Trente ans après, la Friche espère toujours habiter la Belle-de-Mai

Décryptage
le 21 Juin 2022
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La Friche la Belle-de-Mai fête ses 30 ans et s'interroge surtout sur son ancrage dans le quartier dont elle porte le nom. Son nouveau directeur, Alban Corbier-Labasse est conscient des enjeux symboliques de cette inclusion.

La Friche la Belle-de-Mai. (Photo LC)
La Friche la Belle-de-Mai. (Photo LC)

La Friche la Belle-de-Mai. (Photo LC)

En bien des sens, la Friche la Belle-de-Mai est symbole de Marseille, de ses problématiques et de ses atouts. Vaste espace à l’entrée d’un quartier populaire et en pleine mutation, elle est plébiscitée par différents publics : les familles viennent passer un moment au playground, les jeunes, utiliser les installations sportives, les Marseillais historiques et nouveaux, y fréquenter les espaces culturels. Symbole aussi d’une Marseille à plusieurs vitesses mais qui ne ressemble pas toujours au quartier dont la Friche porte le nom.

Ces paradoxes, Alban Corbier-Labasse en a conscience : “La Friche est un espace social total”. À 52 ans, il est depuis la fin d’année dernière devenu directeur de la coopérative gestionnaire de la structure. “C’est un aboutissement professionnel”, dit-il. “Je ne suis pas ici par hasard”. Ce Bordelais vit à Marseille pour la première fois, pour le poste qu’il occupe. Il n’y voit aucun obstacle : “J’ai été le toubab, le gringo, le Parisien : j’ai toujours été étranger. J’espère que ce ne sera pas toujours le cas ici”.

Directeur globe-trotteur

Passé par de nombreuses structures culturelles à Toulouse, au Brésil, au Sénégal et au Maroc, il a commencé à Rio et a notamment dirigé les Instituts français de Dakar et Casablanca. Des villes avec lesquelles il dessine des parallèles avec le territoire marseillais : il parle autant de culture, de sport que de valeurs sociales. “Toute la Friche est porteuse de l’ADN culturel qui la caractérise, et l’industrie culturelle et créative est le cœur d’activité. Mais il ne peut pas y avoir de création sans social”, assure Alban Corbier-Labasse. Une approche qui relève du défi : après 30 ans d’existence, les questions d’inclusivité, de diversité et d’approche de la Belle-de-Mai sont toujours naissantes à la Friche.

Les 10 dernières années . . .

Iliès Hagoug

Commentaires

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5 commentaires


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  1. Oscurio

    Article intéressant. simple spectateur aimant me rendre à la Friche, notamment pour Utopia festival ou autre,je me suis souvent demandé si les dirigeants étaient conscients du fossé social et/ou s’ils s’en foutaient.

    On verra la suite.
    Bon courage à eux, ce sont des questions complexes

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  2. Patafanari

    « Une machine à start-up qui ne crée rien”. Ou, une machine à start-up qui ne créent rien?

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    • BRASILIA8

      “Les projets seront écologiques, sociaux, culturels, numériques, et ils sont accompagnés par diverses structures. L’AMI [Aide aux musiques Innovatrices] par exemple qui est chez nous et qui fait de la création musicale y participe largement »
      Effectivement discours très macronien avec tout le vocabulaire des communicants : écologie, social ………

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  3. Tarama

    Il y a une mauvaise conscience chez les gens de la culture ui veulent à tout prix « inclure » les publics pauvres qui ne viennent pas à leurs événements.

    Doit-on aimer l’art contemporain ? Faut-il apprécier les musiques électroniques ?
    Et vous, vous allez au stade ou concert de Jul ? Non.

    Si on regarde les choses sous un autre angle, il y a une sorte de condescendance qui n’est pas sans rappeler les missionnaires coloniaux.

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  4. Make OM Great Again

    Avant d’habiter la Belle de la Mai, la Friche avait essayé d’habiter la friche par un beau projet de logement social participatif. Mais la Dame urbanisme LAC et son administration bien inspirée l’avait sèchement enterré après deux ans de process. Ironie de l’histoire gît aujourd’hui, sur la même parcelle, un beau parking Vinci.

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