Etre célibataire et vouloir un enfant : une si grande solitude [Chicane #9]

Billet de blog
Chicane - Petit observatoire de controverses
4 Déc 2018 0

Chaque année, de nombreuses femmes célibataires se rendent en Espagne ou en Belgique pour avoir recours à une procréation médicalement assistée (PMA). Souvent livrées à elles-mêmes dans un pays qui leur est inconnu, elles se lancent dans ce qu’elles jugent être leur dernier espoir pour avoir un enfant. C’est le cas d’Eva-Sophie, 42 ans, célibataire parisienne qui a commencé son parcours du combattant en septembre 2015.

« À partir de 36 ans, j’ai su que je voulais vraiment être maman mais j’avais toujours en moi l’espoir de rencontrer le futur père de mes enfants. Seulement, il ne s’est rien passé. À 39 ans je me suis dis que c’était maintenant ou jamais pour commencer les démarches pour une PMA » témoigne Eva-Sophie. C’est à ce moment là qu’elle décide de se rendre en Espagne pour pratiquer une fécondation in vitro (FIV) dans une clinique privée. Le début d’une épreuve qui durera deux ans et demi. Trente mois d’allers et retours incessants et d’incertitudes. Elle décrit son parcours comme étant de plus en plus isolant : « Des traitements hormonaux éprouvants, des difficultés pour trouver des gynécologues spécialistes, de nombreux voyages non planifiables à l’avance… ».

À cela s’ajoute le manque d’information en France sur le sujet. « Quand j’ai commencé mes démarches il y a quelques années, j’étais surprise de voir qu’il n’y avait pas beaucoup de forums de discussions traitant de cette question, je me suis vite sentie seule » déplore Eva-Sophie. Elle insiste également sur le sort des cliniques privées espagnoles qui ont fait de la détresse de ces femmes seules un véritable business :« Il y en a partout en Espagne et c’est difficile de choisir une clinique qui ne fait pas ça seulement pour l’aspect financier » regrette Eva-Sophie. Ainsi, c’est contre cette solitude qui marquera significativement son parcours, qu’elle décide de créer en mai 2017 son blog « icimamasolo ». Elle y raconte son parcours afin de partager son expérience avec d’autres femmes dans le même cas mais aussi pour sensibiliser le grand public à cette cause.

En février 2018, après deux FIV infructueuses, la congélation de ses ovocytes et de lourds traitements hormonaux, elle décide de faire une « pause » dans son projet de maternité. La quarantaine passée, elle sait que ses chances d’avoir un enfant s’amenuisent. En effet, à partir de 40 ans, les femmes qui ont recours à une PMA ont une chance sur deux de faire une fausse couche.

 

Alexine Besson

 


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