Et elle est où la cinémathèque ?

Billet de blog
par Lagachon
le 6 Mar 2013
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“Existe-t-il vraiment une cinémathèque à Marseille ?” C’est en allant à l’Institut de l’image d’Aix le mois dernier que je me suis posé cette question. Il y a des films le mardi soir dans une salle sur le Boulevard d’Athènes, l’Alhambra et les Variétés font parfois des retros, il y a les festivals divers et variés, et bien sûr la Buzine. Mais existe-t-il un endroit que l’on puisse sincèrement nommer cinémathèque ?

Mais d’abord, qu’est ce qu’une cinémathèque ?

D’après le Larousse en ligne “Lieu où l’on conserve et projette les films de cinéma.” Donc un lieu avec a minima une salle de projection et des archives de films. Par extension, on peut dire que c’est un lieu de conservation et diffusion autour du cinéma, comme le fait la Cinémathèque française à Paris (expositions, projections, archives, bibliothèque etc…). A Barcelone, c’est surtout un lieu de projections (avec plusieurs salles et séances par jour) et débats (ciné-club), avec une médiathèque importante. A Nice, il y a 300 à 400 projections par an mais aussi des ciné-concerts, des avant-premières avec des stars (bling bling d’azur oblige). A Lyon, l’Institut Lumière organise même le festival du même nom et programme 2 films par jour (sauf le lundi) près du musée dédié aux inventeurs du cinéma.

Et nous, alors, on a quoi ? La cinémathèque de Marseille propose donc un film par semaine et donne l’impression de vivoter tant bien que mal dans des locaux qu’elle partage avec une librairie de l’éducation nationale ou quelque chose dans le style. Mais pas d’archives ni de bibliothèque à l’endroit où sont projetés les films.

A la Buzine, château récemment rénové pour accueillir la très pompeuse “Maison des cinématographie de la Méditerranée”, on tourne à 6 ou 8 projections hebdomadaires, principalement les mercredi, jeudi, samedi et dimanche. Toujours pas d’archives ou bibliothèques, mais des expositions. Il ne me semble pas avoir entendu parler d’une rétrospective impressionnante comme en organise la cinémathèque française à Paris ou catalane à Barcelone (qui a quand même accueilli Guédiguian et Ascaride…), les commentaires laissés sur cet article de marsactu ne m’encouragent pas à penser le contraire. Et je n’en parlerai pas plus car tout ça est perdu dans la cambrousse et très pauvrement relié en transports en commun (2 bus depuis la place Castellane, dont le 51 qui ne circule pas le dimanche et férié, avec les autres jours environ 1 bus/heure et le dernier à 18h). J’ai l’impression qu’ils n’ont pas envie que j’y aille, ou en tous cas, j’ai intégré l’info comme telle.

Et puis il reste les initiatives privées ou para-publiques : l’Alhambra (mais idem pour y aller /  revenir), les festivals en tous genres qu’accueillent le Variétés, le Prado et d’autres. Et le vidéodrome qui cherche à ouvrir une salle de projection autour de la Plaine (plus d’infos à venir dès qu’ils m’en donneront).

Bref, on peut dire qu’il existe des petites structures par-ci par-là, un beau saupoudrage comme on sait le faire à Marseille : un petit peu au nord, un gros petit peu au Sud sans transports en commun pour pas avoir trop de pauvres, et des initiatives discontinues au centre parce qu’on arrive tant bien que mal à faire des trucs supers avec trois bouts de ficelles : bravo les festivals et bon courage le Vidéodrome !

Bien sûr, dans le cadre de la volonté municipale de réhabiliter le centre-ville, de positionner la ville sur le cinéma (cf projets de studios Pinewood ou Raleigh), on peut regretter qu’il n’y ait pas une tentative de centraliser les efforts :

  • Soit à travers une nouvelle ambition pour la Buzine qui présente l’avantage d’un cadre unique mais aurait besoin d’une gestion plus dynamique et exigeante, ainsi qu’une liaison directe avec le centre-ville (pourquoi ne pas y faire un bus sur le modèle du 50 qui passe par l’autoroute?).
  • Soit à travers un format à deux lieux (Buzine + Centre-ville) avec une programmation complémentaire, et surtout un nouveau lieu autour de la Canebière (qu’ils disent tant vouloir animer) ou de Longchamp (beau clin d’œil à l’histoire du boulevard avec le cinéma) avec des archives, une médiathèque, des cycles cohérents et ambitieux, des projections le soir… une offre complémentaire aux Variétés / César.

Bien sur, la seconde option me plait plus. La Buzine peut être réservée pour la partie musée, grands évènements et location aux entreprise. Quant à l’espace au centre, j’ai mon petit chouchou : le bâtiment Picon en bas du Boulevaard National !

Commentaires

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  1. Ça existe encore le Vidéodrome ? Parce qu’à chaque fois que je passe devant, c’est fermé…

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    • oui, j’y suis passé vendredi dernier. Si j’ai bien compris, ça ferme le lundi, mais sinon c’est ouvert tous les jours (un truc comme 15h-22h).

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  2. Si on parle de cinémathèque il faut aussi parler de la conservation des films et je voudrais citer ici le travail de cinémmémoire qui a rasssemblé depuis 2001 un e collection de films et qui défend un projet pour que soit créé une véritable cinémathèque régionale. Je fais parti de cinémémoire et je vous invite à soutenir ce projet pour que les films soient conservés pour les générations futures et qu’il y ait une offre de programmation plus diversifiée et plus ambitieuse à Marseille.

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