Affaires politico-financières : la feuille de route de la procureure de Marseille

Interview
par Benoît Gilles & Jean-Marie Leforestier
le 7 Déc 2020
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Dominique Laurens et deux de ses collègues du parquet de Marseille ont reçu Marsactu pour évoquer les dossiers relatifs à la probité publique. Abondance d'affaires, enquêtes à rallonge mais aussi manque de moyens : ils décryptent le fonctionnement de la justice sur ces sujets.

Dominique Laurens, procureure de Marseille. Photo JML

Dominique Laurens, procureure de Marseille. Photo JML

En dix ans, plus de dix parlementaires passés ou actuels ont fait l’objet d’une enquête judiciaire dans le département. Une députée socialiste, Sylvie Andrieux, a été définitivement condamnée à de la prison ferme pour des faits relevant de ses fonctions au conseil régional. Plus récemment, l’ancien député européen Karim Zeribi a été condamné en première […]

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Les coulisses de Marsactu
Sollicité par Marsactu, cet entretien a eu lieu le 2 décembre dans le bureau de la procureure de Marseille, Dominique Laurens, en présence d'Étienne Perrin et Frédéric Maurel-Ollivier, deux magistrats du parquet spécialisés dans la délinquance économico-financière. L'entretien a été réalisé avant que la presse révèle les conclusions du parquet national financier dans l'enquête sur le temps de travail à la Ville de Marseille.
Benoît Gilles
Journaliste
Jean-Marie Leforestier
Journaliste

Commentaires

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  1. jasmin jasmin

    wow, bravo pour l’existence même, la qualité des questions et la clarté de sa présentation de l’article. Très impressionnant et instructif, même si affligeant sur la délinquance locale. Continuez SVP ce type d’investigation et d’entretien. On a besoin de savoir comment les représentants du peuple gèrent le jugement de la corruption. Je trouve aussi excellent que les deux journalistes spécialistes aient mené à deux la preparation, la conduite et la redaction de cet article qui mérite d’être lu et relu.

    J’ai noté que comme pour la métropole, la juridiction inter-régionale est “bouffée” par les cas à Marseille mais pas vraiment aidante pour Marseille. J’espère que Dupont-Moretti va se pencher sur le dossier et trouver des solutions pour renforcer les moyens et raccourcir les temps de gestion des dossiers qui impactent notamment la réélection des élus corrompus. On peut se dire que les citoyens ont un cerveau pour ne pas réélire ces personnes, mais comme les sénateurs ne sont pas élus en suffrage universel, ça dit des vérités sur la corruption des autres élus, eux élus par suffrage universel.

    Le tout démontre si besoin était, la nécessité d’une presse indépendante, compétente, qui suit les affaires et en informe le public. Vous n’êtes pas assez nombreux à Marsactu pour la taille de Marseille et de ses problèmes… Si les gens levaient leur nez de Facebook et Instagram et lisaient vos articles, vous seriez plus nombreux et on en profiterait tous davantage.

    Elle a l’air bien cette procureure. Je dois dire que c’est bien que ce soit une femme, ce qui n’est pas nécessairement et toujours une qualité (voir Aix), mais qui amène une diversité indispensable. Si davantage de handicapés entraient dans ces fonctions, ça serait encore mieux. Mais pour cela, il faut adapter les locaux judiciaires qui sont bons pour le temps des Grecs…

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  2. Brallaisse Brallaisse

    Du journalisme, du vrai.

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  3. 236 236

    Il est bon de lire cet article de bon matin pour nous rappeler que la justice est là et que certaines pratiques locales doivent cesser. Elle est simplement entravée par un manque de moyens humain et matériel, mais pourquoi ?
    De manière plus général cet article tends à réconcilier la justice avec les citoyens, devrait être relayé plus largement.
    La Justice n’est-elle pas une base pour l’avènement d’une société pacifiée ?

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  4. Pussaloreille Pussaloreille

    Je rejoins l’avis des autres lecteurs : respect pour le seul fait de publier un tel article, mais aussi pour sa qualité informative et pédagogique. Quant à Insta & Co… Il faut persévérer auprès des jeunes pour leur expliquer ce qu’est le libre arbitre et le « penser par soi-même », ce que c’est que la vraie info, et pourquoi il faut se renseigner pour savoir où on la trouve, etc. Quand on a sait, et quand on a compris, on est davantage susceptible de faire les bons choix. En tout cas bravo.

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  5. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Remarquable entretien, qui donne à voir un peu les coulisses de la justice. On critique beaucoup celle-ci, mais elle fonctionne correctement en France – en dépit d’un manque cruel de moyens – quoi qu’en disent les élus mis en cause toujours prompts à reprocher aux juges d’être “politisés” (trop à gauche pour les élus de droite, et trop à droite pour les élus de gauche).

    J’apporterai juste une petite nuance aux propos du procureur adjoint, qui indique que “les élus disposent de beaucoup de moyens. Cela représente un enjeu personnel et politique fort. Ils utilisent tous les moyens de recours et c’est leur droit.” En réalité, les moyens de ces élus sont ceux des institutions qu’ils gèrent : ce sont donc, ni plus ni moins, nos impôts qu’ils utilisent pour financer leur défense. Et il y a aussi un scandale dans le fait que le contribuable soit tenu de soutenir financièrement les manoeuvres procédurières d’élus corrompus.

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    • julijo julijo

      Litote, ou euphémisme, absolument, votre “petite nuance” est quand même d’importance !! effectivement je me pose depuis longtemps la question, pourquoi les contribuables financent les déboires judiciaires d’élus…..comme c’est le cas la plupart du temps.
      si au départ, la “suspicion” d’innocence est réelle, les enquêtes peuvent prouver rapidement le contraire, pourquoi ces élus ne remboursent-ils pas en cas de condamnation…?

      Enfin, en ayant bien lu et relu les délais légaux, les recours, la faiblesse des moyens humains…, il semble malgré toute la complexité du dossier que les 10 ans du dossier guérini paraissent bien longs.

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    • Assedix Assedix

      Tout à fait d’accord en ce qui concerne l’usage de l’argent public pour la défense des élus.
      En revanche, j’ai plutôt l’impression qu’au delà des moyens financiers, Patrice Ollivier-Maurel pointait surtout les moyens DE DROIT qui permettent parfois à des élus malhonnêtes et même condamné.e.s d’échapper indéfiniment à la justice.

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  6. MarsKaa MarsKaa

    Et bravo aux 3 magistrats d’avoir accepté ce long entretien avec Marsactu. Merci à eux. Et à vous Marsactu de faire ce travail de fond, essentiel

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  7. jean-marie MEMIN jean-marie MEMIN

    Merci pour cet article technique, intéressant, passionnant qui confirme ce que nous savions déjà…Manque de moyens humains et formations, problème de locaux, différence entre l’agenda des élus et le judiciaire, et ce qui n’est pas très bien dit lien entre l’Éxécutif et le Judiciaire
    Par contre je ne suis pas d’accord sur les propos de Mme D. Laurens ”Or, le principe même de la démocratie ce sont les élection”, certes mais quand ces élections sont effectuées par des citoyens mal éclairé(e)s par des ”medias” propriétés de milliardaires qui pensent la même chose et que le pouvoir judiciaire crie famine, la démocratie comme idéal ne risque pas d’être atteint.
    Il y a comme un air de déjà connu autour de l’hôpital, de la Santé…!
    Hormis ce petit point, continuez dans le camp du Bien à interroger ceux qui œuvrent pour le bien du commun…!

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  8. Jacques89 Jacques89

    Très utile cet article pour comprendre comment fonctionnent les différentes juridictions. Merci à tous les deux.
    Quand on pense que le PNF est toujours dans le collimateur de Dupont-Dupond, il y a de quoi s’inquiéter. On peut avoir l’espoir qu’il résiste au moins jusqu’au bout des affaires Sarko. Ça devrait nous laisser encore quelques années pour voir défiler nos élus devant la « grande cité judiciaire ». Quand on voit l’étendue des dégâts, (« Ce qui relève de la délinquance organisée pour d’autres juridictions, c’est le tout-venant ici ») on ne peut que souhaiter Bon Courage à cette Justice dont on imagine bien les pressions qu’elle doit subir!
    Le plus surprenant c’est que sa mise en place soit la volonté d’un gouvernement socialiste (un tantinet contraint il faut bien le dire). A croire qu’ils aient pris peur devant l’étendue de la tâche pour faire eux-même le ménage dans le parti.

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  9. Forza Forza

    Super d’avoir réussi à décrocher cette interview. C’est vraiment intéressant et ça donne la mesure de l’étendue du désastre avec malgré tout le fol espoir que quelque chose est en train de changer. Espérons qu’ils restent suffisamment longtemps pour que leurs travaux (d’Hercule) puissent aboutir.

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  10. marseillais marseillais

    Chapeau MARSACTU d’avoir organisé ce RV
    Bravo à la justice et Mme Laurens de l’avoir accepté

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  11. lecteur électeur lecteur électeur

    Un grand merci à Marsactu pour avoir mené cet entretien qui donne lieu à des déclarations vertueuse de Mme la Procureurs et de ses collaborateurs. Ceci dit, au risque de refroidir les enthousiasmes je rappelle qu’elle dépend hiérarchiquement du ministre de la justice M. Eric Dupond-Moretti. Mme La Procureure a donc elle même une “feuille de route” qui émane directement du ministre et ses marges d’indépendance sont assez limitées.

    M. Eric Dupond-Moretti, en tant qu’avocats a déposé plainte contre le Parquet National Financier qui a déclenché une enquête. Ensuite en tant que ministre il se trouvait en conflit d’intérêt et le premier ministre a dû le déporter sur ce dossier. Ce ministre de la « justice » a toutefois ordonné à la mi-septembre une enquête administrative visant trois magistrats du PNF, déclenchant une fronde inédite du monde de la justice à tel point que la première présidente et le procureur général de la Cour de cassation signaient une tribune dans le journal Le Monde et que l’ensemble des syndicats de magistrats représentés au Conseil supérieur de la magistrature se sont élevés avec véhémence contre cette façon de procéder de leur ministre à l’encontre du PNF.

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    • PromeneurIndigné PromeneurIndigné

      Excellent article, Du journalisme d’investigation de haut niveau. Le fait qu’il soit sorti, rendra ,en tout état de cause, En plus difficile, les pressions des supérieurs « hiérarchiques »sur le parquet marseillais en vue de faire encore traîner, pour ne pas dire enterrer, les affaires de corruption et assimilées.

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