À Fos-sur-mer, l’arrêt des hauts-fourneaux d’ArcelorMittal inquiète salariés et élus locaux

Actualité
le 27 Avr 2020
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Face au ralentissement économique dû à la crise sanitaire, ArcelorMittal a décidé d’arrêter temporairement la production de son usine de Fos. Même si le groupe sidérurgique s’en défend, les salariés du site et les élus locaux craignent que l’arrêt "provisoire" des hauts-fourneaux préfigure une fermeture définitive.

Fos-sur-mer.
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L'enjeu

Après l'arrêt d'un premier haut-fourneau fin mars, le deuxième du site pourrait suivre fin juin. 80 % des salariés seraient alors en chômage partiel.

Le contexte

Si l'ensemble des sites européens du groupe sont impactés, la CGT craint un "arbitrage" entre les usines, alors qu'ArcelorMittal négocie la reprise d'une usine italienne.

Lorsque les baigneurs poseront leurs serviettes et parasols sur les plages de Fos cet été, si les mesures de sortie du confinement le leur permettent, ils seront probablement étonnés par la pureté du ciel bleu : à quelques centaines de mètres de là, l’usine ArcelorMittal n’émettra presque plus les fumées rousses et grises habituelles. Mais tout le monde ne s’en réjouira pas : les 2500 salariés du site sont soucieux à l'idée de voir leur usine en sommeil, comme les 1500 personnes, au bas mot, qui travaillent pour les entreprises sous-traitantes d’ArcelorMittal autour de l’étang de Berre. Pour elles, l’incertitude face à l’avenir va probablement se doubler de problèmes financiers immédiats.

Comme l’ensemble de l’économie, le marché de l’acier est largement impacté par le ralentissement économique provoqué par la crise sanitaire et les mesures de confinement. Et au milieu de la concurrence mondiale, l'acier européen est à la peine. "Il s’agit d’une crise économique sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale", souligne le service de communication de l'usine de Fos. Elle a vu son carnet de commandes fondre comme neige au soleil. En Italie et en Espagne, les deux pays européens les plus touchés par la pandémie du Coronavirus, les industries consommatrices d'acier sont au point mort. Les clients situés dans ces deux pays représentent plus de la moitié des ventes de l’usine fosséenne en temps normal. La direction a donc choisi de réduire sa production de moitié, et d’arrêter le premier des deux hauts-fourneaux dès le 23 mars, mettant un quart de ses salariés au chômage partiel . . .

Nina Hubinet
Ancienne correspondante de journaux français en Egypte, Nina Hubinet est journaliste indépendante, membre du collectif Presse-Papiers. Elle est co-auteur du documentaire « Fos, les fumées du silence », diffusé sur France 3 en février 2019.

Commentaires

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1 commentaire


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  1. Simoun

    Merci à Marsactu d’ être bien seul à mettre sur le tapis cette question essentielle, pour l’emploi local comme pour l’indépendance industrielle nationale. L’arrêt des hauts fourneaux, c’est un enjeu local de 3500 emplois qualifiés (à minima) et un enjeu industriel national . Sauf erreur de ma part, quelle réaction de la Région, du Département, de la Métropole, des municipalités concernées, des organisations syndicales, et j’en passe ? Désolé si j’ai loupé certaines réactions, merci à Marsactu de les faire connaître.

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