« Construire des logements oui, mais pas sur des terres agricoles »

Tribune
Invités de Marsactu
16 Mar 2018 0

Plusieurs associations organisent ce samedi une manifestation à Peynier pour défendre les terres agricoles grignotées petit à petit sur le territoire de la métropole. Le président d’une de ces organisations, Max Pennacchiotti expose les enjeux et les raisons de cette mobilisation.

Les terres agricoles sont partout convoitées sur le territoire français mais peut-être plus encore dans le département des Bouches-du-Rhône. Un département fort attrayant qui a vu ses villes et villages se développer à un rythme infernal, tant sur le plan de l’habitat que des zones commerciales ou d’activités.

Chaque municipalité voulant sa zone sans regarder du côté du voisin et surtout bien souvent sans une vision d’ensemble concertée. Une étude diligentée par une mission interministérielle entre 2012 et 2015 avec la participation de plus de 1 200 élus de notre territoire indique clairement qu’il est vital de préserver les zones agricoles : « la métropole Aix Marseille compte aujourd’hui plus de 60 000 hectares de terres agricoles. Chaque année environ 900 hectares de ces terres sont consommés pour d’autres usages. À ce rythme, le territoire ne comptera plus de terres agricoles d’ici 67 ans ». L’étude conclut que « le développement futur devra se limiter aux zones urbanisées actuelles tout en sanctuarisant les terres agricoles… » (Devillers et Associés)

Privilégier les projets « en continuité des noyaux villageois »

Le constat est sans appel et correspond bien à une réalité visible autour de nous. Peynier situé face à la Sainte-Victoire en pays d’Aix et Auriol au pied de la Sainte-Baume en pays aubagnais sont deux communes qui subissent la perte de leurs surfaces agricoles. Cette disparition programmée est la conséquence dans les deux cas, de la volonté des mairies d’Auriol et de Peynier de s’engager sur des projets d’urbanisation sur des terres agricoles alors que des secteurs plus propices en continuité du cœur villageois seraient disponibles.

En tout, 22 hectares sont en danger, 7 à Auriol aux Adrechs et 15 à Peynier quartier de la Treille/La Corneirelle, face à la montagne Sainte-Victoire si chère à Cézanne. À Auriol, Mme le maire a besoin des terres pourtant sanctuarisées dans le SCOT du pays d’Aubagne et de l’Étoile, pour y implanter un programme immobilier. Le Collectif 3A s’est constitué pour la sauvegarde des terres agricoles dont une partie est encore cultivée, et a mis une pétition en ligne.

A Peynier, les 15 hectares sont la propriété de la Mairie depuis 2009 [lire l’article de Marsactu]. Ces terres dont une partie classée en AOP Côtes de Provence (appellation d’origine protégée) ont été volontairement laissées en friche par la municipalité. Cette dernière a tenté plusieurs fois de les déclasser mais les recours contentieux déposés auprès du tribunal administratif ont permis jusqu’à présent de les préserver. Le récent PLU adopté par le conseil municipal a une fois de plus déclassé ces terres qui depuis sont vendues par parcelles à des constructeurs. Le projet est démentiel puisqu’un hôtel de luxe, une zone d’activités tertiaire, une cuisine centrale, un Ehpad et des logements sont prévus sur ces 15 hectares. Si ce projet abouti, la zone sera totalement bétonnée entraînant de nombreuses nuisances.

« Ne pas sacrifier aux sirènes de l’urbanisation à outrance »

Une vision restreinte à très court terme anime certains élus qui rentrent dans le « jeu » des constructeurs et de la spéculation foncière. Certes, il faut construire des logements pour tous, accueillir des Ehpad mais pas n’importe où ! Ne pas sacrifier aux sirènes de l’urbanisation à outrance alors que nous avons besoin dans les communes comme Auriol et Peynier de préserver des terres agricoles pour permettre à des agriculteurs de s’installer en bio, de favoriser les circuits courts et d’assurer notre autonomie alimentaire tout en maintenant une biodiversité essentielle à notre environnement.

La préservation du foncier agricole comme le souligne le « Collectif de défense des terres fertiles PACA » est un bien commun précieux. C’est une action « Priori-Terre » pour chacun de nous aujourd’hui et pour les générations futures. Alors le combat du Collectif de Peynier et du Collectif 3A d’Auriol, avec le soutien de nombreuses structures associatives, ne concerne pas que les habitants de ces communes mais l’ensemble des citoyens de notre département.

Max Pennachiotti est le président d’Action terres citoyennes PACA. Avec le collectif de Peynier et le collectif 3A d’Auriol, ils organisent une manifestation ce samedi avec pour mot d’ordre « Oui, à la sauvegarde des terres agricoles ». Le rendez-vous est donné à 10 heures au rond-point route de Trets-route des Michels sur le CD6 à Peynier.

Le titre et les intertitres de cette tribune sont de la rédaction.


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