À la Joliette, la mise à la rue d’une association illustre la crise immobilière du quartier
L'association Petitapeti, qui accompagne 80 familles et leurs enfants du quartier de la Joliette, alerte depuis plusieurs années sur l'impossibilité de trouver un nouveau local en pied d'immeuble. En cause : le manque d'immobilier social, et la spéculation des loyers dans le privé.
Manifestation du 2 juillet devant l'Hôtel de Ville. (Photo : CMB)
"Le groupe part à la plage. On parle d'enfants qui n'iraient pas, si nous on n'était pas là", commente Camille Perdreau, coordinatrice de l'association Petitapeti, qui accompagne quatre-vingts familles du quartier dans l'aide aux devoirs comme dans la parentalité, devant le local du 3bis rue d'Hozier (2e). La mer est au bout de la rue, derrière la place de la Joliette et les grilles du Grand port maritime. La plage du jour sera donc celle de Corbières, au terminus de la ligne 35. Une quinzaine d'enfants et leurs accompagnateurs se mettent en marche. Sur la devanture du local associatif, un décompte : le nombre de jours avant de baisser définitivement le rideau. Mise à la porte par son nouveau propriétaire qui souhaite transformer les lieux en site de stockage, l'association n'a pas trouvé un autre local à louer dans son budget. Le 31 juillet, elle devra rendre les clefs.
La situation n'est pas inédite dans le milieu associatif marseillais, aussi indispensable que fragile. Mais à la Joliette, elle est révélatrice d'un contexte plus large : celui d'une "spéculation immobilière" particulièrement visible en pieds d'immeubles, dénoncent les soutiens de l'association. Spéculation qui, de la rue de la République aux rues adjacentes, entraîne une flambée des loyers dont plusieurs commerçants se plaignent régulièrement... quand les locaux ne restent pas tout simplement vacants, pendant plusieurs années. Inabordables pour de nombreuses sociétés ou structures, comme Petitapeti.
L . . .
Dans la consultation d’Euromed pour trouver un économiste qui fera le bilan financier des opérations passées et à venir, il y a un paragraphe sur la stratégie foncière des RDC d’Euromed :
« L’EPAEM étudie plusieurs hypothèses de montages juridiques et financiers permettant de faire porter par une structure tiers investisseur des rez-de-chaussée d’immeubles à destination de commerces et d’activités acquis dans le périmètre de l’extension de l’OIN. L’objectif est de favoriser le développement d’une offre commerciale de proximité adaptée à la demande des résidents et des usagers, en cohérence avec le tissu économique existant et répondant aux enjeux urbains déclinés par l’établissement (plans guides, schémas directeurs pour les rez-dechaussée actifs, etc.). Il s’agit notamment de permettre, à travers une logique de portage foncier et financier spécifique, l’implantation et la pérennisation d’activités plus fragiles économiquement : artisanat, petit tertiaire, activités d’économie sociale et solidaire, etc. Sur le plan opérationnel, il s’agit de garantir la livraison des rez-de-chaussée à prix de sortie maîtrisés et la pratique de loyers en lien avec l’offre du marché environnant. »
Elle décide donc de passer par un tiers investisseur, reste a savoir si ce tiers investisseur sera en faveur des petites associations telles que lasso Petiapeti, on peut tout croire mais Euromed a menti sur bcp de sujets jusqu’à maintenant et n’a pas fait preuve de motivation pour de l’intérêt général…
https://citoyen-ne-s-de-marseille.fr/wp-files/eg-transparency/?EUROMED/DCE/2026-043%20-%20Mission%20d%E2%80%99accompagnement%20%C3%A9conomique%20des%20projets%20immobiliers%20d%C3%A9velopp%C3%A9s%20sur%20Eurom%C3%A9diterran%C3%A9e
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C’est écœurant, ce type d’association fait un travail essentiel auprès de personnes qui n’ont pas d’autres soutiens. Mais en face il y a une logique immobilière. Le social vs l’argent. Et nos politiques sont impuissants. Écœurant.
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Comment la Ville de Marseille peut-elle prendre le risque de voir s’interrompre une activité associative aussi indispensable sans avoir à ce jour les moyens de prendre un relais municipal? Est-il naïf de penser qu’il y a forcément une solution alentours ? Dès l’instant où l’on considère que la trouver fait partie des actions à mener en priorité.
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On ne sortira pas de ce sujet des locaux en bas d’immeuble tant que ça coûtera moins cher aux investisseurs de garder des locaux vides que de les louer au prix du (vrai) marché, c’est-à-dire à un prix qui permette à un commerce ou à une structure digne de ce nom de tenir sur le temps long dans le quartier.
On a aussi l’exemple de la librairie de quartier rue de Ruffi à Arenc qui ne tient qu’à un fil – et encore la Sogima propriétaire du local loue pourtant un peu moins cher que les autres.
Cerise sur le gâteau, quand les locaux en bas d’immeuble sont loués la copro est parfois obligée de poursuivre certains de ces investisseurs en justice pour qu’ils payent leurs charges…
Bref on se retrouve une fois de plus face à un mariage impossible : celui de l’immobilier commercial avec le développement du quartier tel qu’il est (et non pas tel qu’il a été fantasmé).
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J’avoue ne pas comprendre l’intérêt financier de laisser un local vide plutôt que d’en baisser le loyer. Tout le monde est perdant, non ? Si la loi du marché s’appliquait normalement, les loyers baisseraient jusqu’au niveau supportable par les locataires.
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@electeur De ce que je comprends les Lehman Brothers & Cie sont rarement perdants, mais les arcanes des mécanos financiers qu’ils mettent en place ne sont évidemment pas à portée de compréhension de nous autres pauvres mortels :p
https://mesinfos.fr/13000-marseille/marseille-qui-a-achete-129-commerces-rue-de-la-republique-245445.html
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La loi du marché s’applique : en réduisant l’offre on fait monter les prix.
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A propos de promesses d’Euroméditerranée, ce serait intéressant, après cette semaine de forte chaleur, de prolonger une enquête de Marsactu et d’avoir le ressenti des habitants des « écoquartiers » Allard et autres qui sont, sur le papier, adaptés au climat méditerranéen.
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Oui ce serait intéressant mais se contenter de poser la question à quelques usagers n’aurait aucune valeur statistique, et réaliser une étude n’est pas une petite affaire. Exemple ici :
https://www.enviroboite.net/IMG/pdf/surya_envirobatbdm_confort_estival_synthese_230404.pdf
On pourrait également se prendre à rêver que la phase « usage » du label BDM soit réalisée par les promoteurs, mais on en est loin…
https://www.euromedhabitants.com/euromedhabitants-63/
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Des algecos porte d’Aix ?
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