ÉCOLOGIE ET POLITIQUE

Billet de blog
Bernard LAMIZET
4 Août 2019 0

Les élections municipales ont lieu demain

ÉCOLOGIE ET POLITIQUE

Bien sûr, la question de l’écologie a été abordée ici à de multiples reprises, au fil des réflexions sur les élections municipales de 2020, à Marseille. C’est nouveau : Marseille semble avoir toujours connu une sorte de déni de la dimension écologique des politiques publiques de la ville. Mais peut-être est-il temps, aujourd’hui, d’engager une discussion, à l’occasion de ces élections, sur la relation entre écologie et politique dans le débat public.

 Une politique écologique

Commençons par ce qui peut apparaître un commencement : qu’est-ce qu’une politique écologique ? Qu’est-ce qu’une politique qui prend pleinement en considération la dimension écologique du fait politique, la dimension environnementale de l’engagement ? Sans doute peut-on définir une politique écologique, d’une façon générale, comme une politique de l’espace.

Trois aspects me semblent caractériser une politique municipale ainsi engagée.

Le premier est la politique des transports et de la circulation. Nous avons déjà abordé aussi ce point, mais il peut être important de le mettre en perspective dans une approche plus large de la politique écologique. Une politique écologique de la circulation urbaine commence par la diminution du flux de la circulation automobile dans l’espace de la ville. Il devient urgent de réduire la place de la voiture dans l’espace urbain, à la fois pour réduire la pollution – tant sur le plan de la pollution de l’air que sur le plan de la pollution sonore – et pour rendre les rues de Marseille plus sûres et plus agréables, car l’excès des voitures a fini par les rendre invivables.

Le second aspect d’une politique urbaine écologique – lié, d’ailleurs, au premier, bien sûr – est l’élaboration d’un véritable plan de diminution – ou, au moins, de modération – de la consommation d’énergie. La municipalité issue des élections de 2020 devrait engager une politique visant à réduire la consommation d’énergie par la municipalité elle-même et, grâce à une politique d’incitation, par les habitants de la ville : la réduction de la consommation  d’énergie devrait devenir un acte citoyen. L’autre aspect de cette politique énergétique écologique devrait être la participation de la municipalité à la recherche de sources d’énergie différentes, l’engagement de c que l’on pourrait appeler une politique énergétique alternative.

Enfin, une politique municipale écologique devrait faire de l’environnement un des thèmes majeurs de l’engagement des candidats aux élections municipales. Sans doute cet aspect de la politique de la ville n’a-t-il jamais été réellement approfondi lors des élections municipales précédentes, mais nous nous trouvons devant une forme d’urgence : l’engagement écologique, cette année, doit faire partie des thèmes des discours des candidats et des critères du choix des électeurs.

Une écologie politique

Mais bien sûr, il faut aussi poser la question dans l’autre sens : qu’est-ce qu’une écologie réellement politique ? L’écologie est-elle, pour le moment, politique, dans notre ville ? Une écologie politique porte sur deux points essentiels.

Le premier est l’articulation entre l’écologie et la lutte contre les inégalités : une écologie politique est une écologie qui s’inscrit dans l’orientation de réduire les inégalités – voire de les faire disparaître. Cela porte sur une politique de l’aménagement de l’espace urbain, qui devrait être travaillée et mise en œuvre de façon égale dans l’ensemble des quartiers : il n’y a pas que la Canebière qui devrait être piétonnisée et recomposée, mais ce sont tous les quartiers de la ville, tous les sites qui la composent, qui devraient, de la même façon, être esthétiquement améliorée – pas seulement pour les touristes, mais aussi pour ceux qui y vivent. Une politique de lutte écologique contre les inégalités porte aussi sur le logement : dans l’élaboration d’une écologie politique de la vie quotidienne, ce sont les conditions de vie et d’habitation qui devraient être les mêmes pour tous ceux qui vivent à Marseille. Une écologie politique entend faire disparaître les inégalités entre les quartiers, devenues si aiguës à Marseille.

L’autre aspect d’une écologie politique est une écologie qui s’engage. Une écologie politique s’inscrit aussi dans ce que l’on peut appeler une économie politique écologique, qui cherche à réduire le pouvoir des acteurs financiers et à faire exercer à la puissance publique l’ensemble des pouvoirs politiques, ce qui lui permettra d’engager une politique de l’espace urbain. Ne nous trompons pas : une écologie politique est une écologie qui comporte une dimension économique, car l’économie est le nerf de l’écologie comme celui de l’ensemble des aspects de la politique urbaine. Jetons un coup d’œil au calendrier : nous sommes aujourd’hui le 4 août. C’est une date, dans l’histoire de la France, car c’est au cours de la nuit du 4 août1789  que notre pays s’est décidé à engager l’abolition des privilèges. Même si nous en sommes encore loin, il faut comprendre que c’était peut-être la première fois que s’engageait pleinement une économie politique. Aujourd’hui, les enjeux d’une telle économie sont devenus plus complexes, et l’écologie est devenue un des aspects majeurs de cette économie politique. Une écologie politique est une écologie qui oriente aussi les choix économiques.


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