours et des limites qui se pose autour de la question d’un éventuel référendum : qui voterait ? Faudrait-il que le référendum soit organisé à l’échelle du département ou faudrait-il le limiter aux communes comme celles du pays d’Arles, dont l’appartenance à la future métropole est le plus vivement remise en question par ceux qui les habitent ? Reste une dernière question, peut-être la plus importante de toutes : quel projet politique se cache-t-il derrière cette sorte d’empressement de l’État à pousser à la fusion, quelle préoccupation en termes de pouvoir ? Le débat ne pourra avoir lieu tant que cette question ne trouvera pas de réponse.


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