L’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions craint pour son avenir
Annabelle Austry, chercheuse à l'Institut éco-citoyen. Photo : VA
C’est un organisme singulier, expert dans la connaissance scientifique des pollutions industrielles localement, qui « fait le pont entre la science et le territoire, dans une démarche réunissant tous les acteurs locaux et impliquant les citoyens ». Mais l’Institut écocitoyen tire aujourd’hui la sonnette d’alarme sur sa situation financière. Dans un communiqué, la structure informe d’une « diminution continue de ses soutiens financiers, pour en arriver aujourd’hui à une situation critique ». Se considérant comme une « victime collatérale des difficultés budgétaires qui pèsent sur l’État et la plupart des collectivités », l’organisme scientifique estime avoir perdu 300 000 euros en quatre ans. Soit l’équivalent de la moitié de son budget.
L’Institut écocitoyen s’est notamment fait connaître pour ses études sur les particules ultrafines dans l’air de la zone industrialo-portuaire de l’étang de Berre, mais aussi sur les PFAS, ou encore celles recoupant les liens entre cancers et environnement. « Depuis 16 ans, ces travaux ont permis de réduire les expositions aux hydrocarbures des habitants de Port-Saint-Louis-du-Rhône », lit-on en guise d’exemple dans ce communiqué. Et, alors que la zone entre dans une phase de réindustrialisation, l’Institut écocitoyen prévient des risques de l’arrêt de son activité : « Quand les études s’arrêtent, ce sont les habitants et le territoire qui en subissent les conséquences : des suivis sont interrompus, des données précieuses manquent pour comprendre les pollutions locales et mettre en œuvre des actions d’amélioration. »

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