À la fois ville, métropole et département, Marseille est une sorte de monde

LE MONDE DE MARSEILLE

Billet de blog
Bernard LAMIZET
16 Sep 2018 0

Au-delà de l’organisation d’une ville et de ce qui l’entoure comme un espace séparé, presque isolé du monde réel dans lequel ce monde se situe, Marseille et ce qui l’entoure constituent, pour ceux qui y habitent comme pour ceux qui viennent s’y promener ou qui établissent des liens, une sorte de monde à part, un monde distinct du monde réel qui se trouve à côté. Mais de quoi est fait ce monde, comment se caractérise-t-il ?

Une nouvelle association entre le monde et la mer

C’est, d’abord, cela, Marseille : un monde dans lequel la mer fonde l’espace dans lequel nous vivons en y habitant. Même à l’intérieur des terres comme dans des villes comme Aix ou Arles et comme dans les espaces qui les entourent, on a toujours, à un moment ou à un autre, le sentiment de se trouver près de la mer. C’est Marseille et tout l’espace qui l’entoure qui associe d’une façon particulière le monde terrestre dans lequel on habite et le monde de la mer dans lequel on circule, dans lequel on se donne l’impression d’échapper au monde des autres vivants. Tout le monde connaît, à Marseille, cette nouvelle association entre le monde et la mer, depuis que, selon le mythe de Pythéas, elle a été, en quelque sorte, fondée par des voyageurs qui venaient de la mer et qui avaient choisi de s’installer là en s’unissant à une femme qu’ils y avaient rencontrée. C’est sans doute cela que raconte l’histoire de Pythéas : une nouvelle association entre le monde et la mer, entre deux mondes, finalement, celui des femmes et des hommes qui vivent sur la terre, et celui de la mer, un autre monde, voisin, dans lequel ils finissent par se perdre. Mais, de ce fait, ce monde est un monde qui réunit la mer de Marseille, et la terre et les paysages des autres villes et des autres lieux. C’est ainsi que les villes et les paysages qui se trouvent à l’intérieur des terres, dans cette part de Provence qui est proche de la mer en se situant dans les limites de la métropole et du département, sont toujours liés à la mer, ils ne se situent jamais bien loin d’eux.

 

Un monde fondé sur une culture propre

C’est de cette façon que cet espace donne naissance à un monde vivant d’une culture propre. Il ne s’agit pas seulement des traditions, comme celles, vraies ou fausses, que Marsactu, a étudiées ces temps derniers, il ne s’agit pas d’une langue et d’une musique qui permettent à ceux qui habitent cet espace et à ceux qui le découvrent, de se trouver dans un monde un peu séparé de celui des autres vivants, il s’agit d’une véritable culture propre, à la fois faite d’aménagements particuliers des villes, de logiques particulières de construction et d’aménagement des paysages, de façons nouvelles d’habiter l’espace dans lequel on vit. Ce monde de Marseille et de sa métropole est fondé sur des façons particulières de s’exprimer dans l’espace dans lequel on vit. On n’y habite pas seulement, à Marseille et dans la métropole : on y reconnaît quelque chose de l’identité dont on est porteur. C’est bien pour cela que l’aménagement de l’espace est important pour ceux qui y vivent : il ne s’agit pas seulement d’une façon de rendre cet espace utilisable, pleinement habitable, il s’agit d’en faire un monde dans lequel ceux qui y habitent peuvent s’y retrouver, s’y reconnaître, pleinement, dans une sorte de vérité.

 

Un espace politique particulier

C’est pour touts ces raisons que l’espace de la ville, de la métropole et du département constitue un espace politique un peu particulier, avec ses logiques propres de pouvoir, de décision et d’information et ses acteurs particuliers, ses identités politiques, même, qui ne sont pas toujours les mêmes que celles du reste de l’espace national ou même de l’espace de la région. Cet espace politique particulier de Marseille et de sa métropole, on peut le reconnaître à trois traits qui le caractérisent. Il s’agit, d’abord, d’un monde irrigué par une culture ancienne et par des formes anciennes d’expression et d’échange qui lui sont propres et qu’on y parle, comme entre soi, depuis des siècles. Il s’agit, par ailleurs, d’un espace politique dans lequel les engagements et les identités ne sont pas les mêmes que ceux du reste de l’espace politique de notre pays. Il s’agit, enfin, en grande partie parce que la mer est là, mais pas seulement, d’un espace pleinement ouvert sur le reste du monde. Dans l’espace de Marseille et de sa métropole, la politique n’engage pas seulement des identités nationales, elle fait s’y rencontrer des identités et des acteurs venus de toutes les cultures et de tous les pays. Peut-être st-ce cela qu’il importe d’avoir présent à l’esprit lors de nos expériences de la vie politique qui s’y mène, et, en particulier, à l’occasion des prochaines échéances électorales, au moment d’y élaborer des projets et d’y tenir des discours d’acteurs.


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