Déconstruction, novlangue et communication

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Rédaction de Marsactu
8 Fév 2019 0

Le métier de journaliste condamne ceux qui l’exercent à se colleter régulièrement à ceux qui ont fait profession de communiquer. Cette semaine de parution nous a fait passer par à peu près tous les affres de la communication. Lundi, Marsactu révèle le contenu d’un rapport de l’inspection du travail au sein de la cokerie. Contacté par nos soins la direction d’Arcelor se fend alors d’un communiqué minimal qui se borne à aligner les évidences. Nous apprendrons ensuite que cette communication corsetée s’est doublée d’un message en interne auprès des salariés, visant à rassurer ces derniers sur la prise en compte de leur santé.

Mercredi, c’est à la novlangue bien huilée de la direction de l’AP-HM que nous avons découvert à l’occasion des vœux à la presse. Les hôpitaux sont malades, un plan de restructuration – avec perte d’emplois – est prévu mais la direction positive le changement en usant d’une langue où l’absentéisme devient un « irritant » et les personnels sont conviés à choisir le nom du plan de redressement.

Jeudi, plongée dans le déconstructivisme municipal. Depuis le drame de la rue d’Aubagne, il est convenu que la puissance publique ne démolit pas un immeuble. Elle déconstruit. Le terme permet de décrire la délicatesse d’une opération sur des immeubles qui sont tous solidaires. C’est le cas de ceux de la rue de La Palud, qui menacent à leur tour de s’effondrer. Il vise aussi à atténuer l’effet d’une destruction de bâtiments à l’abandon alors même que le nombre de personnes délogées ne cessent de progresser. Dans les trois cas, la communication, avant l’action, est une réponse à la crise. Et notre rôle est donc d’en déconstruire les mécanismes.


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