Dans ma rue

Billet de blog
Zumbi
6 Sep 2018 1

Dans ma rue, il y a quelques jours, surprise ! Je vois qu’enfin des ouvriers sont en train de repeindre d’un blanc éclatant alors qu’ils étaient invisibles depuis belle lurette, fournissant une excuse supplémentaire à nombre d’automobilistes odieux et à quelques chauffeurs de bus brutaux pour ne pas partager la rue, et à d’autres de garer leur véhicule en dépit du code de la route. Bonne nouvelle, pas trop tôt !
Poursuivant mon chemin je m’avise que ce sont repeints deux ou trois passages, mais que quelques dizaines de mètres plus loin c’est fini. Lorsque je reviens chez moi un peu plus tard je constate que seuls les passages aux abords de l’établissement d’enseignement qui ont été rafraîchis. Bon, je ne vais pas faire le grognon, c’est toujours ça, c’est vrai que quelques jours avant la rentrée la sécurité des minots peut passer avant le reste…

Mais voilà que le lendemain, allant faire une autre course, je passe aux abords d’un autre établissement scolaire proche, autre surprise : les passages piétons sont aussi invisibles qu’en  juin dernier, tiens donc. Et comme parfois je cherche à comprendre, la seule différence que je vois est que de ces deux établissements, sis dans la même rue, l’un est public, l’autre est privé. Apparemment il convient de se préoccuper de la sécurité des uns plus que de celle des autres.
Néanmoins la petite école publique  a bénéficié d’une attention délicate : sur le beau panneau d’affichage à côté du portail  resplendit une belle affiche grand format toute neuve avec le portrait, tout sourire, du maire d’arrondissement, il faut croire que l’une des urgences de la rentrée étaient de faire voir cette tête et faire lire ce nom aux élèves de l’école de la République et à leurs parents. Peut-être a-t-on pensé que c’étaient surtout ceux-là qui avaient voté avec leurs pieds lors du dernier scrutin où cet élu local, quasiment certain de devenir député, avait été écarté par deux nouveaux venus dès le premier tour ?

Cela dit, hélas l’argent qui a été dépensé pour la sécurité des élèves de l’établissement privé est à peu près été aussi gaspillé que le reste : j’oubliais de le dire, comme d’habitude hélas, à mesure que les ouvriers peignaient les passages piétons dans ma rue ils déplaçaient les plots pour rouvrir tout de suite la voie à la circulation. Résultat : d’emblée d’énormes traces noires s’imprimaient sur la peinture humide. Comme il y a un peu moins de circulation, c’est moins spectaculaire que ce qui s’est passé sur le grand boulevard qui croise ma rue, il y a quelque temps : peints en milieu de matinée, les passages peints étaient déjà quasi-invisibles à la nuit tombée. Là comme pour d’autres travaux de voirie, je reste toujours perplexe devant le comportement de la municipalité à l’égard de ses sous-traitants. Lorsque vous faites faire des travaux chez vous, chère lectrice, chère lecteur, en général vous faites ce qu’on appelle une réception des travaux, et le résultat bénéficie d’une garantie audélai précisé contractuellement. Et si à réception des travaux le résultat n’est pas conforme à la commande, vous ne payez pas, ou pas tout. Eh bien dans notre ville oui. Quand le travail fait chez nous — car la ville c’est chez nous tous — est ni fait ni à faire, apparemment personne ne vient vérifier ce résultat, et on paie. Avec nos sous. Un de ces quatre je vous parlerai de la manière dont on fait semblant de reboucher les trous dans les rues. Mais là c’est assez pour aujourd’hui.


Commentaires

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  1. VALERIEVALERIE

    Excellent ! On me dit que le mot excellent tout seul ne suffit pas et que le commentaire est trop court.

    Les “travaux semblants” de Marseille ! Une institution.

    Comme les pistes cyclables de 20m de long ou les fausses voies rapides des bus.

    La peinture s’efface, les impôts restent.

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