À l’école Saint-Charles, des parents d’élèves font la grève des activités périscolaires

Actualité
Élodie Crézé
22 juin 2016 2

Depuis quinze jours, des parents d'élèves de l'école Saint-Charles ont retiré leurs enfants des activités périscolaires, mécontents de l'association qui en a la charge. Ils dénoncent un climat d'insécurité, ce que dément l'association. Les services jeunesse et sports ont été avertis.

©Marsactu | Gabian bleu sur bleu par Clémentine Vaysse

Il reste seulement quinze jours d’école et pourtant la grève ne faiblit pas. Il ne s’agit pas là du mouvement contre la loi El Khomri mais des parents d’élèves de l’école Saint-Charles (3e) qui boudent les activités périscolaires depuis quinze jours maintenant. Dans la ligne de mire de l’association des parents d’élèves les Minots de Saint-Charles figure l’association San See (solution d’animations nature sciences éducation et environnement), en charge de l’animation des activités périscolaires dans cinq écoles marseillaises.

Si c’est une bataille d’eau « improvisée » qui a été l’élément déclencheur de ce blocage, l’exaspération des parents est allée croissante au cours de l’année. C’est en tout cas la version avancée par la secrétaire de l’association les minots de Saint-Charles, Hinda Bennour : « Ce blocage est le cumul de beaucoup de choses. Les enfants sont pratiquement livrés à eux-même. Des maternelles ont été laissés sur le trottoir, dans la rue pendant qu’on s’occupait des primaires. La sécurité n’est pas là. Une série d’incidents a eu lieu toute l’année. Il y a un déficit d’animateurs et les activités proposées se résument à des jeux de boulettes de papiers quand ils sont censés initier les enfants à la science et à l’environnement… » 

Les services jeunesse et sports prévenus

Hinda Bennour espère un contrôle inopiné avant les vacances d’été des services jeunesse et sports de l’État, prévenus par courrier. D’autant que l’association San See est reconduite pour deux ans sur l’école. En attendant, d’après la secrétaire des minots de Saint-Charles, les parents qui ont la possibilité de retirer leurs enfants le font. « Il y a 20 enfants en maternelles et 30 en moyenne qui continuent de participer aux activités périscolaires sur un total de 231 enfants » affirme-t-elle.

« On est dans la manipulation et la désinformation rétorque le directeur de San See Alain Montoya. D’abord, sur les 231 enfants que compte l’école tous ne sont pas inscrits au TAP. Et encore il s’agit des deux écoles (maternelle et primaire) où nous avons eu le plus d’enfants présents tout au long de l’année. Sur les 120 inscrits, cela fait seulement deux jeudis que des enfants manquent à l’appel, et cela correspond au début du ramadan, ils sont tout simplement partis au bled. Pour le reste on a encore des enfants qui viennent après la cantine alors qu’ils pourraient rester chez eux. »

Le directeur de San See Alain Montoya ne nie pas les difficultés mais rejette les accusations « souvent invérifiables » portant sur l’insécurité :« Je comprends la colère de certains parents mais on ne peut pas remettre en cause le travail de toute une équipe, compétente. J’admets des petits dysfonctionnements, certains animateurs défaillants. Certains nous quittent aussi du jour au lendemain. Cette année, j’en ai licencié une dizaine pour cette seule école. Mais nous appliquons les procédures de sécurité. Je ne crois pas aux enfants abandonnés devant l’école… C’est loin d’être parfait, mais on s’acharne à faire mieux ». 

Il rappelle en outre un contexte compliqué, avec un retard de paiements de six mois de la Ville, comme cela a pu être le cas pour d’autres associations. Une situation que l’adjointe à l’éducation Danièle Casanova ne conteste pas, tout en répliquant que « cela est possible si les textes administratifs n’ont pas été remplis correctement. Certains sont plus animateurs que gestionnaires » lance-t-elle comme une pique.

En attendant, pour apaiser les tensions l’année prochaine, le directeur a décidé de placer la mère d’un élève – par ailleurs animatrice – à la direction des TAP sur l’école élémentaire de Saint-Charles. Si le mode opératoire des parents frondeurs innove, la défense de l’association rejoint en partie celle des autres structures interrogées par Marsactu. Pour sa part, Danièle Casanova affirme avoir transmis les mails aux services jeunesse et sports. « Nous serons tenus au courant des résultats de l’enquête et si des dysfonctionnements sont avérés, j’enverrai une lettre de mise en demeure à l’association ». Et de brandir la menace de pénalités, voire, dans le pire des cas, d’un retrait de l’association.

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commentaires

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  1. neomars

    Ouh là, là une lettre ! Tremblez animateurs maltraitants !

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  2. Escartefigue

    La semaine avec classe le matin (sauf 3 jours avec aussi l’après-midi), c’est génial, les T.A.P., c’est super! Grâce à ça, il n’y a plus d’élève en difficulté…en tout cas, à Marseille. Dans d’autres villes qui ne mettent pas l’éducation de la jeunesse en avant, je ne sais pas, mais à Marseille, tout est chouette!

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